« Kofi Annan a contribué à placer l’Afrique au centre de la scène mondiale »

Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique, rend hommage à son ami et mentor.

Les hommages déferlent pour un homme qui a marqué tant d’esprits. C’est bien mérité. Néanmoins, par souci d’équilibre, certains journalistes et analystes évoquent des épisodes moins glorieux pour Kofi Annan.

On peut citer l’incapacité des Nations unies à éviter le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Un déroutant mandat de maintien de la paix de l’ONU avait alors déboussolé la structure de commandement. Il est injuste d’en attribuer à Kofi Annan la responsabilité. Non seulement il avait fait ce que son travail de l’époque exigeait – secrétaire général adjoint chargé des opérations de paix –, mais en plus il s’était engagé à réviser complètement l’approche du maintien de la paix une fois élu au poste de secrétaire général, en 1997. Il avait aussi pris l’initiative, inédite, de publier le rapport spécial sur la question rwandaise qu’il avait lui-même commandé.