Présidentielle en RDC: la justice précise les mesures d’exclusion des binationaux

Dans une lettre au procureur général près la Cour de cassation de République démocratique du Congo (RDC), le ministre d’Etat en charge de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, parle d’une liste transmise à la Commission électorale (Céni) pour invalider tous les candidats détenteurs d’une autre nationalité. Le ministre entrevoit également de possibles dénonciations et recommande « des poursuites contre toute personne qui, au mépris de la loi, aura déposé sa candidature et se sera fait élire ».

En République démocratique du Congo (RDC), la démarche du ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba d’exclure de la présidentielle les binationaux est soutenue par certaines organisations comme la Synergie des missions électorales citoyennes. Cette dernière estime en effet qu’il faut se soumettre aux exigences de la Constitution.

Une autre frange de citoyens congolais critique l’action du ministre de la Justice qui intervient plusieurs années après le moratoire convenu au sein de la classe politique. Pour l’opposant Christophe Lutundula, cette démarche aurait eu toute sa pertinence et toute son objectivité si elle avait été entreprise bien avant, en dehors de cette période de suspicion et de règlements des comptes.

Recouvrement de la nationalité

Selon lui, cette appréhension est d’autant plus fondée que le ministre de la Justice lui-même distribue des arrêtés de recouvrement de la nationalité sans passer par le Conseil des ministres, ni s’assurer que le bénéficiaire du recouvrement a en même temps perdu la nationalité étrangère conformément à la législation du pays qui lui a octroyé la nationalité.

Tous ceux qui s’opposent à la démarche du ministre estiment que pour plus d’équité, il faudra retirer tous les arrêtés qui ont été signés depuis 2015, l’année précédant la fin du mandat constitutionnel de Joseph Kabila.

Candidat à la présidentielle de décembre prochain, Moïse Katumbi a eu deux nationalités, congolaise et italienne, pendant 17 ans. Or, le droit congolais ne reconnaît pas la double nationalité, et la majorité a déjà évoqué cette affaire pour lui nuire.

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