La lutte contre Ebola en RDC compromise par les conflits armés

L’épidémie déclarée le 1er août dans le Nord-Kivu, à l’est du pays, a déjà fait 61 morts. De nombreuses zones sont inaccessibles aux soignants.

La dixième épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a pris tout le monde par surprise. Elle a été déclarée le 1er août dans le Nord-Kivu (est), une semaine après la fin de l’épidémie qui a sévi dans le nord-ouest du pays, dans la province de l’Equateur. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le bilan s’élève déjà à 63 morts sur un total de 103 malades et le nombre de personnes infectées ne cesse de progresser.

« Même si le virus est bien moins contagieux que la grippe ou la rougeole, il faut s’attendre au moins à un doublement des cas dans les huit à dix jours à venir », estime Gwenala Seroux, responsable de la cellule des urgences pour Médecins sans frontières (MSF), qui revient d’une mission sur place. Dans cette région de forte densité, où s’affrontent de nombreux groupes armés, bien des zones sont inaccessibles et l’étendue réelle de l’épidémie n’est pas connue. « Elle a sans doute démarré en mai, et lorsque nous sommes arrivés à Mangina [l’épicentre], il y avait déjà beaucoup de cas, notamment parmi le personnel soignant de l’hôpital », précise Mme Seroux.

Vendredi 24 août, l’OMS a annoncé qu’un malade avait été diagnostiqué dans la ville d’Oicha, dans un territoire contrôlé par les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées. « Pour la première fois, nous avons un cas confirmé (…) dans une zone de grande insécurité, a souligné Peter Salama, directeur général adjoint de l’OMS chargé des réponses d’urgence. C’était vraiment le problème que l’on anticipait et que l’on redoutait en même temps. » Un grand nombre de civils ont été tués lors de troubles dans les environs d’Oicha et des travailleurs humanitaires, des prêtres et des employés du gouvernement sont actuellement retenus en otage par les rebelles, a-t-il rappelé.

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