Tanzanie: « Je me sens davantage en sécurité, en tant qu’albinos »

Khadija Maarufu, albinos, a confié au service swahili de la BBC qu’elle se sentait désormais en sécurité dans son pays, la Tanzanie, où des violences contre les personnes vivant avec l’albinisme sont souvent signalées.

« Je me sens désormais en sécurité. Il y a une grande différence entre la situation actuelle et celle d’il y a 10 ans », témoigne cette étudiante âgée de 27 ans, s’exprimant à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, célébrée le 13 juin de chaque année.

« Aujourd’hui, personne ne m’insulte. Quand j’étais au lycée, on m’appelait ‘Dili’, mais je n’entends plus prononcer ce nom », raconte-t-elle.

« Dili » est l’argot pour « deal », ce qui laissait entendre qu’une personne atteinte d’albinisme pouvait être tuée, et que les parties de son corps pouvaient être vendues. 

Selon une certaine superstition, les membres du corps d’une personne atteinte d’albinisme portent bonheur, ce qui expose les albinos aux meurtres et autres agressions physiques à caractère rituel dans certains pays africains.

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Le Kenya expulse des citoyens chinois

Le Kenya va renvoyer du pays deux cents citoyens chinois. Selon l’ordre signé du ministre kenyan de l’intérieur « ces Chinois menaient des activités de commerce illégal au Kenya ».

Cet ordre a été immédiatement transmis au ministère des affaires étrangères pour exécution sans délai. Selon le ministre de l’intérieur Fred Matiang’i, ces ressortissants chinois exercent leurs activités commerciales au marché de Gikomba à Nairobi, l’un des plus grands marchés du Kenya.

Fred Matiang’i affirme que ces chinois n’ont ni permis de séjour valide, ni le registre pour faire du commerce dans le pays.

« Il est illégal pour des étrangers de faire du commerce local au Kenya » a-t-il expliqué.

L’est du Congo est au point d’être réoccupé militairement par l’armée rwandaise! (Médias)

L’est du Congo est au point d’être réoccupé militairement par l’armée tutsi rwandaise avec l’aval du président Félix Tshisekedi, sous prétexte d’une « opération régionale de lutte contre les groupes armés ». C’est un scénario qui rappelle la désastreuse opération Umoja wetu de 2009 autorisée par le président Joseph Kabila dont les plaies n’ont toujours pas été cicatrisées dans les esprits et les corps des populations congolaises. Les images de convivialité entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ainsi qu’entre leurs épouses Denise et Janet à Kigali ; les applaudissements de Kagame par les membres de l’UDPS à Kinshasa, au Stade des Martyrs ; les discours dédouanant le Rwanda de ses crimes au Congo,… sont des opérations de charme et des manipulations psychologiques destinées à faire accepter aux Congolais une nouvelle occupation militaire rwandaise, ses crimes et ses douloureuses conséquences au nom de l’amitié entre les deux présidents. Il est pourtant encore possible de refuser ce cauchemar qui se profile à l’horizon en se désolidarisant ouvertement de l’amitié que Félix Tshisekedi veut entretenir avec Kagame sur le sang des Congolais. Car si Tshisekedi ne connaît pas vraiment les Rwandais, les Congolais, eux, n’ont pas la mémoire courte.

En effet, depuis Mobutu et l’opération Turquoise (1994), en passant par Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila, l’histoire nous enseigne que la pire décision qu’un dirigeant congolais puisse prendre, c’est d’autoriser l’entrée des forces rwandaises sur le sol congolais, peu importe qu’il s’agisse des Tutsi ou des Hutu. Nous allons rappeler le désastre de l’opération Umoja wetu, éclairer le lecteur sur le mode opératoire des dirigeants rwandais et analyser les dessous de ce que nous appelons pour l’instant « l’opération Tshisekedi-Kagame » en préparation.

1. Les blessures de l’opération Umoja wetu et l’avènement du M23

L’opération Umoja wetu est une invasion militaire rwandaise de l’est du Congo autorisée par le président Joseph Kabila, en janvier 2009. Malgré le maquillage du nom magnifique qu’elle porta (Umoja wetu, notre union en kiswahili), cette opération suscita l’émoi au sein de la population congolaise qui voyait revenir sur le sol congolais les bourreaux rwandais responsables de crimes innommables au cours des deux Guerres du Congo (1996, 1998). Le souvenir de ces atrocités, répertoriées dans le rapport Mapping 2010, suscita des réactions jusqu’à Kinshasa où le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, dut quitter son poste pour rejoindre les rangs de l’opposition. Officiellement, l’armée rwandaise revenait au Congo pour deux objectifs : 1) neutraliser la milice tutsi du CNDP que dirigeaient les criminels de guerre Bosco Ntaganda et Laurent Nkunda ; 2) lutter contre les rebelles hutu des FDLR basés dans l’est du Congo. Mais les bonnes intentions affichées n’étaient que mensonge et les agendas cachés du Rwanda remontèrent à la surface, avec les conséquences qu’on n’a pas fini de déplorer.

A) Les agendas cachés d’Umoja wetu : une leçon pour Tshisekedi ?

Tout d’abord, sur le nombre des soldats rwandais déployés au Congo, Kigali refusa de donner le chiffre exact. Des sources informelles parlaient de 3.000 à 4.000 soldats, mais il s’avéra plus tard que plus de 15.000 soldats rwandais avaient franchi la frontière de la RDC. Le 3 mars 2009, l’armée rwandaise organisa un spectacle mascarade à Goma pour montrer que ses 3.000 soldats étaient retournés au Rwanda. Un mensonge, puisque plus de 12.000 autres avaient disparu à l’intérieur du territoire congolais. Que sont-ils devenus ? Deuxième mensonge, l’armée rwandaise ne neutralisa pas la milice tutsi du CNDP mais se mélangea avec elle et les unités FARDC pour mener les opérations contre les rebelles hutu rwandais des FDLR. Plus tard, le criminel de guerre rwandais Bosco Ntaganda fut même nommé à la tête de cette force composite qui se livra à des massacres à grande échelle, selon les rapports des enquêteurs de l’ONU et de l’ONG américaine Human Rights Watch. Le 23 mars 2009, un accord signé à Goma permit aux forces rwandaises, ainsi regonflées, de se constituer en unités militaires parallèles sous l’appellation de « régiments ». Les régiments sont des forces rwandaises habillées en uniformes FARDC qui furent déployées sur presque 60% des lignes de front du Kivu.

L’opération Umoja wetu, autorisée par Joseph Kabila, permit ainsi au Rwanda de réoccuper pratiquement 60% des zones opérationnelles de l’est du Congo. Sur le plan économique, cette opération permit au CNDP/Rwanda de réoccuper les zones minières qui lui échappaient et de contrôler presque tous les circuits des trafics miniers de l’est du Congo. Mais la suite de l’histoire est ce qu’il y a de pire.

B) Les crimes du M23, Kagame et Kabila : des poursuites judiciaires envisagées

Renforcées militairement et financièrement, les forces rwandaises se mirent, à nouveau, à rêver des accords de Lemera (AFDL 1996) qui consacraient la balkanisation du Congo. En avril 2012, elles vont déclencher la Guerre du M23, une guerre terrible qui faillit faire éclater le Congo telle que nous le connaissons sur la carte hérité de l’indépendance. Des batailles extrêmement meurtrières ravagèrent les zones frontalières jusqu’aux portes de Goma. Sous des pressions diplomatiques et la mobilisation des Congolais, dont les évêques, le Conseil de sécurité adopta, pour la première fois dans l’histoire de l’ONU, une résolution autorisant la mise en place d’une force offensive, la FIB, une brigade d’intervention de la MONUSCO, pour épauler l’armée congolaise. Des combats extrêmement meurtriers permirent, finalement, de chasser le M23 du sol congolais. Le bilan des opérations fut lourd : plus de 900 personnes tuées en plus des destructions de plusieurs habitations de Goma par les bombardements du M23. Plusieurs casques bleus de l’ONU furent tués, les Tanzaniens en particulier. Soixante-sept femmes furent violées par les M23 lors de la prise de Goma en novembre 2012. Les soldats congolais, ulcérés par les trahisons et l’ordre de retrait de la ville de Goma, au profit de l’ennemi, se livrèrent à un déchaînement des violences sur la population qui culmina sur le viol de 195 femmes et jeunes filles dans la localité de Minova en province du Sud-Kivu.

Face à l’ampleur des crimes, des voix se multiplièrent pour que les victimes obtiennent justice et réparation. A Kinshasa, des personnalités politiques réclamèrent des poursuites judiciaires contre Joseph Kabila pour crime de haute trahison, du fait d’avoir amené une armée ennemie sur le sol congolais. Du côté de Paul Kagame, plusieurs voix réclamèrent des poursuites à son encontre en raison des crimes commis par son armée du M23, et même la création d’un tribunal pénal international pour le Congo. L’ambassadeur américain en charge de la politique contre les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Stephen Rapp, affirma en juillet 2012 que le président rwandais Paul Kagame pourrait être poursuivi en justice pour son soutien au M23 au même titre que l’ancien président libérien Charles Taylor, aujourd’hui en prison pour les crimes commis par ses alliés du RUF en Sierra Leone. Félix Tshisekedi est-il conscient du nouveau risque qu’il est en train de faire courir aux populations congolaises ?

Car c’est la même armée rwandaise qui arrive avec les mêmes agendas et pour commettre les mêmes atrocités dont elle est coutumière sur les mêmes populations congolaises. Les associations, les ONG et les intellectuels devraient commencer à se mobiliser sur les conséquences de la nouvelle invasion du Congo par l’armée rwandaise que s’apprête à autoriser le président Félix Tshisekedi.

C) Kagame et les FDLR : l’histoire de la poule aux œufs d’or

Pour revenir à l’opération Umoja wetu, sur le plan des objectifs militaires, l’armée rwandaise (les RDF) ne fit rien, ou presque, contre les FDLR. Chaque fois que les troupes rwandaises avançaient, les FDLR, remarquablement renseignés, se repliaient dans les profondeurs du territoire congolais et attendaient le départ de leurs compatriotes tutsi pour réoccuper le terrain. C’était évident. Depuis le rapport Kacem de 2002 sur le pillage des ressources minières du Congo, il est de notoriété publique que les Rwandais ne se font plus la guerre au Congo. Hutu et Tutsi font juste semblant de se battre, mais leurs objectifs au Congo sont les mêmes, à savoir occuper les terres congolaises, détruire les populations autochtones, piller les ressources du Congo et consolider l’emprise du Rwanda sur l’est du Congo. D’ailleurs sur le plan des affaires, les faits crèvent les yeux. Lorsque le Rwanda est devenu premier exportateur du coltan, qu’il n’a pas dans son sous-sol, ce sont les FDLR qui occupaient les mines de coltan dans l’est du Congo. Autrement dit, les Hutu FDLR, supposés être les ennemis jurés des Tutsi au pouvoir à Kigali, faisaient de bonnes affaires avec le coltan congolais pour la prospérité de leur pays commun : le Rwanda. Penser que l’armée de Kagame reviendrait au Congo pour lutter contre les FDLR, c’est croire qu’on peut tuer sa poule aux œufs d’or. Il arrive même au Rwanda de créer de nouveaux FDLR et de les envoyer dans l’est du Congo.

Mais il y a un objectif stratégique que poursuit Paul Kagame derrière son insistance à renvoyer son armée dans l’est du Congo. Il faut, à nouveau remonter à la genèse de l’opération Umoja wetu pour comprendre les dessous de l’« opération Tshisekedi-Kagame » qui se prépare.

II. Les dessous de l’« opération Tshisekedi-Kagame » et la genèse d’Umoja wetu

A) Les 5 phases de la stratégie rwandaise au Congo

Il faut remonter au massacre de Kiwanja d’octobre 2008 par la milice tutsi du CNDP pour mieux comprendre comment fonctionnent les dirigeants rwandais et leurs forces armées. Lorsque les dirigeants rwandais veulent obtenir quelque chose des Congolais que ces derniers ne peuvent pas leur céder de gré, ils recourent à un procédé à cinq phases, et c’est systématique, depuis l’AFDL.

1ère phase : se présenter en victimes. Le Rwanda ou les Rwandais doivent être considérés comme des victimes ; le Congo et les Congolais comme des coupables.

2ème phase : commettre des tueries massives pour traumatiser la population.

3ème phase : se présenter en partenaire pour la paix.

4ème phase : effacer les traces des crimes commis et assurer l’impunité aux tueurs/violeurs.

5ème phase : obtenir des nominations et occuper des positions stratégiques pour préparer la suite des agendas cachés.

B) De Kiwanja aux accords du M23 : les 5 phases de la stratégie rwandaise

1ère phase. En 2008, le Rwanda et sa milice du CNDP étaient en difficulté dans l’est du Congo et avaient perdu l’essentiel de leurs acquis de l’époque RCD-Goma. Le Congo tournait le dos au Rwanda et envisageait de nouveaux partenariats, notamment avec des grandes puissances comme la Chine (voir contrat Congo-Chine de 2007). Tout d’un coup, les médias et les politiciens de Kinshasa liés au Rwanda multiplièrent du bruit pour faire croire à un nouveau péril sur les Tutsi dont l’est du Congo serait responsable. Les Rwandais sont victimes, le Congo est coupable.

2ème phase. En octobre 2008, une offensive meurtrière est menée par les forces rwandaises dans l’est du Congo sous la conduite de Bosco Ntaganda et Laurent Nkunda. Elle aboutit au massacre de 150 civils congolais dans la cité de Kiwanja. Même des bébés et malades furent achevés au couteau dans leurs lits. Les images du massacre firent le tour du monde. L’ONU, Human Rights Watch et France 24 (télévision française) publièrent des rapports et des reportages.

3ème phase. En décembre 2008, des tractations entre Joseph Kabila et Paul Kagame aboutirent à la décision de faire entrer l’armée rwandaise sur le sol congolais pour, officiellement, y apporter la paix : opération Umoja wetu (notre union en kiswahili).

4ème phase. Le Rwanda en profita pour renforcer les effectifs de ses assassins du CNDP et à faire oublier le massacre de Kiwanja. Un accord de paix est même signé, le fameux accord du 23 mars 2009 entre le CNDP et le gouvernement congolais. Plus personne ne doit parler des crimes rwandais.

5ème phase. Le Rwanda va ainsi profiter de cette aubaine pour étendre son emprise militaire sur l’est du Congo et bonifier ses acquis économiques. Des unités rwandaises sont ainsi positionnées dans les territoires riches en minerais, notamment le secteur de Bisié, dans le territoire de Walikale, considéré comme la plus grande réserve de cassitérite et de coltan au monde. Des officiers rwandais sont nommés à des postes clé de l’armée congolaise et obtiennent la garantie de ne pas être mutés. C’est le boulevard pour la suite de l’agenda. En avril 2012, les Rwandais déclenchent la Guerre du M23 dont les plaies sont toujours visibles sur le corps et dans les esprits des populations congolaises.

III. L’« Opération Tshisekedi-Kagame » et les 5 phases de la stratégie rwandaise

A) Tshisekedi a déjà assuré la 1ère phase… à son insu ?

On peut considérer que la 1ère phase et déjà acquise, à savoir : présenter le Rwanda et les Rwandais en victimes ; le Congo et les Congolais en coupables. C’est la 2ème et la 3ème phases qui sont en cours. Sur la première phase, Félix Tshisekedi a déjà déclaré à Kigali que c’est le Congo qui est à l’origine des problèmes de sécurité au Rwanda, en qualifiant, au passage, les millions de victimes congolaises de simplets « effets collatéraux ». Il s’est même incliné devant le mémorial du génocide rwandais, un geste qu’il n’a jamais fait pour les victimes congolaises. Le Rwanda de Kagame a ainsi la garantie qu’il est victime et que son coupable, c’est le Congo.

La 2ème phase est un peu plus laborieuse, mais le Rwanda peut se contenter du travail déjà accompli, à savoir massacrer les populations congolaises à Beni et en Ituri depuis 2014. En effet, depuis quatre ans maintenant, le Rwanda envoie des milliers de tueurs en territoire de Beni et en province d’Ituri pour y commettre des massacres. Les élus d’Ituri avaient estimé leur nombre à plus de 80.000. Ces tueurs de Kigali opèrent sous le masque « ADF », un ancien groupe armé ougandais, mais qui n’existe plus. Ils opèrent sous la protection des unités de l’armée rwandaise qui avaient été intégrées dans l’armée congolaise en 2009, mais aussi des officiers FARDC en lien direct avec Joseph Kabila, comme le général Mundos, selon les rapports de l’ONU. Mais la mission de ces tueurs rwandais est de plus en plus difficile en raison de la résistance locale et des révélations sur les mensonges entourant les tueries. Nos sources au sein des milieux anglicans aux Etats-Unis nous renseignent qu’aux Etats-Unis on sait maintenant que c’est le Rwanda qui tue la population à Beni. Pour le Rwanda, il faut donc sauver la face rapidement et passer à la 3ème phase consistant à se présenter en partenaire pour la paix.

B) 3ème phase : Paul Kagame, l’homme qui apporte la paix au Congo ?

D’où les images de convivialité entre Tshisekedi et Kagame, leurs épouses respectives et bientôt l’arrivée de l’armée rwandaise au Congo pour, officiellement neutraliser les « ADF », qui sont, en réalité, des forces rwandaises comme le CNDP de 2008. Bien entendu, autant l’armée rwandaise ne neutralisa pas le CNDP, mais le renforça, autant il ne neutralisera pas ses propres soldats des ADF à Beni, mais viendra plutôt les renforcer dans le même scénario que l’opération Umoja wetu de triste mémoire et assurer la suite des agendas cachés. Les Congolais sont prévenus, à chacun de prendre ses responsabilités. Celles du président Félix Tshisekedi consistent à préparer le chemin de la Cour pénale internationale lorsque les hommes de Kagame, autorisés à entrer sur le sol congolais, vont recommencer à tuer les populations congolaises, sous uniformes FARDC, à violer, à piller, à déclencher des mutineries et des guerres comme celle du M23. C’est comme ça que fonctionnent les Rwandais, c’est leur nature et ça ne peut pas se passer autrement.

Conclusion

Il faut savoir apprendre des erreurs des autres et des erreurs du passé. Mobutu et Laurent-Désiré Kabila ont commis des erreurs impardonnables dans leurs relations avec le Rwanda. Les conséquences ont été catastrophiques pour le Congo et les populations congolaises. Il serait terrible que trois présidents congolais fassent les mêmes bêtises dans les relations de leur pays avec ce dangereux voisin, le Rwanda. L’histoire du Congo et du Rwanda est une histoire de crimes contre l’humanité à répétition sur fond de naïveté et d’amnésie du côté congolais. Mais un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre, et c’est le cas des Congolais depuis 1996. Il y a pourtant une seule leçon à retenir : la pire décision qu’un dirigeant congolais puisse prendre, c’est d’autoriser l’entrée des forces rwandaises sur le sol congolais. Mobutu paya cher l’arrivée des forces hutu sur le sol zaïrois en 1994. Laurent-Désiré Kabila paya de sa vie l’invasion du Zaïre par l’armée tutsi rwandaise, sous masque AFDL. Le président Félix Tshisekedi est au point, lui aussi, de prendre une décision catastrophique pour lui-même et pour les populations congolaises qui ne la lui pardonneront jamais.

Aimé Lukando

©️Beni-Lubero Online

Soudan : l’ex-président Béchir inculpé pour corruption

L’ancien président soudanais Omar el-Béchir, destitué et arrêté en avril sous la pression de la rue, a été inculpé pour “corruption”, a annoncé jeudi l’agence officielle de presse Suna.

Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1989, M. Béchir a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril à Khartoum, à la suite d’un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre par le triplement du prix du pain.

“Le ministère public annonce avoir terminé toutes les enquêtes concernant l’action (en justice) intentée contre le président déchu Omar el-Béchir par des procureurs anticorruption”, a indiqué Suna. 

Citant un responsable non identifié, l’agence a indiqué que M. Béchir était accusé “de possession de devises étrangères, d’avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d’avoir ordonné (l‘état) d’urgence”

L’arrestation de M. Béchir n’a pas calmé le mouvement de contestation qui réclame désormais au Conseil militaire, qui a pris les rênes du pouvoir, de le transférer aux civils.

Parmi les revendications des contestataires figure également le jugement de M. Béchir et des principaux responsables de son régime.

Le 2 mai, le procureur général du Soudan Al-Walid Sayyed Ahmed avait ordonné l’interrogatoire de l’ancien homme fort du pays “en vertu des lois sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme”, selon la Suna.

En Ouganda, un deuxième patient meurt d’Ebola

Le virus Ebola a fait une deuxième victime dans l’ouest de l’Ouganda, a-t-on appris jeudi auprès d’une source sanitaire. Il s’agit de la grand-mère d’un enfant de 5 ans décédé dans la nuit de mardi à mercredi du même virus.

“Un deuxième patient atteint d’Ebola, qui se trouvait dans l’unité de mise en quarantaine, est décédé hier soir”, a déclaré un responsable du ministère ougandais de la Santé sous couvert d’anonymat. 

La personne décédée, âgée de 50 ans, est la grand-mère du garçon de 5 ans qui était mort la veille, a-t-il précisé.

Les deux victimes avaient assisté avec d’autres membres de la famille aux obsèques en République démocratique du Congo (RDC) d’une personne décédée d’Ebola. Toute la famille était rentrée en Ouganda, où le ministère de la Santé les avait placés en quarantaine après avoir diagnostiqué une contamination de deux enfants de 5 et 3 ans et de leur grand-mère de 50 ans. 

RDC : au moins 50 morts dans des tueries en Ituri

Au moins 50 personnes sont mortes ces derniers jours dans des tueries d’origine incertaine qui ensanglantent la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a indiqué jeudi à l’AFP son gouverneur.

Le dernier bilan datant d’il y a deux jours faisait état de quelque 50 morts, a indiqué le gouverneur, Jean Bamanisa Saïdi, joint par l’AFP depuis Kinshasa. “Mais c’est vrai que l’on se rend compte qu’il y a d’autre cas”, a-t-il ajouté tandis que d’autres sources évoquaient 70 morts.

Les violences, qui ont commencé vendredi et sont amplifiées à partir de lundi, touchent le territoire de Djugu au nord du chef-lieu Bunia.

L’Ituri avait été le théâtre d’un conflit entre les communautés Hema et Lendu qui avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003 dans cette province riche en or frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud.

Les deux communautés sont “victimes” des récentes violences, a déclaré mercredi lors d’un point-presse le chef-adjoint de la force de  la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), le général Bernard Commins.

“Toutes les communautés sont en deuil”, a ajouté un chef communautaire Hema, Pilo Molondro, joint par un correspondant de l’AFP.

Un bilan précis était difficile à établir à ce stade et les autorités n’avaient pas donné de chiffres officiels.

Le chef communautaire Hema, Pilo Molondro, a déclaré que depuis le début de la semaine il avait “un bilan de 49 morts”. “Nous continuons des recherches”, a-t-il dit.

Des déplacements de populations

Selon un chef communautaire Lendu, Joël Mande, “depuis lundi, après le meurtre d’un commerçant et de ses compagnons, (…) au moins 40 morts” ont  été enregistrés et “le décompte peut aller jusqu‘à 60”.

Signes des temps: Equateur, Le mariage homosexuel approuvé par la Cour constitutionnelle

Le mariage homosexuel a été approuvé par cinq des neuf magistrats de la Cour constitutionnelle d’Equateur lors d’une audience à huis clos

Un nouveau pays est en passe de reconnaître le mariage entre deux personnes de même sexe. La Cour constitutionnelle d’Equateur (CEE) a annoncé mercredi qu’elle approuvait le mariage « égalitaire », faisant jurisprudence dans un pays où la Constitution établit le mariage comme l’union entre un homme et une femme.

Dans un communiqué, la CEE a précisé que l’arrêt avait été approuvé par cinq de ses neuf magistrats lors d’une audience à huis clos. Les quatre juges qui s’y sont opposés ont considéré que pour reconnaître le mariage entre homosexuels, il était d’abord nécessaire de le légaliser par des réformes constitutionnelles, selon les procédures prévues par les textes et par le biais de l’Assemblée nationale.

L’Equateur « est plus juste qu’hier »

« Cet arrêt est contraignant parce que les décisions de la Cour constitutionnelle s’imposent aux autorités équatoriennes », a expliqué Gustavo Medina, ancien président de la Cour suprême et ex-procureur général. « La décision de la Cour constitutionnelle devra s’appliquer dans le pays », a-t-il souligné.

« Cela signifie que l’Equateur est plus égalitaire, qu’il est plus juste qu’hier, que les droits humains sont les mêmes pour tous, sans discrimination », a ajouté l’avocat Christian Paula, de la fondation Pakta qui conseille près d’une dizaine de couples du même sexe désireux de se marier. En 2015, l’Equateur avait reconnu l’union de fait des homosexuels par une réforme du Code civil.