votre téléphone. ֍Partie 3: Comment les officiers généraux
ex-FDD et le SNR sont entrés dans la
danse du 3ème mandat? Les cartes sous
tables
Les officiers généraux ex-FDD
(Forces pour la Défense de la
Démocratie) dans la danse sur la
question du 3ème mandat de
NKURUNZIZA. La rédaction
Girijambo.com a approché le
Commissaire de Police Chef–CPC-
(équivalent de Lieutenant-Général)
Guillaume NABINDIKA. Pour rappel,
ce dernier fut tour à tour Secrétaire
particulier de NKURUNZIZA Pierre,
chef de cabinet aux affaires de police
à la Présidence, puis Directeur
Général de l’INSS (Institut National
de Sécurité Sociale). Il est
actuellement en exil pour avoir
refusé de cautionner le 3ème mandat
et ses conséquences, ce qui lui a
valu aussi des menaces de mort.
Voici en résumé ce qu’il nous a
révélé:
Le Lieutenant Général Guillaume
Nabindika, un homme réputé pour sa
droiture et sa bravoure. L’un des
rares officiers burundais qui sont
guidés par des principes d’intégrité.
“En 2009, beaucoup de rapports
dénoncent les crimes de droit commun
et les crimes économiques et indexent
essentiellement NSHIMIRIMANA
Adolphe, BUNYONI A. Guillaume et
NDIRAKOBUCA Gervais comme parmi
les grands auteurs. Le Président Pierre
NKURUNZIZA qui avait longtemps fermé
son oreille, décide d’agir secrètement et
prépare un décret pour limoger Adolphe
de l’Administration générale du SNR.
Après une prière diurne d’un lundi de la
semaine, Nkurunziza dévoile à son
conseiller spirituel Alexis s
BAREKEBAVUGE du plan de limogeage
de cet homme le plus fort du pouvoir.
Celui-ci trouve une occasion à ne pas
rater de se réconcilier avec Adolphe qui
jusque-là le haïssait pour son
interventionnisme dans les marchés
publics. Il lui dévoile ce secret lui confié
par Nkurunziza. Ce dernier, se sentant
trahi sort les griffes et jure que
quelqu’un devait mourir comme
l’humoriste Kankan Jean Miché aimait
dire «un cadavre doit mourir».
L’honorable RUKARA Mohammed,
témoin de ces chantages et menaces
quand il était en compagnie de
NSHIMIRIMANA en voyage au Soudan
est effrayé et avertit le Président
NKURUNZIZA. Ce dernier retira son
projet de destitution de NSHIMIRIMANA
Adolphe. En 2010, il tente encore mais
cette fois-ci malignement. Il veut
nommer au poste de Procureur Général
de la République, le magistrat Gaudence
NDAYIZEYE, réputé intraitable dans les
affaires de justice et qui n’a pas peur de
prendre des décisions courageuses. Le
plan consistait de mettre tout de suite la
main sur Adolphe NSHIMIRIMANA et
BUNYONI A. Guillaume pour les coffrer.
Ancille NTAKABURIMVO alors ministre
de la Justice, enthousiaste dans cette
coopération secrète avec le Président de
la République entre dans la danse.
Renseignés sur le dossier, les généraux
NSHIMIRIMANA Adolphe, BUNYONI A.
Guillaume, NDIRAKOBUCA Gervais
descendent chez les autres officiers
pour les sensibiliser contre cette
nomination qu’ils présentaient comme
un plan de la ministre tutsi Ancille
NTAKABURIMVO de mettre sous les
verrous tout officier général issu des
Forces de Défense de la Démocratie
(FDD) et que le Président de la
République n’était pas au courant de ce
plan. Révérien NDIKURIYO a été envoyé
spécialement pour sensibiliser tous les
sénateurs issus du CNDD-FDD à voter
contre cette proposition de nomination
envoyée par le Président au Sénat.
Le trio au cœur du satanique 3ème
mandat, la violation de la
Constitution et des Accords d’Arusha
: A gauche feu le Lieutenant Général
Adolphe Nshimirimana, au centre
Pierre Nkurunziza et à droite le
Général Alain-Guillaume Bunyoni
Les généraux Adolphe NSHIMIRIMANA
et A. Guillaume BUNYONI demandent
audience au Président de la République
qui les reçoit à NGOZI après plusieurs
hésitations. Ils lui montrent qu’il
s’engage sur un terrain très glissant.
Pierre NKURUNZIZA feint qu’il n’était
pas au courant du plan dit «macabre»
de la ministre de la justice et promet de
rectifier le tir. La situation reste
cependant tendue. Un dimanche
d’Octobre 2011, le Président convie tous
les généraux à la prière à son palais de
Bujumbura. Les 2 ténors appellent tous
les ex-DD à boycotter l’invitation avec
succès. Alexis BAREKEBAVUGE qui
côtoyait et qui avait renouvelé sa
confiance auprès du général Adolphe
NSHIMIRIMANA a senti la gravité de la
situation et va conseiller le Président de
les recevoir quelques jours après dans
son palais de Gitega. De 20h à 02h du
matin dure la rencontre entre les
généraux NSHIMIRIMANA, BUNYONI et
le Président de la République. Décision
prise: Le Président de la République ne
devra plus cacher à ces 2 généraux les
projets de grandes décisions et pour
cela il faudrait qu’il nomme le général
BUNYONI au cabinet civil pour suivre de
près toutes les décisions à prendre.
C’est comme cela que ce général de la
police est entré par la grande porte à
Présidence comme Chef de cabinet civil
du Président. Arrivé à ce poste, son rôle
ne se limitera plus à suivre mais prendre
tout en main. Désormais même la
direction du CNDD-FDD ne parvient plus
à atteindre le Président de la
République. A chaque sollicitation, elle
est directement renvoyée chez les deux
généraux. La direction du Parti
désemparée commence à chercher le
soutien des autres généraux issus des
ex-FDD, leur demandant d’agir. La
demande est la bienvenue car eux aussi
sont impuissants et furieux de cette
situation d’intransigeance de ces deux
puissants généraux.
Nous sommes en 2014, et la question
du 3ème mandat bat son plein.
Beaucoup d’officiers parlent à Pascal
NYABENDA lui confirmant qu’ils ne sont
pas prêts à aller en guerre contre les
opposants au 3ème mandat et surtout
n’accepteront pas que NKURUNZIZA
revienne avec sa clique. Donc, s’ils
devaient fermer l’œil pour le 3ème
mandat, la seule condition exigée était
que NKURUNZIZA devrait montrer des
signes forts, s’imposer en proposant
des changements futurs dans la
gouvernance commençant par se
débarrasser du duo BUNYONI-
NSHIMIRIMANA. C’est quand il l’a
entendu de la bouche du chef de l’Etat-
major Général de l’Armée de la FDN, le
général Prime NIYONGABO que Pascal
NYABENDA a eu le courage de
téléphoner le Président de la République
pour lui parler de la question du mandat.
Octobre 2014, c’est le début des
rencontres entre certains généraux ex-
FDD. Ils abordent la question du mandat
non pas surtout par l’aspect juridique
mais beaucoup plus dans la logique de
se débarrasser du lourd fardeau des
crimes odieux imputés à l’ensemble du
pouvoir CNDD-FDD alors que les auteurs
sont constitués par cette clique citée ci-
haut. C’est ainsi que, le 20 Novembre
2014, en place de représentants des
autres membres des corps de défense
et de sécurité, 13 généraux signent une
lettre adressée au duo BUNYONI-
NSHIMIRIMANA et dont copie est
réservée au Président de la République
Pierre NKURUNZIZA. Le contenu était
essentiellement centré sur les attitudes
et mauvais comportements du duo
depuis le maquis, les conséquences que
le peuple était en train de subir et la
conclusion était l’exigence à la
démission de ce duo. La lettre fut lue
par le général Steve actuel patron du
SNR en présence de Adolphe
NSHIMIRIMANA car BUNYONI avait senti
l’odeur de la lettre et avait esquivé de
plus belle vers NGOZI prétextant une
urgence d’un dossier à faire signer par
le Président qui était à NGOZI. Les
signataires sont les généraux dont les
noms suivent:
Godefroid BIZIMANA surnommé
VEREMA ou VURUMAYI, Prime
NIYONGABO dit NGABO, Gervais
NDIRAKOBUCA alias NDAKUGARIKA,
HABARUREMA Ildefonse alias KING
KONG, Audace NDUWUMUNSI alias
GORIATH, Maurice MBONIMPA, Isidore
NDIHOKUBWAYO alias NANKUBADE,
NDAYISHIMIYE Evariste alias NEVA,
MIBURO Emmanuel alias KOMATER,
Thacien NIVYINYERETSE, Gabriel
NIZIGAMA alias TIBIA, Etienne
NTAKARUTIMANA alias STEVE et moi-
même, Guillaume NABINDIKA.
La lettre donne la sueur au dos au
Président de la République qui finira par
obtempérer le 28 novembre 2014 avant
son départ vers le Sénégal dans un
sommet de la Francophonie. Avant de
partir pour ce Sommet, il a réuni en date
du 27 novembre 2014, le duo BUNYONI-
NSHIMIRIMANA et se sont convenus
deux choses que le Président de la
République devra mettre en exécution:
1. Destituer en même temps les
chefs de Cabinet aux affaires
militaires et la police:
NDAYISHIMIYE Evariste et moi-
même NABINDIKA Guillaume.
2. Ne pas se désolidariser du duo,
car, disait-il, beaucoup de
manquements dont ils faisaient
objet relevaient de la connivence
avec le Président de la République
lui-même.
Un soupir de soulagement chez certains,
craintes chez d’autres et scepticisme
pour le reste. Deux semaines après, le
groupe de 13 généraux se disloque;
d’abord NDAKUGARIKA quitte le premier
pour rejoindre le duo qui lui disait qu’il
s’était allié avec ceux qui avaient les
mains propres et qu’ils finiraient par le
vomir. D’autres généraux par le
truchement de l’argent, des postes
juteux, le régionalisme etc… changeront
de camp un à un, timidement mais
sûrement et soutiendront le 3è mandat
aux côtés du duo BUNYONI-
NSHIMIRIMANA. Pendant que le reste
des généraux signataires prend le
chemin de la résignation complice, la
direction du Parti prendra aussi le même
chemin”.
Le SNR et le 3ème mandat. De
l’autre côté de la vitrine, le général-
major Godefroid NIYOMBARE, nouvel
Administrateur du SNR fraîchement
nommé était lui aussi contre ce
mandat, il est possible qu’à travers
sa nomination NKURUNZIZA pensait
qu’il allait changer de position grâce
à la fameuse «caisse noire» qui a
toujours suscité les appétits de
plusieurs hauts gradés. Ici il nous
relate lui-même les faits :
“Quand j’étais Chef d’Etat-major de la
Force de Défense Nationale (FDN), un
des dossiers qui m’opposaient au
Président de la République était la
gestion de la jeunesse IMBONERAKURE.
Je n’avais jamais permis qu’ils flirtent
avec les militaires. Après le limogeage
du Lieutenant-général Adolphe
NSHIMIRIMANA au poste du SNR par le
Président Pierre NKURUNZIZA, je suis
appelé à le
Le Général Major Godefroid
Niyombare. Il a eu le courage de
conseiller à Nkurunziza de renoncer
à ses velléités de 3ème mandat à
cause des graves dangers sur la
nation. Devant son entêtement, cet
office a organisé un coup d’état qui
n’a duré que quelques heures. Photo
prise lors de sa tentative de
s’emparer du pouvoir par les armes.
remplacer en Novembre 2014. Je suis
encore aux prises avec la détérioration
de la situation liée aux enjeux politico-
sécuritaires. Toutes mes notes au
Président de la République sont
malheureusement transférées et
analysées par les Cellules
incompétentes et rivales et ne tiennent
pas compte des recommandations
émises. Ce fut le sort de la note bien
documentée sur les conséquences
néfastes d’un 3ème mandat. Cette note
se concluait par un conseil au numéro
UN du pays, de ne pas faire le forcing
vers le 3ème mandat illégal, illégitime et
porteur en son sein d’une calamité au
pays et dans la sous-région. C’est cette
note de service qui lui arrive le 17 Mars
2015 et qui l’énerve jusqu’à signer le
décret me limogeant 48heures après! Je
dois comprendre pourquoi le Président
de la République n’avait jamais porté
dans son cœur la réforme des corps de
défense et de sécurité dont les grandes
lignes étaient prévues par le grand
chantier de la revue de la défense
devant aboutir au Livre Blanc. En effet,
cette revue prévoyait des limites
d’intervention à chaque échelon de
responsabilité, du simple soldat au
commandant suprême; de l’armée d’Etat
vers une véritable armée républicaine
qui n’obéit pas aveuglement à n’importe
quel ordre notamment violant les droits
de la personne humaine.”
Des tentatives de conciliation entre
les pro et les anti 3ème mandat pour
éviter le pire. Léonidas
HATUNGIMANA s’exprime:
“En date du 20 Mars 2015, depuis 10h
du matin à 14h, dans le bureau du
député de l’EALA (East Africa Legislative
Assembly) l’Honorable Jérémie
NGENDAKUMANA, ex patron du CNDD-
FDD, se tient une réunion pour tenter de
concilier les positions pro et anti 3ème
mandat. D’un côté, il y a les antis 3èmes
mandat: Hon. Jérémie
NGENDAKUMANA, Ambassadeur
Augustin NSANZE, Léonidas
HATUNGIMANA et Sylvestre
NDAYIZEYE. De l’autre côté: Victor
BURIKUKIYE et les généraux Adolphe
NSHIMIRIMANA, Etienne
NTAKARUTIMANA, Prime NIYONGABO,
Evariste NDAYISHIMIYE, Gervais
NDIRAKOBUCA. Les discussions sont
trop houleuses avec même des menaces
de la part des généraux. La réunion se
clôture sur un statu quo, mais nous
parvenons quand même, en sortant, à
dissimiler l’atmosphère tendue devant
nos chauffeurs et agents d’escorte qui
étaient restés dehors en montrant plutôt
une attitude de camaraderie…”
Prochaine publication: Des tumultes
au sein du CNDD-FDD: des cadres
brisent le silence