Un vieul homme depose une petite fleur sous le palmier planté sur une fosse commune à Kivyuka, Musigati , Bubanza. Sous ce sol gisent 400 âmes des civils tués par l’armée burundaise en 1996.

Les membres et les sympathisants de l’Association pour le respect de la dignité humaine et la solidarité, ADS Inkingi ont organisé ce samedi le 6 mai à Kivyuka des cérémonies en mémoire de plus de 400 civils tués par l’armée au marché de cette localité. C’est en commune Musigati, dans la province de Bubanza au nord-ouest du Burundi. Ce carnage s’est passé le 3 mai 1996.Les restes de ces victimes se trouvent dans trois fosses communes. Plusieurs ossements exhumés ont été mis dans dix cercueils et conservés dans une salle de l’Ecole fondamentale de Kivyuka.

Il y a eu une messe d’action de grâce à la paroisse Kivyuka et dans son homélie, le curé a beaucoup insisté sur l’esprit de tolérance : «Nous ne sommes pas venus ici pour manifester la colère, car les tueries existent jusqu’à maintenant».

Selon Charles Makoto, président de l’association ADS Inkingi, l’objectif de cet événement est de réconforter les familles des victimes. Il appelle le gouvernement à tout faire pour que ce qui s’est passé ne se reproduise plus.

D’après lui, la CVR est au courant de ces trois fosses communes. Charles Makoto demande qu’un monument en l’honneur des 400 civils tués soit érigé.

Il indique avoir contacté à cet effet les autorités de la province Bubanza dont le gouverneur : «Il faut qu’il y ait un monument sur les lieux de ce massacre et que les restes des victimes soient inhumées avec honneur et dignité», a-t-il plaidé.

Signalons que le député Gabriel Ntisezerana natif de cette commune de Musigati, endeuillée, ainsi que le président du parti Cndd-Fdd dans cette province de Bubanza, Alexandre Ngoragoze étaient présents lors de ces cérémonies.