Perdu dans les confins de Bugendana, le Lycée paie, depuis le début de l’année scolaire, un lourd tribut de son éloignement . Les élèves se présentent en classe mais aucun professeur ne se pointe depuis trois semaines. Selon Tharcisse Manirambona, directeur du lycée, son école n’a jamais eu de professeur permanent. Ce qui affecte gravement les activités scolaires. La classe post fondamentale a fonctionné grâce aux contributions des parents qui rémunéraient les professeurs vacataires. Le directeur dit que depuis l’année scolaire, cette classe avait 4 enseignants qui n’étaient même pas qualifiés.
« Avant, nous faisions recours aux quatre professeurs vacataires que nous payions avec la contribution des parents. Mais depuis la mesure du ministère de tutelle interdisant cette méthode dans toutes les écoles publiques, tous sont partis et nous nous sommes retrouvés sans enseignants. » D’après lui, la solution viendra des parents eux-mêmes puisque l’école n’a pas d’autres alternatives pour payer les professeurs.
Tout de même, il garde espoir : «Selon mes autorités hiérarchiques, le ministre de tutelle aurait accepté une exception pour nous. Nous pourrions continuer à demander aux parents de rémunérer les professeurs. Nous sommes en négociations avec le comité des parents pour trouver une solution. »
Une mesure jugée injuste
Certains parents interrogés indiquent qu’ils se sentent trahis par le gouvernement. Ils se demandent pourquoi les parents pauvres doivent payer les salaires d’une partie des enseignants dans une école où la qualité de l’enseignement est inférieure à celle des centres urbains. Ces conditions de travail et de rémunération sont fortement contestées par la plupart des parents et leurs enfants et semblent constituer un handicap à leur motivation et leur assiduité. . « Si le ministère de l’Education ne veut pas envoyer les enseignants ici, qu’il ferme cette école au lieu de faire perdre du temps à nos enfants », peste Catherine Kiragurana, mère d’un élève. Même rhétorique pour Edouard. D’après lui, il n’est pas normal que les parents continuent de cotiser pour rémunérer les professeurs alors que l’école est publique.
« Une école n’est pas les quatre murs seulement, c’est le matériel didactique et de bons professeurs. » Ce que les élèves soutiennent.
« Nous avons commencé l’année à 47, mais aujourd’hui nous sommes 35. Et demain, je ne suis pas sûr si cinq ou dix ne choisiront pas l’abandon », a déclaré J.K., élève à cette école.
Nous avons cherché à joindre le Directeur provincial de l’Enseignement à Gitega, sans succès.