Les autorités burundaises peuvent apprendre que quand on gere un pays on ne fait pas du n’importe quoi.

Quand on gère un pays, on ne parle pas comme cela. Vlan ! Une fois de plus, les va-en-guerre ont remis exactement, au cours d’une conférence de presse ce 2 juillet 2017 ce qu’on leur a toujours reproché. Un langage peu recommandable quand on gère toute une nation. Salifou Diallo, Simon Compaoré et l’allié Bénéwendé Sankara n’ont pas fait dans la langue de bois pour fustiger tous ceux qui, dans l’opposition, dans la société civile ou même seul citoyen non-aligné, ne sont pas d’accord avec eux sur l’allègement des procédures de passation de marchés publics dans le cadre du partenariat public-privé.
« Personne ne peut nous empêcher de voter cette loi. Les députés voteront cette loi, advienne que pourra. Celui qui n’est pas d’accord, quand on va construire les routes, il peut circuler sur le bas-côté. Quand nous allons construire les centres électriques, si quelqu’un ne veut pas, il peut allumer une bougie ». Du Salifou Diallo bien craché.

Pour répondre à Zéphirin Diabré qui a menacé d’investir l’Assemblée nationale et les rues par ses militants, Bénéwendé Sankara a tout simplement indiqué, qu’un enfant né dans la rue n’a pas peur de la rue. Pour faire allusion à l’insurrection populaire et aux manifestations qu’ils organisaient quand lui était dans l’opposition. Ce qu’il oublie, c’est que quand on est au pouvoir, on ne se comporte plus comme dans la rue. Quand bien même on serait tenté. Parce que les Burkinabè ne supporteront pas longtemps que leurs dirigeants se comportent d’une manière peu digne de leur rang.

En effet, le pouvoir aurait pu laisser le Premier ministre et son gouvernement, ceux-là même qui ont introduit le projet de loi expliquer ce qu’ils entendent par allègement des procédures et ensuite, les rasions véritables qui les amènent à vouloir procéder par entente directe. Ce qui aurait permis de maintenir le débat sur le terrain purement technique. Car, ce qui est important, c’est que les Burkinabè veulent savoir pourquoi, depuis longtemps ce sont les mêmes procédures qui ont été utilisées et aujourd’hui, on veut changer les règles du jeu. Si cela est bien justifie, il n’y a pas de raison que les Burkinabè n’adhèrent pas. Du reste, le gouvernement aurait pu expliquer son projet de loi juste après l’adoption du rapport en conseil des ministres extraordinaire du 21 juin. Malheureusement, il a attendu jusqu’à ce que Zéphirin Diabré, chef de file de l’opposition politique donne de la voix.

Au lieu donc que ce soit le gouvernement qui s’explique, c’est plutôt les partis politiques de la majorité qui entrent de façon tonitruante dans un débat qui, à priori, ne leur était pas destiné. Cette sortie pourrait bien cacher des intentions surtout quand les animateurs de la conférence n’y ont pas mis la manière. Non seulement dans le fond, mais également dans la forme. Si bien qu’ils ont donné l’impression d’opérer un passage en force. Le Burkinabè aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Beaucoup de faits récents ou présents le montrent. Autant ne pas trop créer de frustrations inutiles.