L’Afrique va mal: les présidents africains poursuivis ou condamnés à la fin de leur mandat

Son exil doré aux Etats-Unis, où elle vit depuis bientôt trois ans, pourrait se terminer par la case prison avec le scandale du Cashgate. En attendant son extradition, le Malawi a lancé un mandat d’arrêt contre Joyce Banda, la première femme à avoir dirigé le pays, sur des soupçons de blanchiment d’argent et de détournements de 30 millions de dollars. Dans son sillage, plusieurs ex-chefs d’Etat africains ont eu l’infortune d’être poursuivis, condamnés et même emprisonnés. Gbagbo, Ben Ali, Compaoré, Jonathan, Sanogo ou encore Taylor… Retour sur ces ex-présidents qui ont (ou ont eu) maille à partir avec la justice.
Charles Taylor, le titre peu glorieux de «Premier ex-président condamné par la justice internationale»

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A 69 ans, le Libérien Charles Taylor est assuré de finir ses jours dans le pénitencier de haute sécurité de Frankland, dans le nord-est de l’Angleterre. En 2012, le Tribunal spécial pour le Liberia (TSL) a condamné l’ancien président à 50 ans de prison pour «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité» commis en Sierra Leone entre 1996 et 2002. Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor a installé une dictature sanguinaire dans son pays qui lui vaut les remontrances de la communauté internationale, puis son isolement diplomatique. En échange de diamants extraits des mines sierra-léonaises par l’esclavage, la terreur et le viol de civils, l’ex-chef de guerre a armé puis entraîné la rébellion du Front révolutionnaire uni (RUF) dans la guerre civile (1991-2002) de la Sierra Leone qui a fait plus de 120 000 morts. Pour tous ses crimes, Charles Taylor, réfugié au Nigéria à la fin de son mandat, n’aura pas échappé à la justice. Il entre tristement dans l’histoire comme le premier ex-chef d’Etat condamné par la justice internationale depuis le tribunal militaire de Nuremberg qui condamna les responsables nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Hissène Habré, l’épouvantail pour les chefs d’Etat en exercice

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Depuis son arrivée au Sénégal en décembre 1990, Hissène Habré coulait un exil paisible et doré dans sa villa cossue de Ouakam, dans l’ouest de la capitale sénégalaise. Mais, le temps judiciaire a rattrapé le temps civil pour se rappeler de l’ex-dictateur. Chef des Forces armées du Nord (FAN), Hissène Habré prend le pouvoir au Tchad par les armes en déposant le président Goukouni Oueddei en 1982. Avec sa junte, reconvertie plus tard en armée régulière, il dirige le pays d’une main de fer marquée par des assassinats politiques et des actes de torture contre des d’opposants à son régime. Son rival Oueddei, soutenu par la Libye qui occupe le nord du pays, oblige Habré à s’engager dans une guerre de «libération» qui ne prend fin qu’en 1987 avec l’aide de la France qu’il snobe au profit des Etats-Unis. Trois ans plus tard, il se réfugie au Sénégal après qu’un coup d’Etat mené par Idriss Deby l’évince de son fauteuil. Le monde découvre alors l’horreur de sa présidence ensanglantée avec la découverte de centaines de fosses communes.Alors que Habré est arrêté au Sénégal au début des années 2000 sur un mandat d’arrêt de la Belgique pour être jugé selon la compétence universelle, la justice sénégalaise se déclare incompétente en 2003. Trois ans plus tard, l’Union africaine mandate le Sénégal pour juger l’ancien dictateur de «crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture». Grâce à un amendement législatif, les Chambres africaines spéciales sont créées au sein des tribunaux sénégalais conduisant à un procès dans la foulée d’une condamnation à mort décidée par la justice tchadienne. Les Chambres africaines condamnent Hissène Habré à perpétuité, une première fois en mai 2016 et en appel en avril 2017 et à 82 milliards de FCFA au dédommagement de ses victimes, scellant définitivement le sort de l’ex-dictateur. Dans le fond, c’est la première fois qu’un tribunal africain applique la compétence universelle. Une brèche ouverte dans l’internationalisation de la justice sur le Continent et qui fait déjà trembler des chefs d’Etat en exercice.

Hosni Moubarak, le «Pharaon» blanchi, mais pas (totalement) libre

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Le paysage sur lequel s’ouvre sa fenêtre sera nettement plus reposant pour l’ancien «Pharaon». Hosni Moubarak a quitté le confort spartiate de son régime de résidence surveillée dans l’Hôpital Maâdi du Caire. Celui qui a régné sur l’Egypte pendant trois décennies (1981-2011) peut désormais profiter de sa résidence secondaire à Charm el-Cheikh, sur les bords de la Mer rouge. La délivrance, après sept longues années d’attente d’une myriade de chefs d’inculpation et de procès de toutes les sueurs froides, est venue de la Haute cour de justice qui a ordonné la remise en liberté de l’ancien président égyptien. La juridiction a blanchi Moubarak de la répression en 2011 des 240 victimes de la place Tahrir au Caire, dont les manifestations ont fini par provoquer sa chute. Transporté dans le prétoire du tribunal du Caire sur une civière après un infarctus en 2011, l’ancien locataire du Palais Héliopolis est condamné à perpétuité pour plusieurs crimes. Mais un autre tribunal, s’appuyant sur l’état de santé de Moubarak, décide de le libérer sous conditions. Le parquet s’y oppose et l’affaire est portée devant la Cour de cassation. Mais la procédure échoue. Hosni Moubarak est libre de ses mouvements, même s’il lui est interdit de sortir d’Egypte et ses avoirs à l’étranger gelés. Un autre procès pour corruption pend au-dessus de la tête de l’ex-Pharaon de 88 ans. Le début d’un autre feuilleton judiciaire dans la guerre de prétoires.

Laurent Gbagbo, le défi d’être le premier à sortir libre de la CPI

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En Côte d’Ivoire comme dans certains pays sur le Continent, plusieurs Africains attendent le retour de Laurent Gbagbo. Pour réaliser ce vœu que beaucoup chérissent, l’ancien président ivoirien devra réussir un défi colossal. En fin homme d’Etat, Laurent Gbagbo ne le sait que trop bien. Outre le fugace passage d’Uhuru Kenyatta, la comparution d’un chef d’Etat devant la CPI est un aller express sans retour pour une cellule de 10 mètres carrés dans le pénitencier de Haanglanden, dans le quartier de Scheveningen aux Pays-Bas. Son défi : devenir le premier président à ressortir libre de La Haye. A 72 ans, l’ancien locataire du Palais du Plateau et son ministre de la Défense sont incarcérés depuis leur livraison à la CPI en 2011. Leur procès court depuis un an et demi devant le Tribunal pénal international (TPI), responsable de plusieurs erreurs dans la procédure comme confirmé par la cour d’appel de la CPI. Néanmoins, Laurent Gbagbo s’est vu refuser 11 fois la liberté provisoire ou conditionnelle en dépit de son âge avancé et de son état de santé -arthrose et hypertension. Le TPI soupçonne l’ex-chef de l’Etat de s’être bâti un solide réseau pendant ses années de pouvoir pour prendre la poudre d’escampette «vers un territoire hors de la compétence de la Cour». Pour le contexte, le président ivoirien et son ministre de la Défense sont poursuivis pour leur responsabilité présumée dans les exactions qui ont entraîné la mort de 3 250 personnes durant les cinq mois de la crise post-électorale 2010-2011 sur fond d’affrontements entre des troupes pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Et pourtant plusieurs ex-chefs de guerre rebelles ayant soutenu Alassane Ouattara n’ont pas été inquiétés et ont même été promus dans la hiérarchie militaire. Alors que la succession d’Alassane Ouattara s’ouvre en 2019, des Ivoiriens espèrent voir leur ex-président libéré et se porter candidat à la prochaine présidentielle. Mais un grand fossé sépare les vœux de la réalité.

Ben Ali, sous le dais saoudien pour échapper aux foudres de la révolution

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Difficile de savoir si les foudres de la «révolution du jasmin» peuvent un jour s’abattre sur l’ancien raïs de la Tunisie. A 81 ans, Zine el-Abidine Ben Ali ainsi que sa femme Leïla Trabelsi et leurs enfants depuis la chute du régime en 2011 sous protection saoudienne dans leur palais à Djeddah, sur les bords de la Mer rouge. Sur l’ancien raïs et sa femme surnommée «la Régente de Carthage» pèse pourtant un mandat d’arrêt international émis par la justice tunisienne après plusieurs condamnations par contumace pour une liste de chefs d’accusation longue comme un roman de Balzac où se bousculent des crimes de sang comme des crimes économiques et même de droit commun. Les deux décennies de règne de Ben Ali, marquées par la mainmise de son cercle familial sur l’économie, la répression des libertés, l’emprisonnement et la torture et la montée de l’intégrisme ont fourni à la justice autant d’arguments pour des condamnations tous azimuts. L’ex-raïs a connu une ascension politique fulgurante après son intégration dans l’appareil étatique. D’abord ministre de l’Intérieur après une carrière à la sûreté, puis Premier ministre, il fini par déposer Habib Bourguiba grâce à un coup d’Etat par certificat médical, resté dans les annales politiques. Mais après 23 ans de règne, Ben Ali est sorti du pays par la fenêtre de l’Histoire, en se faisant balayer par une révolution de la rue tunisienne. Poursuivi en exil, il pourrait ne jamais purger les nombreuses peines de ses procès, l’Arabie-Saoudite refusant de l’extrader. L’ancien président, que l’on dit terrassé par un AVC, ne fait presque plus d’apparition publique.

Moussa Dadis Camara, «le revenant» qui réveille les mauvais souvenirs

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Dans sa maison du quartier Ouaga 2000, l’éphémère président de la Guinée se lasse de son exil au Burkina-Faso et songe même à un forcing pour son retour au bercail. Et ce n’est pas l’ouverture d’un procès -qui risque de le mouiller abondamment- qui peut dissuader Moussa Dadis Camara. En décembre 2008, alors même que la mort au pouvoir de Lansana Conté ne soit ébruitée, cet ancien officier de l’armée guinéenne à la tête d’une junte s’empare du pouvoir pour mettre au pas un pays miné par le narcotrafic et promet de rendre le pouvoir au civil. Volte-face un an plus tard lorsqu’il décide de se porter candidat. L’opposition réunie autour du Forum des Forces vives de la Guinée (FFVG) organise une grande manifestation au Stade du 28 septembre, baptisé en l’honneur du jour de l’indépendance obtenue en 1958 de la France. Mais la garde présidentielle, les Bérets rouges, dirigée par Toumba Diakité, son bras droit, tire à balles réelles sur les manifestants. Bilan : 157 morts et des centaines de femmes et de jeunes filles violées.L’emballement au sommet de l’Etat entraîne une crise des nerfs lorsque le général Sékouba Konaté, numéro 3 du régime, impute la responsabilité du carnage à Toumba. Une fois Dadis Camara au camp militaire, Toumba lui tire deux balles dont l’une l’atteint à la tête. Il est évacué d’urgence au Maroc pour y être soigné. En son absence, son sort et celui de la Guinée se scellent à Ouagadougou avec des accords qui actent le retour du pouvoir aux civils et l’exil forcé de l’éphémère président de la Guinée (2008-2010) -titre dont il est destitué. Depuis, l’ancien président tente vainement de faire son retour au pays où l’opposant Cellou Dalein Diallo compte sur son alliance pour évincer l’actuel président. Ce dernier, à qui on prête le projet de troisième mandat au forceps, a bloqué toutes les tentatives de l’homme au béret. Même avec l’épée du procès du massacre du 28 septembre, Dadis Camara veut rentrer au pays pour «raconter sa part de vérité». Un cheval de Troie pour revenir aux affaires ?

Mohamed Morsi, le couperet de la peine de mort levé in extremis

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Pour Mohamed Morsi, les titres ne manquent pas : premier civil à devenir chef de l’Etat, premier président de l’Egypte après la Révolution. Mais sa fulgurante ascension s’est brutalement terminée derrière les grilles de la prison de Borg-el-Arab, à Alexandrie. Le cinquième président d’une Egypte qui venait, par une longue contestation de la rue sur l’emblématique Place Tahrir au Caire, de se débarrasser des trois décennies de règne de Hosni Moubarak, accède au pouvoir en remportant la présidentielle de 2012. Pour cet ingénieur en génie civil formé au Caire et en Californie, à la tête du Parti Liberté et Justice (PLJ) -proche des Frères Musulmans- c’est le début de la gloire mais aussi les prémices de la … décadence. Il amorce un début de transformation en profondeur de l’Etat qu’il veut construire à l’image de l’idéologie des Frères Musulmans. Mohamed Morsi fait voter un référendum pour étendre les pouvoirs législatif et judiciaire du président, s’octroie le privilège de légiférer par ordonnance et entreprend un nettoyage dans les rangs de l’armée égyptienne. Ses actions interprétées comme autoritaires et lui vaut une vive contestation de la rue menée par les laïcs. En 2013, il est destitué par l’armée, ce qu’il dénonce comme un « coup d’Etat ». Plus tard arrêté, Mohamed Morsi croule sous le coup de plusieurs accusations. Il échappe à deux condamnations à mort grâce à l’annulation de cette peine par la cour de cassation, d’abord pour espionnage au profit du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de l’Iran. Celui qui n’aura été président que pendant deux années échappe à la pendaison publique dans un autre procès pour une série d’évasions de prison et d’attaques visant la police durant la révolution de 2011. Autre couperet qui menace la tête de Mohamed Morsi, une accusation de « vol de documents relevant de la sécurité nationale » au profit du Qatar. L’ancien président n’est pas encore au bout de ses déboires judiciaires. Il a été condamné à vingt ans de prison pour des actes de violences contre des manifestants pendant son mandat.

Amadou Haya Sanogo, l’éphémère président du Mali devenu encombrant

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Les autorités maliennes ne savent plus quoi faire du capitaine de l’armée malienne qui renversa en 2012, le président Amadou Toumani Touré, accusé de ne pas avoir été assez ferme face aux rebelles touaregs et aux terroristes d’AQMI. Alors, Amadou Haya Sonogo est traîné de prétoire en prétoire, ses procès étant sans cesse renvoyés. En tout et pour tout, le capitaine Amadou Haya Sanogo n’aura été président du Mali que 20 jours entre mars et avril 2012. A la tête du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État, il s’empare du pouvoir. Les rebelles s’engouffrent dans la brèche pour conforter leur avancée dans le nord-est du pays. Sous la pression de la communauté internationale et la médiation de la CEDEAO menée par le Burkina Faso, le capitaine Sanogo accepte de remettre le pouvoir, vingt jours après l’avoir accaparé, au civil Dioncounda Traoré, alors président de l’Assemblée nationale. En retrait, il continue cependant d’influencer les décisions au Mali au point d’être promu général de corps d’armée après l’élection de 2013. La même année, il est arrêté après la découverte d’un charnier abritant plusieurs corps d’anciens bérets rouges (garde présidentielle) fidèles au président Amadou Toumani Touré et qui ont tenté un contre-coup d’Etat.Aujourd’hui, en attendant d’établir la responsabilité d’Amadou Haya Sanogo dans le massacre des bérets rouges, l’«ancien chef de l’Etat malien» est assigné dans une résidence à Sélingué dans la région de Sikasso à 140 km de Bamako et à proximité de la frontière guinéenne. Son procès sans cesse renvoyé interroge sur de possibles révélations gênantes que le président le plus éphémère du Mali pourrait faire. Il est devenu un trophée de guerre que l’on n’accroche pas.

Blaise Compaoré, la naturalisation ivoirienne comme paravent judiciaire

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Sous le parapluie de la citoyenneté ivoirienne, Blaise Compaoré semble avoir trouvé la parade pour échapper aux poursuites lancées contre lui par le Burkina. La justice du pays sur lequel l’ancien président a ouvert les placards présidentiels pour ressortir les cadavres de ses 27 ans de mandature. Blaise Compaoré doit d’abord répondre des responsabilités supposées dans l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, le « Che africain », lors d’un coup d’Etat en 1987. Ce coup de sang contre son ancien compagnon d’armes lui a ouvert les portes du Palais de Kosyam à Blaise Compaoré. Le pouvoir de ce dernier a commencé à vaciller en octobre 2014, lorsque des milliers de Burkinabé envahissent les rues de Ouagadougou pour protester contre le projet de modification constitutionnelle du président. Elu en 1991 puis réélu en 1998, 2005 et 2010, Blaise Compaoré veut faire sauter le verrou de la limitation de mandat et serrer la vis sur un cinquième mandat. La rue crie sa colère. Impavide, le président enfile sa casquette de ministre de la Défense, envoie les forces de sécurité réprimer les manifestants avec le renfort de l’armée. Cette épisode peu glorieux lui vaut aujourd’hui un procès devant la Haute cour de justice de Ouagadougou en compagnie d’une trentaine de ministres du gouvernement d’alors. Malgré un mandat d’arrêt international, son ombre plane sur le procès sans que l’on aperçoive sa silhouette longiligne. Contraint à la démission par la rue, il est exfiltré par des soldats français et exilé en Côte d’Ivoire où il acquiert la nationalité, devant ainsi le premier président africain à opter pour une autre citoyenneté africaine.

« Good Luck » Jonathan, pour défendre une réputation entachée par des scandales de corruption

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Comme son inévitable chapeau noir, les scandales de corruption suivent son régime comme une ombre. La période post-présidence de Goodluck Jonathan a mis au jour de nombreux scandales de corruption, de blanchiment et de détournements au sein du premier cercle de l’ancien président de la République fédérale. On ne compte plus les procès ouverts à l’encontre de membres de son gouvernement allant de Patience, son épouse à Diezani Alison-Madueke, son ancienne ministre du pétrole en passant plusieurs des ex-dirigeants de sociétés pétrolières. Des scandales ont vite entaché la réputation du prédécesseur de Muhammadu Buhari. Alors vice-président du pays, il arrive sur le fauteuil de l’Aso Rock Villa pour assurer l’intérim d’Umaru Yar’Adua, décédé en cours de mandat, début 2010. La même année, l’ancien vice-gouverneur de l’État pétrolier de Bayelsa (sud) se fait élire en battant son rival Muhammadu Buhari. Il entreprend une vaste réforme du secteur pétrolier en privatisant plusieurs sociétés étatiques dont la majorité des actifs sont cédés à des entreprises étrangères. Il venait d’ouvrir la porte aux scandales. Battu en 2015 par Muhammadu Buhari, son quinquennat est passé à la loupe. Et l’ancien président est loin de couler une retraite paisible. Une enquête du parquet de Milan ouverte en 2016 suggère des soupçons de pots-de-vin qui mouilleraient l’homme au chapeau noir et sa ministre du pétrole dans la signature d’un contrat de 1,3 milliard de dollars avec ENI et Shell sur le bloc OPL 245, le plus grand bloc pétrolier d’Afrique. L’affaire fait grand bruit au Nigeria au point que la Chambre basse du parlement nigérian a convoqué, en juillet 2017, l’ancien président pour venir s’expliquer. Pas sûr que celui que l’on dit exilé en Côte d’Ivoire, veuille bien parler pour se blanchir de ces lourdes accusations.

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