Connaitre Jesus Christ en dehors de toute spéculation religieuse.

1. Qui êtes-vous?

2 – Qui est Jésus ?

« Quel est le nom de son fils, si tu le sais » (Prov. 30:4)

Dans la nuit, solitaire, Jacob a lutté avec l’homme mystérieux qui finalement a prévalu sur lui quand l’aurore se levait. Le patriarche doit confesser son nom de trompeur. Il reçoit alors une mesure de bénédiction et demande à l’Ange : « Je te prie, déclare-moi ton nom ». L’Ange (qui sans doute était une personnification du Seigneur lui-même) dit : « Pourquoi demandes-tu mon nom ? Et il le bénit là ». Le Nom n’est pas révélé.

À la demande de Manoah, l’Ange de l’Éternel est apparu une seconde fois. Manoah le questionne : « Quel est ton nom ?… et l’Ange de l’Éternel lui dit : Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux » (Juges 13:17-18). À Manoah non plus le Nom n’est pas révélé (merveilleux signifie plutôt secret, caché, en hébreu).

Bien plus tard, Agur posera la question : « Quel est le nom de son fils, si tu le sais ? »

Pourtant Ésaïe prédit sa naissance : « Voici, la vierge concevra, et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel » (És. 7:14).

Plus loin le prophète annonce : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (És. 9:6). Né miraculeusement de la vierge, « enfant » donné, c’est-à-dire homme ; mais aussi un « fils », allusion au Fils de Dieu qui est d’éternité, qui doit régner et amènera la paix. Mais le nom personnel n’est pas révélé.

Il faut arriver au Nouveau Testament pour trouver, dans le premier verset de l’Évangile de Matthieu, ce nom de Jésus. L’ange l’avait annoncé à Marie : « Tu concevras, et tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus » (Luc 1:31). Il l’avait confirmé un peu plus tard à Joseph : « Elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Mat. 1:21) — Jésus, forme française du nom hébreu qui signifie l’Éternel Sauveur (Nomb. 13:17 note).

Les premiers chrétiens avaient comme signe de ralliement le cryptogramme du poisson : « ICHTUS », dont les initiales successives signifient I = Jésus — CH = Christ — THU (THEOU HUIOS) = Fils de Dieu — S = Sauveur.
Nous désirons Le considérer sous divers aspects que la Parole de Dieu nous présente :

1. Fils de Dieu
2. Fils de l’Homme

3. Sauveur

4. Christ (Messie)

5. Seigneur — Chef sur toutes choses

6. En type dans l’Ancien Testament

7. Fils bien-aimé du Père

3 – Le Fils de Dieu

Un certain temps s’était écoulé depuis la pêche miraculeuse, où Pierre, aux genoux de Jésus, lui avait dit : « Retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur » (Luc 5:8). Les disciples ont suivi leur Seigneur, ont vu sa puissance, son cœur plein de compassion, ses démêlés avec les pharisiens et autres sectes juives ; ils ont pu constater son rejet (Mat. 11:20-24 ; 12:14) ; les pharisiens avaient été jusqu’à déclarer : « Celui-ci ne chasse les démons que par Béelzébul, chef des démons » (Mat. 12:24).

Peu après, Jésus se retire tout au nord du pays « aux quartiers de Césarée de Philippe » (Mat. 16:13). « Comme il priait à l’écart, ses disciples étaient avec lui » (Luc 9:18).Il les interroge : « Qui disent les hommes que je suis, moi le fils de l’homme ? » Les disciples donnent des réponses plus invraisemblables les unes que les autres. Alors se tournant vers eux, Jésus demande : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Qu’allaient-ils répondre ? Avaient-ils discerné vraiment qui il était ? Et nous-mêmes que répondons-nous à cette question ?

Un Pilate dira : « Je ne trouve aucun crime en cet homme ». Judas déclarera : « J’ai livré le sang innocent ». Défilant devant la croix, les principaux sacrificateurs diront : « Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même » (Mat. 27:42). Pierre, le disciple toujours prompt à se mettre en avant, que va-t-il dire ? — « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat. 16:16). Déclarer « tu es le Christ » pouvait correspondre à l’espoir des disciples qu’Il était « celui qui doit délivrer Israël » (Luc 24:21) ; ils pouvaient constater que certaines prophéties étaient accomplies par lui ; mais ajouter : « … le Fils du Dieu vivant », comment cela était-il possible ? Ils aimaient leur Maître ; mais après la tempête, on s’était étonné : « Quel est celui-ci, que les vents mêmes et la mer lui obéissent ? » (Mat. 8:27). Si Pierre a pu affirmer qu’il était le Fils de Dieu, c’est bien parce que le Père le lui avait révélé. Paul dira aux Galates : « Il plut à Dieu… de révéler son Fils en moi » (1:16). D’autres ont cherché « s’ils pourraient le (Dieu) toucher en quelque sorte en tâtonnant et le trouver » (Actes 17:27). Et nous, comment pouvons-nous Le connaître comme le Fils du Dieu vivant ? N’est-ce pas la Parole qui nous le révèle ? Comme le dit l’apôtre : « Ces choses sont écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie par son Nom » (Jean 20:31).

3.1 – Jean 1:1-4

« Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes ».

En très peu de mots l’Esprit de Dieu place devant nous Celui qu’il appelle la Parole, ou le Verbe : l’expression des pensées de Dieu.

Aussi loin en arrière que nous puissions concevoir, Il « était » : éternel dans son existence ; « auprès de Dieu » : distinct dans sa Personne ; mais « Dieu » : divin dans son essence. Il n’est pas devenu tel que ce premier verset nous le révèle ; il l’était au commencement, comme il le dit lui-même : « Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8:58). Lorsqu’à Gethsémané on viendra le prendre, une seule parole de sa bouche fera reculer ses adversaires : « C’est moi » (en grec : je suis). Il n’est ni une émanation subséquente de la divinité (v. 2), ni une créature (v. 3). « Toutes choses furent faites par lui, et sans lui pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait ». Il n’a pas été créé ; il est le Fils unique (der eingeborene Sohn, the only begotten Son, Monogenes) du Père (Jean 1:14, 18 ; 3:16, 18 ; 1 Jean 4:9).

« En elle était la vie ». Il n’est pas, comme l’homme, « une âme vivante », mais « un esprit vivifiant » (1 Cor. 15:45). Le Père lui a donné d’avoir « la vie en lui-même » (Jean 5:25).

3.2 – Hébreux 1:1-3

« Dieu… nous a parlé dans le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel aussi il a fait les mondes, qui, étant le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de sa substance, et soutenant toutes choses par la parole de sa puissance… ».

Après avoir parlé aux pères par les prophètes, à la fin de ces jours-là, Dieu nous a parlé « en Fils ». Qui est-il, ce Fils ? D’emblée, « il l’a établi héritier de toutes choses ». Dans ses conseils éternels Dieu a prévu que Celui qui viendrait un jour sur la terre pour donner sa vie, serait élevé dans la gloire, et que, dans la plénitude des temps, toutes choses seraient réunies « en un dans le Christ », le chef (Éph. 1.10).

Par lui, dans l’histoire du temps, « il a fait les mondes ».

Dans sa personne même, il est « le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de sa substance ». Pour rendre compréhensible cette expression, les anciens disaient qu’il est la lumière du soleil. Le « soleil » est, dans cette comparaison, Dieu lui- même ; il habite la lumière inaccessible qu’aucun homme n’a vu ni ne peut voir (1 Tim. 6:16). Mais nous pouvons voir la lumière du soleil qui éclaire toutes choses. La gloire divine nous est cachée, mais elle a brillé pleinement en Christ : « Le Dieu qui a dit que du sein des ténèbres la lumière resplendît, a relui dans nos cœurs pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4:6).

Comme la cire (comparaison bien faible) reçoit l’empreinte d’un sceau, le Fils est l’image expresse de la Personne divine. Cette image est en quelque sorte « en relief », tandis que dans l’Ancien Testament nous en avions « l’ombre » (Héb. 10:1). Jésus lui- même pouvait déclarer à Philippe qui demandait : « Montre-nous le Père » (Jean 14:8) : « Ne crois-tu pas que moi je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » Seule la foi le discerne comme tel.

Non seulement il a créé les mondes, mais « il soutient toutes choses par la parole de sa puissance ». Notre esprit se perd à contempler l’immensité de l’univers. Le moindre dérangement dans notre simple système planétaire amènerait une catastrophe. La Parole ne dévoile ni ne détaille les phénomènes que Dieu permet à la science, par l’intelligence qu’il a donnée à l’homme, de découvrir petit à petit. Elle nous dit simplement : « Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la Parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent » (Héb. 11:3). « Ce qui ne se peut voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites » (Rom. 1:20). La Parole n’est pas un livre de science. Elle nous déclare que Celui qui a créé toutes choses, les soutient aussi par la parole de sa puissance et, quant à la révélation, cela doit nous suffire.

3.3 – Colossiens 1:15-17

« Le Fils de son amour… est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création ; car par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités : toutes choses ont été créées par lui et pour lui ; et lui est avant toutes choses, et toutes choses subsistent par lui ».

Dans ces passages, il n’est pas « l’empreinte » de sa substance, mais « l’image » du Dieu invisible : « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1:18).

Quant à la création, il en est le « premier-né », c’est-à-dire l’héritier, le chef ; quatre choses nous sont dites sous ce rapport : par lui ont été créées toutes choses, les visibles et les invisibles ; toutes choses ont été créées pour lui ; mais lui est avant toutes choses (il n’est donc pas une créature) ; enfin, toutes choses subsistent par lui, reliant ainsi la pensée à celle d’Hébreux 1:3.

Il est donc « Fils de Dieu » éternellement. Nous l’avons vu dans Jean 1:11 le dit lui-même en s’adressant au Père en Jean 17:24 : « Père… tu m’as aimé avant la fondation du monde ».

Quand il est né sur la terre, il est toujours Fils de Dieu. « Le saint enfant qui naîtra sera appelée Fils de Dieu ». C’est le mystère de sa personne : conçu de l’Esprit Saint, mais né de la vierge, il est « véritablement Dieu et véritablement homme ». « Tu es mon fils », déclare Hébreux 1:5. Mais en ajoutant aussi : « Moi je t’ai aujourd’hui engendré », lorsqu’il vient sur la terre.

Dans sa résurrection enfin, il est « déterminé (ou prouvé) Fils de Dieu en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par la résurrection des morts » (Rom. 1:4).

3.4 – Le mystère de la Trinité

Dès le premier verset de la Bible, elle est impliquée : « Dieu créa » ; en hébreu, Dieu est au pluriel (Élohim), le verbe créa est au singulier ! Un peu plus loin : « Dieu dit : Faisons (pluriel) l’homme à notre image… et Dieu créa (singulier) l’homme » (Gen. 1:26). Il faut attendre le baptême de Jean pour que la Trinité se dévoile. Jésus prend place comme homme avec le peuple qui se repentait, non qu’il ait eu besoin lui-même de se repentir, mais cela convenait à la position qu’il avait prise au milieu de son peuple. Le Baptisé prie ; l’Esprit descend alors sur lui comme une colombe ; et la voix du Père résonne du ciel : « Tu es mon Fils bien-aimé » (Luc 3:21-22).

Jésus déclarera : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10:30). Le Saint-Esprit, le Consolateur, lorsqu’il sera venu, fera connaître que « moi je suis en mon Père » (14:20), comme Jésus l’avait dit à Philippe : « Moi je suis dans le Père, et le Père est en moi » (v. 10). Sur la terre, il n’était pas un dieu indépendant du Père, quoique distinct dans sa personne (Jean 5).

Le Saint Esprit « procède du Père » (Jean 15:26). Il est « donné » par le Père, « envoyé » par Lui (14:26) ; mais ce Saint Esprit est envoyé « au nom du Fils » (14:26), et c’est lui qui l’envoie d’auprès du Père (15:26).

N’allons pas plus loin dans ce mystère. Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’homme Christ Jésus (1 Tim. 2:5) ; pourtant il s’est révélé en trois manières d’être, ou trois personnes.

L’homme aimerait poser des questions, mais ne dépassons pas la révélation de la Parole. En effet, le Seigneur Jésus lui-même le dit : « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler » (Mat. 11:27). « Le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » ; mais il reste dans la personne du Fils un mystère que personne ne « connaît à fond », même si Paul peut souhaiter « le connaître, Lui », comme nous connaissons une personne ou un fait. Il est vrai que « la vie a été manifestée » (1 Jean 1:1-4) : il a été vu, et contemplé, et touché. Cette révélation nous est donnée pour que notre joie soit accomplie dans la communion avec le Père et le Fils. Mais il reste en la personne du Fils un mystère impénétrable, même lorsqu’il apparaît dans sa gloire : Il portera le nom de « fidèle et véritable » ; de « la Parole de Dieu » ; de « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (Apoc. 19:11, 13, 16), mais aussi « un nom écrit que nul ne connaît que lui seul » (v. 12) !

Nom de Jésus que nul ne sonde,

Nom du Dieu fort d’éternité,

Et de l’Agneau Sauveur du monde,

Et de l’homme ressuscité. (H. Rossier)

Et pourtant, devant une telle grandeur, un tel mystère, Paul peut déclarer, et chacun de nous peut se joindre à l’expression de son infinie reconnaissance : « Le Fils de Dieu m’a aimé, et s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20).

4 – Le Fils de l’Homme

« Le mystère de la piété est grand », nous dit 1 Timothée 3:16 : « Dieu a été manifesté en chair ». Dans l’Ancien Testament, Dieu s’était fait connaître de différentes manières : par des songes, par des visions, par l’apparition d’un ange, par la parole qu’il avait dite aux prophètes « à plusieurs reprises et en plusieurs manières ». Mais l’Évangile nous place devant ce mystère extraordinaire : « La Parole devint chair », c’est-à-dire homme.

Pour un temps Il a « habité » (« dressé sa tente ») au milieu de nous. Là il a montré sa gloire, non pas celle d’un roi qui régnera sur toutes choses ; non pas celle du Créateur ; mais celle d’un homme parfait, sa gloire morale, « comme d’un fils unique de la part du Père, pleine de grâce et de vérité ». Et les Évangiles déroulent devant les regards de notre foi toute la perfection de la vie de « l’homme Christ Jésus ».

En peu de mots, mais combien précis et profonds, Philippiens 2:6-8 place devant nous la profondeur de cet abaissement. Le Christ Jésus subsiste « en forme de Dieu », l’essence même de sa vie ; mais il n’a pas, comme Satan (És. 14:14), ou comme l’homme à l’instigation du tentateur (Gen. 3:5), « regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu ». Sans doute l’était-il, l’est-il toujours. Mais il a accepté de « s’anéantir lui-même » (et lui seul pouvait le faire), de se dépouiller des insignes de sa gloire (sans cesser d’être en forme de Dieu). Il a pris « la forme d’esclave », toute la vie essentielle d’un esclave, « étant fait à la ressemblance des hommes ». En lui-même l’homme est esclave de Dieu, serviteur de Dieu ; comme créature, il l’est nécessairement. Mais Lui l’est devenu volontairement. Soulignons qu’il a été fait « à la ressemblance » des hommes (cf. Rom. 8:3), car il était sans péché : « Il n’a pas commis de péché » (1 Pierre 2:22) ; il n’a pas « connu le péché » (2 Cor. 5:21) ; « il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3:4).

Un deuxième stade de son abaissement nous est présenté : « Étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même » (Phil. 2:8). Homme au milieu des hommes, en tant qu’homme il s’est abaissé. Il n’a pas revendiqué une position importante ; il n’a pas revêtu la gloire royale qu’il aura plus tard ; il n’a cherché ni l’approbation, ni la considération des chefs de son temps. Dans cet abaissement il est « devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix ».

Hébreux 5:7-8 nous dévoile à quelles douleurs l’a conduit cette obéissance : « Durant les jours de sa chair, il a offert avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort… et quoiqu’il fût Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ». Il a dû faire l’expérience de ce que signifiait l’obéissance pour un homme, et pour un homme qui voulait accomplir la volonté de Dieu jusqu’au bout. Les perfections du serviteur ne lui ont pas valu d’être appelé Fils de Dieu. Il serait déjà remarquable qu’un homme puisse s’être comporté dans sa vie de manière à mériter ce titre. N’est-il pas infiniment plus grand que le Fils de Dieu soit devenu serviteur !

N’oublions pourtant pas que dans cet homme abaissé « toute la plénitude s’est plu à habiter » (Col. 1:19). Il était Emmanuel, « Dieu avec nous » (Mat. 1: 23). « Dieu était en Christ » lorsqu’il réconciliait le monde avec lui-même (1 Cor. 5:19).Il était véritablement Dieu et véritablement homme.

Selon la première épître de Jean, il convient de Le reconnaître de trois manières : « Tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu » (1 Jean 4:2). « Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu demeure en lui, et lui en Dieu » (v. 15). « Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu » (5:1).

Que d’erreurs se sont répandues par « ceux qui ne confessent pas Jésus Christ venant en chair » (2 Jean 7), ou Jésus comme Fils de Dieu. « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison » (v. 10). Combien importe pour Dieu tout ce qui touche à la personne de son Fils.

Qu’il soit fils de l’homme, lui-même le dit, pour la première fois en Matthieu 8:20 dans une expression remarquable : « Les renards ont des tanières ; et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ». Sa tête, il la reposera lorsque sur la croix, « ayant baissé la tête », il remettra son esprit à son Père (le mot « baisser » en Jean 19:30 est le même que « reposer » en Matthieu 8:20 !).

4.1 – Sa conception

Ésaïe 7:14 avait déjà annoncé que la vierge concevrait et enfanterait un fils. Il faut en venir à l’Évangile pour comprendre la portée de la prophétie.

En Luc 1:35, l’ange répond à Marie, qui s’est étonnée de pouvoir concevoir, puisqu’elle ne connaît pas d’homme : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi le saint enfant qui naîtra sera appelée Fils de Dieu ». Marie était vierge, fiancée à Joseph. Il n’y avait eu entre eux aucune relation qui aurait conduit à une conception. En Matthieu 1:18-23, l’Esprit de Dieu précise que « avant qu’ils fussent ensemble », elle se trouva enceinte par l’Esprit Saint. Joseph s’inquiète ; l’ange du Seigneur vient le rassurer : « Ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés ». Ainsi s’accomplissait la prophétie d’Ésaïe (v. 23). À Joseph, l’ange parle du Sauveur ; à Marie, il avait parlé de Celui qui régnera : par elle, il était fils de David selon la chair (Mat. 1:16).

4.2 – Sa naissance

Michée 5:2 avait annoncé que le Christ naîtrait à Bethléhem. Joseph et Marie habitaient Nazareth. Comment Dieu agirait-il pour conduire Marie dans la ville de David pour y accoucher ? Dieu est au-dessus de tout. Un décret est rendu de la part de l’empereur pour faire un recensement (qui de fait aura lieu plus tard !). Le décret amène Joseph, comme tous les autres Juifs, à monter dans sa ville d’origine, Bethléhem, « parce qu’il était de la maison et de la famille de David » (Luc 2:4). Marie, « qui lui était fiancée », était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, elle mit au monde son fils premier-né, l’emmaillota et le coucha dans la crèche. Il n’y avait pas eu de place pour eux dans l’hôtellerie. Leur premier acte à l’égard de ce fils est de « l’emmailloter » ; le dernier acte, quand son corps aura été descendu de la croix, sera de « l’envelopper » de linges (Jean 19:40).

La généalogie de Matthieu 1, — après avoir répété comme un refrain tel et tel engendra tel et tel, — arrivée à Joseph, précise : « le mari de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ » (v. 16).

Cet enfant, « emmailloté et couché dans une crèche », est « le signe » pour les bergers, auxquels l’ange est apparu pour leur annoncer « un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ; car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ». Pour les mages, qui, un peu plus tard, viennent adorer le roi, le signe sera une étoile. Les bergers s’en vont jusqu’à Bethléhem ; ils trouvent Marie et Joseph et le petit enfant « et l’ayant vu », ils parlent de lui. Leur regard ne se porte pas tant sur Marie et Joseph, mais sur cet enfant dont l’infinie grandeur leur a été révélée. Ils s’en retournent « glorifiant et louant Dieu », faisant écho à la multitude de l’armée céleste qui louait Dieu et lui rendait gloire.

Le « sujet » de joie est « grand », il est « pour tout le peuple ». Contraste avec Luc 1:14, où le sujet de joie est pour Zacharie et pour plusieurs qui se réjouiront de la naissance du baptiseur : celui-ci préparerait le chemin du Seigneur ; l’enfant de Bethléhem était le Seigneur lui-même.

Quand il eut huit jours, il fut circoncis. Se conformant en toutes choses à la loi, quarante jours s’étant écoulés, les parents le portent à Jérusalem pour la purification, non pas la sienne, mais celle de Marie, selon Lévitique 12:7 (« pour elle »). À noter que les parents de Jésus n’ont pu offrir un agneau, ils étaient trop pauvres ; ils n’ont pu présenter qu’une paire de tourterelles.

Quand ils entrent au temple avec l’enfant, personne n’a remarqué qui était celui-ci, ni les sacrificateurs, ni les chefs du temple. Seul le vieillard Siméon, conduit par l’Esprit, le prend dans ses bras, bénissant Dieu parce que ses yeux ont vu son salut. Le père et la mère s’étonnent de ces choses, « Siméon les bénit ». Remarquons qu’il bénit les parents, pas l’enfant. « Sans contredit, le moindre est béni par celui qui est plus excellent » (Héb. 7:7). Comment Siméon aurait-il pu bénir l’enfant, alors que lui-même avait besoin de sa bénédiction ?

Anne, prophétesse, fort avancée en âge, qui ne quittait pas le temple, survient en ce moment. Elle loue le Seigneur et « parle de lui ». De qui parlait- elle ? De l’enfant bien sûr, mais cet enfant, qui était- il, sinon le Seigneur ?

Un peu plus tard, les mages sont venus. L’étoile les avait conduits vers « le roi des Juifs » (Mat. 2:2). Arrivés à Bethléhem, ils entrent dans la maison, ils voient le petit enfant avec Marie, sa mère. Mais se prosternant, c’est à lui qu’ils rendent hommage et offrent leurs trésors : l’or (le métal le plus précieux de la Bible, qui nous parle de la divinité), l’encens (le parfum qui monte vers Dieu en bonne odeur, comme il montera de toute la vie de l’Homme parfait) et la myrrhe (l’amertume de ses souffrances), offrandes qui nous font penser au culte qu’en esprit et en vérité nous pouvons rendre à Dieu par Christ.

Le plus extraordinaire n’est-ce pas la fuite en Égypte ? Dieu aurait parfaitement pu faire un miracle pour protéger son Fils. Mais aucun miracle n’est fait en faveur de Jésus. Il est un homme sur la terre. Petit enfant il est emmené par ses parents, fuyant comme un réfugié, restant dans la terre étrangère jusqu’à ce qu’Hérode soit mort, pour habiter ensuite Nazareth, où il fut « élevé ».

4.3 – À douze ans

Rien ne nous est dit de cette vie à Nazareth. Il est appelé « le fils du charpentier », ou même « le charpentier », précisant son occupation. L’Esprit de Dieu a voulu cependant nous conserver cet incident révélateur, quand, à douze ans, monté avec ses parents pour la fête de Pâque à Jérusalem, il y reste seul, malgré l’inquiétude qu’il suscitait particulièrement chez sa mère. Pendant trois jours ses parents le cherchent (n’auraient-ils pas dû, sachant qui il était, porter leurs pas tout d’abord vers le temple ?). Ils le trouvent enfin, à la fois « occupé des affaires de son Père », mais aussi prenant parmi les docteurs la position qui convenait à un garçon de douze ans, « les écoutant et les interrogeant » (bon exemple pour les jeunes frères quant à leur attitude dans l’assemblée, en particulier dans les réunions d’étude !). Jésus était conscient d’être le Fils du Père ; cela ne l’empêche pas de descendre avec ses parents à Nazareth et de leur être « soumis ». Il « avançait en sagesse et en stature et en faveur auprès de Dieu et des hommes », parfait à tous les stades de son développement, selon qu’il convenait à son âge.

4.4 – Son ministère

Quel attrait de « voir Jésus de lieu en lieu » dans ses allées et venues, ses compassions, ses enseignements, sa parfaite humanité. Sa divinité brille parfois comme un éclair, lorsqu’il apaise la tempête ou ressuscite Lazare, ou accomplit tant de miracles. Mais comme l’a dit quelqu’un : « Il cachait la forme de Dieu sous la forme d’esclave, sa divinité sous le voile épais d’un Galiléen méprisé ».

Il a connu la fatigue, alors que, lassé du chemin, en plein midi, il s’asseyait au puits de Sichar (Jean 4:6). Il avait soif et demandait de l’eau à la femme. Sur la croix, pour accomplir l’Écriture, il s’écriera : « J’ai soif ». Ayant dû connaître cette intolérable soif des crucifiés, il y avait pourtant en lui une soif plus profonde, celle d’accomplir jusqu’au bout l’œuvre que le Père lui avait donné à faire. Il a connu la faim (Marc 11:12). Il dormait dans la barque malgré la tempête, la tête appuyée sur un oreiller. Il a pleuré au tombeau de Lazare, et sur Jérusalem, et à Gethsémané (Héb. 5:7).

Nous le voyons souvent pénétrer dans une maison, parfois se mettre à table ; entrer dans des synagogues, accomplir des miracles, prodiguer ses enseignements, lire l’Écriture ; nous le voyons sortant et longeant la mer, appelant les disciples, disant à Matthieu : Suis-moi. À d’autres moments, il s’en va seul dans un lieu désert ou sur une montagne, pour prier.

À plus d’une reprise, il prend ses disciples à part et leur annonce les souffrances qui l’attendent. Après la transfiguration, où avait brillé la gloire du Messie, mais aussi celle du Fils bien-aimé du Père, « dès lors », Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem et qu’il souffrît beaucoup (Mat. 16:21). Traversant la Galilée, il enseignait ses disciples : « Le fils de l’homme est livré entre les mains des hommes, et ils le feront mourir ». Eux ne comprenaient pas. Jésus renouvelle son enseignement « comme ils étaient en chemin, montant à Jérusalem » : « Prenant encore une fois les douze avec lui, il se mit à leur dire les choses qui devaient lui arriver : Voici, nous montons à Jérusalem ; et le fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes ; et ils le condamneront à mort, et le livreront aux nations ; et ils se moqueront de lui, et le fouetteront, et cracheront contre lui, et le feront mourir ; et il ressuscitera le troisième jour » (Marc 10:32-34). Quelle est leur réaction ? – Jacques et Jean demandent la meilleure place dans le royaume !

4.5 – Sa mort

Les années ont passé. « La fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait… Et le jour des pains sans levain, dans lequel il fallait sacrifier la Pâque, arriva… Et quand l’heure fut venue, il se mit à table » (Luc 22). L’heure est venue « pour passer de ce monde au Père » (Jean 13:1). Va-t-il reculer devant la souffrance ? Sera-t-il vraiment obéissant jusqu’à la mort ? Encore une fois : « Il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ».

À Gethsémané, il accepte la coupe de la main du Père. Quand Pilate déclare : « Voici, je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime » (Jean 19:4), c’est Jésus qui sort dehors, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre, le visage défiguré « plus que celui d’aucun homme » (És. 52:14). Il aurait pu reculer. Le gouverneur ne pouvait le contraindre. Volontairement, Jésus sort dehors. Pilate le présente : « Voici l’homme ! » « L’Homme de douleurs » est placé devant son peuple. Que vont-ils répondre ? — « Crucifie, crucifie-le ! »

Enfin Pilate le livre pour être crucifié. Ils prennent Jésus et l’emmènent. Que nous est-il dit ? « Et il sortit portant sa croix » (Jean 19:17). Jamais ils n’auraient pu l’emmener contre son gré. Le prophète avait bien annoncé qu’il serait « mené comme une brebis à la boucherie » : l’Évangile de Marc, celui du Serviteur, nous le présente ainsi. Mais dans celui de Jean, le Fils de Dieu s’en va de lui-même au lieu du supplice !

Jésus était-il mortel ? Tout homme est mortel ; il avait participé de la nature humaine ; mais il ne devait pas mourir, il pouvait donner sa vie : « Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre » (Jean 10:18). De sa propre décision, dans toute la possession de ses facultés, refusant le fiel qui aurait peut-être atténué ses souffrances, il s’est laissé crucifier. Il n’est pas descendu de la croix quand on lui disait : Si tu es fils de Dieu, si tu es le roi des Juifs, descends de la croix et nous croirons en toi. Jusqu’au bout il a répondu à l’Écriture ; et quand « toutes choses étaient déjà accomplies », ayant pris le vinaigre, il s’est écrié : « C’est accompli ». Et ayant baissé la tête, il remit son esprit (Jean 19:28-30).

La foule s’en est retournée à Jérusalem, se frappant la poitrine. La nuit descend sur le Calvaire. Un homme, disciple en secret, Joseph d’Arimathée, s’approche. Il a reçu de Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Il l’ôte de la croix. Un autre s’avance, qui, au commencement, était venu de nuit à Jésus, Nicodème ; il apporte « une mixtion de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres » (Jean 19:38-42). Tous deux prennent le corps, l’enveloppent de linges, avec les aromates, et dans le sépulcre neuf du jardin, déposent Jésus. Deux hommes sont occupés de lui dans sa mort, comme deux hommes avaient parlé avec lui de la mort qu’il devait accomplir à Jérusalem (Luc 9:31) ; comme deux hommes s’en iront à Emmaüs, tristes, toutes leurs espérances s’étant évanouies avec sa mort.

4.6 – Sa résurrection

Il a été « enseveli », nous dit 1 Corinthiens 15:4 pour que personne ne vienne dire qu’Il n’avait eu qu’un évanouissement temporaire lorsqu’il a jeté le grand cri et a expiré sur la croix. Vraiment mort, il a été vraiment ressuscité. D’aucuns niaient la résurrection, mais « s’il n’y a pas de résurrection de morts, Christ n’a pas été ressuscité non plus ; et si Christ n’a pas été ressuscité… votre foi est vaine » (v. 14).

Ressuscité avec un corps spirituel, il était, quoi qu’il en soit, réellement un homme. Les disciples d’Emmaüs ne l’ont pas reconnu lorsqu’il s’est approché et s’est mis à marcher avec eux. Il paraissait un homme quelconque. Mais leur cœur brûlait au-dedans d’eux ; et quand il a rompu le pain avec eux, renouvelant le geste des jours de sa chair, leurs yeux se sont ouverts. Marie de Magdala avait cru voir le jardinier ; lorsque son cœur a vibré à son appel — « Marie », — elle a reconnu son Maître (Jean 20:15-16). La foi, le cœur, reconnaît l’Homme ressuscité.

Lorsqu’il apparaît devant ses disciples, il leur déclare « Voyez mes mains et mes pieds, que c’est moi-même ; touchez-moi, et voyez ; car un esprit n’a pas de la chair et des os comme vous voyez que j’ai ». Puis devant eux, il mange un morceau de poisson cuit, un peu d’un rayon de miel (Luc 24:39-42).

Il les mène dehors jusqu’à Béthanie, et, levant les mains en haut, il les bénit. Quand il est séparé d’eux et est élevé dans le ciel, c’est bien un homme qui est glorifié, celui en qui « habite toute la plénitude de la déité corporellement » (Col. 2:9).

5 – Le Sauveur

« Le Père a envoyé le Fils, Sauveur du monde » (1 Jean 4:14). Le nom même de Jésus en est la révélation : l’Éternel Sauveur. L’ange a annoncé aux bergers : « Un Sauveur vous est né ». Les Samaritains de Sichar en ont rendu témoignage : « Nous-mêmes nous l’avons entendu et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde ». Et 2 Timothée 1:10 en affirme toute la réalité : « Notre Sauveur Jésus Christ a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’Évangile ».

5.1 – Le salut

« Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19:10). Il faut s’être vu perdu pour apprécier le fait d’être sauvé. Être vraiment placé un jour, ou plusieurs jours, devant la sainteté de Dieu qui ne peut voir le mal ; accepter qu’ayant offensé ce Dieu saint tant de fois, on est condamné à la perdition ; saisir alors que nous sommes « sauvés par la grâce, moyennant la foi, et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2:8).

Le croyant a été et est sauvé : « Vous êtes sauvés… ». Le salut de l’âme n’est pas futur, il est actuel, il est permanent : « Dieu nous a sauvés… non selon nos œuvres, mais selon son propre dessein et sa propre grâce » (2 Tim. 1:9).

Mais le salut est aussi effectif dans le présent. Philippiens 2:12-13 nous dit : « Travaillez à votre propre salut, avec crainte et tremblement : car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire ». « Travaillez » dans ce texte a plutôt la signification de « cultiver », comme en font foi, pour le sens du mot original, bien des papyrus du ler siècle, retrouvés il y a quelques années. Il ne s’agit pas d’acquérir le salut, mais de « l’amener à bonne fin en travaillant », en portant du fruit, des résultats, qui se montrent dans notre conduite. Seule la puissance divine peut opérer en nous et le vouloir et le faire ; mais cela demande aussi de notre part vigilance et disposition de cœur et d’esprit pour laisser Dieu agir par son Esprit dans nos vies.

Enfin, le salut complet est encore futur. Il est « plus près de nous que lorsque nous avons cru » (Rom. 13:11). Encore une fois il ne s’agit pas de l’acquérir, mais de nous réveiller du sommeil et de revêtir les armes de la lumière en nous conduisant honnêtement, comme de jour. Dans un avenir sans doute proche, « le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3:21). Maintenant nous avons « les prémices de l’Esprit », mais nous attendons « l’adoption, la délivrance de notre corps » (Rom. 8:23).

5.2 – La rémission des fautes et la purification

Le péché est présenté sous deux aspects : celui de dette, comme dans les paraboles ; et celui de souillure, symbolisée par la lèpre. À l’aspect dette correspond la rémission des fautes, le pardon ; à l’aspect souillure, la purification.

5.2.1 – Rémission — pardon

Le coupable a été pardonné, il n’a pas eu à subir le châtiment dû à sa faute.

S’il s’agit d’un pardon humain, comme par exemple d’un père à son enfant, la peine est remise par affection, peut-être par faiblesse, sans qu’il y ait châtiment.

Il n’en est pas ainsi du pardon divin. Il faut que le châtiment soit exécuté, mais il l’est sur un autre, sur un substitut ; Dieu peut alors pardonner. Mais le substitut n’est pas un autre homme, une victime humaine que l’on offrirait, comme dans certaines religions païennes, pour apaiser la divinité. C’est Dieu lui-même qui dans son Fils s’est offert comme substitut : « Nous avons tous été errants comme des brebis… mais l’Éternel a fait tomber sur Lui l’iniquité de nous tous » (És. 53:6).

« Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22). Comme type de la mort de Christ, avait coulé le sang de bien des victimes, des taureaux et des agneaux. Ce sang ne pouvait pas ôter les péchés. Pour rendre sensible aux siens la manière dont la dette a été payée, le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, présentant la coupe, dit à ses disciples : « Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour plusieurs en rémission de péchés » (Mat. 26:28).

Le pardon est complet, Dieu nous a « pardonné toutes nos fautes » (Col. 2:13).

Qu’en est-il des fautes du croyant ? Seule l’œuvre de Christ en a payé la dette. Dieu demande aux siens de reconnaître leurs manquements : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). Dire que nous n’avons pas de péché, pas de nature pécheresse, c’est nous séduire nous-mêmes ; dire que nous n’avons pas péché, pas commis de faute, c’est faire Dieu menteur. Il ne s’agit pas de cacher ses manquements, mais de les reconnaître, tout d’abord devant Dieu, et envers ceux que nous aurions offensés ou lésés. Dieu est fidèle à sa promesse et pardonne, mais il est aussi juste envers Christ en le faisant.

5.2.2 – La purification

Celui qui était souillé doit être purifié, lavé.

1 Corinthiens 6:9 nous présente la liste de dix « lépreux » qui n’hériteront pas du royaume de Dieu. Pourtant l’apôtre peut ajouter : « Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus, et par l’Esprit de notre Dieu ». Il s’agit ici du lavage initial, lavage complet, qui fait chanter tous ceux qui en jouissent : « À Celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang… à lui la gloire » (Apoc. 1:6).

Ce lavage initial de tout le corps n’a pas à être répété ; mais le croyant, contractant de la souillure dans sa marche, doit avoir les pieds lavés par l’application de la Parole (l’eau) et l’opération du Seigneur par son Saint Esprit. Tel est l’enseignement de Jésus à ses disciples en Jean 13, concluant que « celui qui a tout le corps lavé (complètement baigné) n’a besoin que de se laver (mot employé pour une partie du corps seulement) les pieds ». Si cela n’a pas lieu, dit-il à Pierre : « Tu n’as pas de part avec moi », c’est- à-dire tu ne peux jouir de la communion avec ton Seigneur.

5.3 – La justification

Il faut que le pécheur soit déclaré juste, sinon il encourt la condamnation.

« Il n’y a pas de différence, tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu » (Rom. 3:23). Faut-il accomplir « des œuvres » pour qu’en quelque sorte un « salaire » en résulte « à titre de chose due » ? Pas du tout. « Mais à celui qui ne fait pas des œuvres, mais qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est comptée à justice » (Rom. 4:5).

Nous sommes « justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus… par la foi en son sang ». Ainsi Dieu est « juste et justifiant celui qui est de la foi de Jésus » (v. 26).

5.4 – La rédemption

Nous étions esclaves du péché et esclaves de Satan. Il fallait être rendus libres.

L’original emploie deux mots pour exprimer cette rédemption : acheter un esclave « hors du marché » pour l’affranchir, ou bien libérer sur base d’une rançon. D’ailleurs les deux significations se recouvrent.

Nous étions « vendus au péché » (Rom. 7:14), « asservis aux éléments du monde » (Gal. 4:4), « sous la malédiction de la loi » (Gal. 3:13). Mais Christ nous a « rachetés de la malédiction, étant devenu malédiction pour nous ». « Vous avez été rachetés de votre vaine conduite… par le sang précieux de Christ » (1 Pierre 1:18-19). Et quand devant le trône montera le cantique nouveau, il soulignera : « Tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation » (Apoc. 5:9).

Ainsi nous avons été libérés de la puissance de Satan et de celle du péché par le prix infini du sang de Christ : « Christ… avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle » (Héb. 9:12).

5.5 – La propitiation et la réconciliation

La réconciliation est l’une des bénédictions que nous apporte à nous l’œuvre de Christ ; la propitiation est le côté de Dieu.

5.5.1 – La réconciliation

« Vous qui étiez autrefois… ennemis… il vous a toutefois maintenant réconciliés dans le corps de sa chair, par la mort » (Col. 1:21-22). La réconciliation implique un changement complet d’état d’esprit. Dieu n’était pas notre ennemi, au contraire : « Dieu a tant aimé le monde… » C’est nous qui, dans notre entendement, dans notre conception des choses, dans toute notre manière d’être, étions contre Dieu. Le changement profond qui, d’ennemis, a fait de nous des enfants de Dieu, est opéré « par la mort de son Fils » (Rom. 5:10).

« Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même ». Il nous a « donné le service de la réconciliation » et « nous supplions pour Christ : Soyez réconciliés avec Dieu ! » : Accepter par la foi l’œuvre de « Celui qui n’a pas connu le péché » et qui a été fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en Lui » (2 Cor. 5:19-21).

5.5.2 – La propitiation

Au grand jour des propitiations, en Lévitique 16, le souverain sacrificateur devait, entre autres, égorger le bouc du sacrifice pour le péché, apporter son sang au-dedans du voile, et en faire aspersion sur le propitiatoire (le couvercle de l’arche), et devant le propitiatoire. Par cet acte, le sang était donc placé sur l’arche, sous les yeux des deux chérubins qui la couronnaient. Belle figure du sang de Christ, dont toute la valeur est placée devant Dieu. « La rédemption est dans le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire » (Rom. 3:24).

Il ne s’agit pas de rendre propice un Dieu vengeur, d’apaiser une divinité courroucée ; mais, par l’obéissance parfaite et le sacrifice de Christ, de rendre possible que Dieu soit juste en faisant grâce. Le sang sur le propitiatoire démontre que l’œuvre a été accomplie, qu’une pleine réponse a été donnée à la justice de Dieu. Le péché était « couvert » par les sacrifices de l’Ancien Testament, mais ceux-ci ne pouvaient jamais « rendre parfaits ceux qui s’approchent ». Maintenant le péché a été « ôté ». Christ est « la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » (1 Jean 2:1 ; 2:2). La valeur de son œuvre devant Dieu est valable pour le monde entier, mais seul celui qui se l’approprie par la foi en bénéficie.

5.6 – La vie éternelle

Nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés, mais Dieu nous a vivifiés ensemble avec le Christ et nous a ressuscités ensemble (Éph. 2:5-6 ; Col. 2:13 et 3:1). La nouvelle naissance nous fait entrer dans une vie nouvelle. Nous devenons « participants » de la nature divine. Nous pouvons alors marcher en « nouveauté de vie » (2 Pierre 1:4 ; Rom. 6:4).

Le changement manifeste qui s’opère chez quelqu’un qui était loin de Dieu et a été amené au Seigneur Jésus, montre à l’évidence cette vie nouvelle.

Les goûts, les tendances, l’aspect de toutes choses, ont changé. Ce qui pouvait avoir tant de valeur autrefois n’en a plus, mais les choses de Dieu sont devenues une réalité.

« Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » (1 Jean 5:11-13).

Le poids sur Christ

Combien peu nous nous rendons compte de l’indicible souffrance de notre Sauveur pour nous amener à Dieu : « Amenant plusieurs fils à la gloire, il consomma le chef de leur salut par des souffrances » (Héb. 2:10).

Le prophète l’avait déjà annoncé (És. 53), et tant d’autres écritures : « Lui, a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs… Il a été blessé pour nos transgressions… Le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui… Nous avons tous été errants comme des brebis… Et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous… Il portera leurs iniquités… Il a porté le péché de plusieurs ».

Parlant de sa passion, le Seigneur Jésus pouvait dire de lui-même : « Il sera chargé de mépris » (Marc 9:16). L’apôtre Pierre, « témoin des souffrances de Christ », souligne : « Il a porté nos péchés en son corps sur le bois ».

« Il a porté les péchés de plusieurs » (Héb. 9:28).

Oh ! Comme ils ont pesé sur toi,
Seul dans cette heure sombre,

L’abandon, l’angoisse et l’effroi

De nos péchés sans nombre

Trésor de l’ÉcritureGod.

Genèse 3:15

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.

Psaume 2:6-12

C’est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte!…

Psaume 8:5-8

Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence.…

Psaume 45:6,7

Ton trône, ô Dieu, est à toujours; Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité.…

Psaume 69:29,30

Moi, je suis malheureux et souffrant: O Dieu, que ton secours me relève!…

Psaume 72:17-19

Son nom subsistera toujours, Aussi longtemps que le soleil son nom se perpétuera; Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux.…

Psaume 91:14

Puisqu’il m’aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom.

Psaume 110:1,5

De David. Psaume. Parole de l’Eternel à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.…

Ésaïe 9:7

Donner à l’empire de l’accroissement, Et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, L’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, Dès maintenant et à toujours: Voilà ce que fera le zèle de l’Eternel des armées.

Ésaïe 49:6-8

Il dit: C’est peu que tu sois mon serviteur Pour relever les tribus de Jacob Et pour ramener les restes d’Israël: Je t’établis pour être la lumière des nations, Pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre.

Ésaïe 52:13

Voici, mon serviteur prospérera; Il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut.

Ésaïe 53:12

C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, Et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, Et qu’il a intercédé pour les coupables.

Daniel 2:44,45

Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.…

Daniel 7:14

On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.

Matthieu 11:27

Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

Matthieu 28:18

Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi: Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.

Luc 10:22

Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

Jean 3:35,36

Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.…

Jean 5:22-27

Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,…

Jean 13:3

Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu’il était venu de Dieu, et qu’il s’en allait à Dieu,

Jean 17:1-3,5

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie,

Actes 2:32-36

C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité; nous en sommes tous témoins.…

Actes 5:31

Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés.

Romains 14:9-11

Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants.…

1 Corinthiens 15:24-27

Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.…

Hébreux 2:9

Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous.

Hébreux 12:2

ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu.

2 Pierre 1:17

Car il a reçu de Dieu le Père honneur et gloire, quand la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.

Apocalypse 1:5

et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre! A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,

Apocalypse 3:21

Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône.

Apocalypse 5:12

Ils disaient d’une voix forte: L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange.

Apocalypse 11:15

Le septième ange sonna de la trompette. Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient: Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ; et il régnera aux siècles des siècles.

Apocalypse 19:16

Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Psaume 89:27

Et moi, je ferai de lui le premier-né, Le plus élevé des rois de la terre.

Éphésiens 1:20-23

Il l’a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes,…

Colossiens 1:18

Il est la tête du corps de l’Eglise; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier.

Hébreux 1:4

devenu d’autant supérieur aux anges qu’il a hérité d’un nom plus excellent que le leur.

1 Pierre 3:22

qui est à la droite de Dieu, depuis qu’il est allé au ciel, et que les anges, les autorités et les puissances, lui ont été soumis.

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