Les feux de brousse et le braconnage menacent la biodiversité de cette plus grande aire protégée du pays. Les responsables demandent l’augmentation des moyens pour renforcer la surveillance.
Vue partielle des dégâts causés par les feux de brousse dans le parc national de la Ruvubu.
Sur 50.800 hectares du parc national de la Ruvubu, 60% sont déjà décimés par le feu au cours des mois de mai, juin et juillet. « 20.393 hectares ont été incendiés par des feux criminels », indique Evariste Buvyiruke, le chef-adjoint du parc et chargé de la surveillance. Les principaux auteurs sont les braconniers qui s’introduisent dans ce parc pour chasser les antilopes, les buffles, etc. Et les éleveurs en quête de pâturage. « Ils sont surtout responsables des feux localisés à la rizière de la savane.»
Des apiculteurs sont également à la base des feux de brousse surtout ceux utilisant les techniques archaïques. C’est le cas de l’utilisation des ruches traditionnelles nécessitant l’enfumage lors de la récolte du miel ou de la recherche du miel dans les troncs d’arbres ou dans les trous.
Par ailleurs, se réjouit-il, deux pyromanes ont été appréhendés, il y a deux semaines en commune Buhinyuza, province Muyinga.
Néanmoins, ce responsable signale que le reste des hectares concerne les feux de prévention. « Il s’agit de feux précoces que nous provoquons durant les mois de mai et juin ». Et d’expliquer : « Ils permettent d’avoir, d’une part, de jeunes pâturages durant la saison sèche, d’autre part, c’est une technique utilisée pour créer des îlots servant de barrage en cas d’incendie criminelle ou accidentelle.»
Il indique que cette activité est faite aussi au mois de décembre pour éviter que les animaux envahissent les champs environnants. « Avec cette opération, les herbes rajeunissent. Les animaux n’ont plus besoin d’envahir les champs de maïs, de haricots riverains du parc. » Il se souvient qu’avant son introduction, les conflits entre riverains et animaux du parc étaient fréquents.
Par ailleurs, ce genre de feux permet de suivre l’évolution de différentes espèces d’arbres ou d’herbes dans un espace donné.
Les moyens font défaut
Avec ces feux de brousse, M. Buvyiruke affirme que les conséquences sont néfastes sur la biodiversité. Les petits insectes, les nids et les petits oiseaux sont décimés. D’autres animaux migrent. Par ailleurs, il signale qu’il y a des espèces d’arbres qui sont condamnées à la disparition.
Pour ce responsable, les feux de brousse se multiplient parce que le personnel de surveillance reste insuffisant et non équipé. « Nous sommes au nombre de 58 y compris le staff administratif et les trois sentinelles.»
Il fait savoir que moins de 40 éco-gardes existent. « Qu’ils soient renforcés et armés en fusils pour faire face aux braconniers ». Il préconise l’installation d’un camp permanent à l’intérieur du parc car c’est quand le personnel rentre que les pyromanes s’introduisent dans le parc. « Sans moyens de surveillance, on ne peut pas introduire d’autres espèces animales.» Comble de malheur, déplore-t-il, les touristes se font rares. « A titre d’exemple, de janvier-juillet 2017, ils n’ont collecté que 1.107.000Fbu.»
