Le Conseil des ministres a adopté un projet de révision constitutionnelle, le 24 octobre dernier. Une porte ouverte vers d’autres mandats au chef de l’Etat.

Complètement remodelée, la loi mère ne sera plus comme avant. Sur les 307 dispositions de la Constitution, 77 ont subies des modifications, 9 se sont invitées dans la partie, tandis que 3 autres ont été renvoyées.La limitation à deux quinquennats les mandats présidentiels disparaît. Place au septennat renouvelable une fois. Toutefois, le président ne pourra pas diriger plus de deux mandats successifs. Il va céder le pouvoir avec la possibilité de se représenter plus tard.

Autre innovation : la deuxième vice-présidence saute. Le premier ministre, chef du gouvernement, issu de la majorité parlementaire fait son apparition. Le chef de l’Etat sera secondé par un vice-président issu de l’opposition. « Un poste de figuration,» protestent déjà certains.

Sans toucher aux quotas ethniques, la nouvelle donne permet l’adoption des lois ordinaires à majorité simple au parlement. La révision de la Constitution quant à elle ne nécessitera plus le vote des 4/5 des députés mais plutôt des 3/5.

Le compteur des mandats à zéro

En somme, la révision de la Constitution va remettre les compteurs des mandats présidentiels à zéro. Le président Nkurunziza pourra lui aussi prétendre au poste de commandant suprême en 2020, et même en 2027. Il suffira juste que son parti l’aligne pour les présidentiels.

L’actuelle loi mère donne au chef de l’Etat la latitude d’opérer un choix entre référendum ou vote au parlement. Certains analystes penchent déjà pour le premier choix. « Il a toujours en mémoire le camouflet du rejet du projet en mars 2014 par le législateur. »

Après l’échec de 2014, le projet a été mis en veilleuse. Le temps que la Commission nationale du dialogue inter burundais débute son travail en 2015. Et au final, elle a indiqué que la majorité des Burundais ont émis le souhait entre autre pour faire sauter la limitation des mandats. Le président Nkurunziza a par la suite décrété la mise en place d’une commission technique destinée à étudier les dispositions susceptibles d’être amendées.

Pour rappel, la crise politico-économique que traverse le Burundi a débuté avec l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza pour les élections de 2015. « Un mandat de trop », affirmaient opposition et société civile.