Il y a 1 947 ans, les Romains détruisaient le temple de Jérusalem

Selon la tradition, c’était le 30 août 70 : les légionnaires romains, menés par Titus, pénètrent sur le mont du temple et mettent le feu au sanctuaire, l’un des plus imposants du monde antique.

Cet événement, lourd de conséquences encore aujourd’hui, est de plus en plus réinterrogé par la recherche historique. Pourquoi la révolte a-t-elle eu lieu ? Titus voulait-il la destruction du temple ou est-ce un accident ? Quelles conséquences pour le judaïsme antique ? Quelles conséquences aujourd’hui ?

Pourquoi la révolte a-t-elle eu lieu ?

La grande révolte juive a éclaté dans l’été 66, mais elle est complexe et mêle de nombreuses motivations. Le sentiment d’oppression est palpable, de même que l’espérance de la fin des temps : on croit vraiment que Rome est le dernier royaume annoncé dans la prophétie de Daniel, celui qui doit être détruit à la fin des temps par le messie. Mais d’autres motivations ont joué : un alourdissement fiscal, le terrorisme des sicaires et le contre-terrorisme des Romains, les ressentiments entre le bas clergé mené par Éléazar ben Ananias et le haut clergé, etc. Des raisons bien plus séculières, qui se mélangent aux prédications apocalyptiques et permettent de mobiliser les foules.

Le temple de Jérusalem à l’époque d’Hérode.

La conséquence de ce flou, c’est qu’une fois les Romains chassés et la première contre-offensive repoussée, plusieurs groupes se séparent, sans parvenir à s’entendre sur la suite. Dès l’hiver 68, le gouvernement d’unité semble avoir implosé. Ces querelles tournent à la guerre civile, qui ensanglante la Judée. Vespasien, envoyé pour réduire l’insurrection, n’a qu’à encercler Jérusalem en attendant que les Juifs épuisent leurs forces vives. Au cours des dernières semaines, ces luttes entre partis rivaux mènent à l’incendie des réserves de vivres dans la cité assiégée, qui tombe malgré sa résistance acharnée.