Arusha: Séance de clôture bâclée, chahutée, les journalistes chassés, pathétique fin des pourparlers à Arusha.

Ce matin, les journalistes nous convergeons vers l’hôtel Ngurdoto pour couvrir la dernière séance du 4ème round des pourparlers d’Arusha, en Tanzanie.

Interdit d’accès à la salle, nous patientons dehors dans l’espoir d’ intercepter les participants au sortir de la séance et recueillir leurs réactions.

La première personne à sortir de la salle est le facilitateur lui-même. Très vite, il monte dans une grosse jeep aux vitres teintées, entourées de ses gardes du corps. Exit donc Mkapa.

Les protagonistes sortent de la salle. Ils sont affables, prêts à réagir devant les micros des reporters présents. Mais soudain, des policiers en t civils nous accostent, calmes, froids, déterminés. « Cette séance est privée, vous êtes interdits d’accès. La facilitation nous a dit que vous devez partir. »

Les journalistes nous résistons. Nous voulons recueillir les réactions, c’est notre travail, c’est pourquoi nous sommes là.

L’ombudsman burundais, le représentant du gouvernement, les politiques présents veulent s’exprimer.

Les policiers tanzaniens sont intraitables. « Respectez la loi, nous avons l’ ordre de ne pas vous permettre de leur parler. »

Les journalistes, nous insistons. Le ton monte : « Partez maintenant. Sortez d’ici! » Les Tanzaniens ne rigolent pas. Le temps de rassembler le matériel et nous vidons les lieux en catastrophe .

Un collègue cameraman est resté un peu derrière les autres pour remballer ses affaires . Nous entendons un policier dire à son camarade : « Va chercher celui qui est resté et s’il tergiverse, on l’embarque. »

Par chance, le cameraman arrive à nous rattraper et nous partons en courant. Après quelques mètres, deux voitures s’arrêtent. Les conducteurs se proposent de nous prendre en stop. Nous reconnaissons les policiers. On a compris qu’ils veulent vraiment nous voir partir. Nous montons dans le véhicule. Sans un mot.Nous regagnons nos hôtels respectifs. C’est la fin.

Plus tard, nous apprendrons que la fin des pourparlers, selon les propres mots d’un participant, a été un véritable « cirque. »

La veille, Benjamin Mkapa avait indiqué que les représentants de chaque groupe auraient 5 minutes pour émettre des observations sur le document leur soumis. Il a trouvé une salle agitée, certains voulant prendre la parole sans être représentants des 4 groupes constitués durant la session. Une cacophonie sans pareille s’était installée. C’était « honteux » a raconté un autre participant. Finalement, Benjamin Mkapa a décidé de couper court à tout ça. La suite on la connaît.