Léonce Ngendakumana : «La contribution a un caractère obligatoire»
Pour Léonce Ngendakumana, vice-président du parti Sahwanya Frodebu, c’est la confirmation d’un impôt forcé. Selon lui, elle revêt un caractère obligatoire. Et ce, souligne-t-il, bien que le ministre soutienne que la contribution est volontaire.
Il rappelle que le salaire est un acquis. Il appartient seul au salarié d’en disposer à sa guise : «Ce n’est pas normal de décider sur le salaire d’un fonctionnaire sans discuter avec lui sur ses charges».
Cet ancien président de l’Assemblée nationale évoque l’indifférence des autorités à la misère des Burundais : «Ils ont déjà du mal à nourrir leurs familles ou à envoyer leurs enfants à l’école». D’après lui, au lieu d’exiger de son peuple une contribution, l’Etat devrait l’aider pour sa survie.
M. Ngendakumana rappelle que le gouvernement prévoit un budget destiné aux élections. Et de s’interroger ce que les autorités compteraient faire si ces cotisations ne suffisaient pas ?
Il prédit l’opacité dans la gestion de ces cotisations : «Elles visent le financement du parti au pouvoir». Car, insiste-t-il, les fonds pour la préparation des élections doivent figurer normalement dans le budget.
Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome), appelle la population à ne pas donner cette contribution : « Celle-ci est un vol organisé de l’Etat envers la population».
En outre, le président de l’Olucome évoque une réglementation anticonstitutionnelle. Il soutient qu’elle n’est pas du domaine de la loi.
M. Rufyiri exhorte le gouvernement à prévoir cette rubrique de financement des élections de 2020 dans les lois budgétaires exercices 2018 et 2019.
Pour rappel, le ministre de l’Intérieur, conjointement avec celui des Finances, a sorti le 11 décembre une ordonnance sur les modalités de collecte de la contribution aux élection