
Lors d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique à Istanbul mercredi, le président turc et plusieurs autres dirigeants du monde arabe s’en sont ouvertement pris à Donald Trump.
Correspondante à Istanbul
Recep Tayyip Erdogan a immédiatement donné le ton, ce mercredi, au début du sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique. «J’invite les pays qui défendent le droit international et la justice à reconnaître Jérusalem occupée comme capitale de la Palestine», a déclaré le chef de l’État turc dès l’ouverture, à Istanbul, de cette réunion des dirigeants du monde musulman, en réaction aux déclarations de Donald Trump sur la Ville sainte.
Mercredi dernier, le président américain avait annoncé qu’il reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël, provoquant aussitôt une vague de contestation dans le monde arabo-musulman. Sur 57 représentants des pays membres de l’OCI, une quarantaine a répondu à l’invitation du président turc. Parmi eux, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le roi de Jordanie, Abdallah II, les présidents iranien Hassan Rohani et libanais, Michel Aoun. L’Égypte et les Émirats arabes unis, dont les relations avec la Turquie sont au point mort, se sont contentés de dépêcher leurs ministres des Affaires étrangères. L’Arabie saoudite, elle, est représentée par le ministre des Affaires islamiques.
Pour Abbas, les États-Unis n’ont «plus de rôle à jouer» dans le processus de paix
Face à ses invités, Erdogan a assuré qu’il ne «renoncera jamais» à exiger une «Palestine souveraine et indépendante». Lors de son allocution, il s’en est pris ouvertement à son homologue américain. «Israël a été récompensé pour toutes les activités terroristes qu’il mène. C’est Trump qui a offert cette récompense», s’est-il emporté.
Lors de ce sommet, verrouillé par un dispositif de surveillance renforcé, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a pour sa part accusé le président américain d’avoir «offert Jérusalem en cadeau au mouvement sioniste». Selon lui, les États-Unis n’ont «plus de rôle à jouer» dans le processus de paix.
Pour les leaders arabes, Washington «encourage Israël, la force occupante, à poursuivre la colonisation, l’apartheid et le nettoyage ethnique dans les territoires palestiniens occupés en 1967». Lors d’une déclaration commune, ils ont proclamé «Jérusalem-Est capitale de l’État de Palestine» et appelé «les autres pays à reconnaître l’État de Palestine et Jérusalem-Est comme sa capitale occupée». À leurs yeux, la décision de Donald Trump est «irresponsable, illégale (…) nulle et non avenue». Avant de déclarer qu’il s’agissait d’«un sabotage délibéré de tous les efforts visant à parvenir à la paix». D’après eux, c’est un acte qui «nourrit l’extrémisme et le terrorisme et menace la paix et la sécurité mondiales». Dans la soirée,le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit qu’il n’était «pas impressionné» par les déclarations des pays musulmans.