Plus de 75% de la jeunesse burundaise ne se réclament d’aucun parti politique», tel est le constat de l’étude menée conjointement par le Centre d’alerte et de prévention des conflits (Cenap) avec Interpeace.
Des jeunes membres du parti Cndd-fdd lors d’une manifestation
C’est jeudi 21 décembre 2017 que Serges Ntakarutimana, chercheur du Cenap-Burundi, a fait une restitution des résultats d’une enquête sur les aspirations des jeunes pour le Burundi de demain.
Selon lui, l’enquête concernait les jeunes dont l’âge se situe entre 15 et 29 ans. «L’enquête montre que plus de 77% des filles et plus de 74% de garçons ne sont pas membres des partis politiques».
Raisons avancées : Ils trouveraient un désintérêt d’intégrer ces formations qui « abusent de leur comportement et ne les associent pas dans la prise de décision».
D’après cette étude, plus de 70% de la jeunesse ne veulent pas entrer dans les partis y compris dans l’avenir. Ces jeunes trouvent que les politiques ne font que s’entredéchirer. C’est ainsi que, comme le consacre l’enquête, ils se disent indignés et déçus par le multipartisme.
Ces jeunes sont pour une réduction des partis. L’étude montre plus de 26% qui plaident pour la diminution jusqu’à deux partis politiques. Plus de 33% de la jeunesse burundaise tolèrent un maximum de 5 formations politiques tandis que 19% souhaitent le retour au monopartisme.
D’après l’étude du Cenap, il s’observe une disparité de pourcentage en genre et selon la résidence en ville ou dans la campagne. Ainsi, parmi plus de 22% de femmes et plus de 25% des garçons qui attestent être membres des partis politiques, les campagnards représentent plus de 27%. Les jeunes citadins n’en font que 17%.
Dans tous les cas, l’effectif des non-instruits prime sur celui des scolarisés. Par cette enquête, 4,3% uniquement de cette minorité de jeunes membres des partis politiques sont satisfaits des idéologies des partis politiques. Tous les jeunes interviewés sont unanimes : «Il faut que des partis luttent pour l’intérêt commun de la Nation».
