Pierre Nkurunziza : «Qu’ils sachent que c’est une ligne rouge à ne pas franchir.»
«Nous profitons de cette occasion pour mettre en garde ceux qui seront tentés de faire obstacle ou faire échouer cette activité en actes ou en paroles. Qu’ils sachent que c’est une ligne rouge à ne pas franchir», a indiqué Pierre Nkurunziza, le 12 décembre à Bugendana en province Gitega lors du lancement de la campagne référendaire. Il a ensuite appelé les autorités à la base jusqu’ au sommet d’être vigilantes et être prêtes à traduire devant la justice ces personnes.
Trois jours plus tard, Térence Ntahiraja, assistant du ministre de l’Intérieur, remet une couche. «Au niveau du gouvernement, nous demandons à tout le monde de voter «Oui ».» Malheur, ajoute-il, à celui qui sera attrapé en train de faire la contre-propagande du projet du gouvernement. «Ce n’est pas une campagne électorale, c’est un référendum. Même les partis politiques sont invités à demander à leurs membres de voter «Oui». Mais le jour de voter, c’est le choix de chacun.» Dans la foulée, on signale l’arrestation de 5 militants pro-Agathon Rwasa en commune Gisuru de la province Ruyigi. Ils sont accusés de tenir une réunion clandestine en vue de sensibiliser la population à voter « Non » au référendum constitutionnel.
«Il n’y a pas une raison d’être tendu»
Alors que les opposants politiques et quelques activistes des droits humains montaient aux créneaux, le secrétaire général du parti Cndd-Fdd, Evariste Ndayishimiye, tente de rassurer lors d’un café de presse de ce mardi 19 décembre 2017. «Après la campagne d’explication du gouvernement, ça sera le tour des partis politiques, d’après les explications de la CENI, de faire la campagne pour le Oui ou pour le Non. Il y a pas une raison d’être tendu en disant qu’il n’y aura pas de démocratie dans ce processus.» Il exhorte tous les Burundais en général et les hommes politiques en particulier de suivre cette campagne et de donner des suggestions sur ce qui peut être changé dans ce projet de constitution. «La révision de la Constitution est une action louable. Elle vient des recommandations issues du dialogue inter-burundais.» D’après lui, la Constitution doit changer car les temps sont révolus.
Evariste Ndayishimiye : «La révision de la Constitution est une action louable.»
Du coup, il réfute les accusations d’un agenda caché. «Les gens pensent que c’est un agenda caché du parti Cndd-Fdd pour se maintenir au pouvoir» D’après lui, c’est le peuple qui décide sur ce que peut devenir le Cndd-Fdd. Si le Cndd-Fdd a des idées, des principes, des programmes qui avantagent le peuple burundais, poursuit-il, sans doute que les citoyens vont le maintenir au pouvoir.
Et de s’interroger : «Peut-être que vous parlez de se maintenir au pouvoir dans le cadre des individus ?» Evariste Ndayishimiye trouve cela subjectif. D’après lui, il y a des présidents dans le monde qui n’ont pas de mandats limités. Et de donner l’exemple de l’Allemagne. «Ça ne cause pas de problèmes car c’est le peuple qui a décidé. Il a vu qu’il faut laisser quelqu’un capable de relever la société.» Pour le secrétaire général du Cndd-Fdd, l’essentiel est de mettre en place une Constitution capable d’assurer la stabilité du pays, la sécurité et le bien-être des citoyens. «C’est ainsi que le gouvernement l’a compris en organisant cette campagne.» Il assure qu’il va inciter les militants de sa formation politique à voter Oui car il trouve la révision de la Constitution logique.
Concernant les Burundais en exil, Evariste Ndayishimiye n’y va pas par le dos de cuillère : «La société doit évoluer quelles que soient les conditions. Les autres vont rejoindre la machine en marché.» Selon lui, le Burundi a toujours traversé des crises depuis 65 et des référendums ont toujours été organisés. «Sachez que certains qui sont à l’extérieur du pays ont une double nationalité. Je ne vois pas alors quelqu’un de nationalité belge freiner le referendum.»
