Une « large frange » des jeunes burundais entre 15 et 29 ans « ne veulent plus appartenir à un parti politique et ne sont nullement intéressés par la chose politique », selon une enquête publiée dimanche par Centre National d’Alerte et de Prévention des Conflits(CENAP).
La vice-présidente du CENAP, Mme Libérate Nakimana, a précisé dimanche à BujumburaLe que le CENAP a abouti à ce résultat au cours d’une enquête menée sur un échantillon de 400 000 jeunes burundais dans les 18 provinces du pays avec un thème central ainsi libellé: « les aspirations de la jeunesse burundaise ».
« Fustigeant les fréquentes divergences au sein des formations politiques aux dépens de la cohésion nationale, 81,4% des jeunes interrogés ne veulent pas s’engager en politique via l’appartenance à un parti politique quelconque, alors que 90% d’entre eux expriment un vif désir de rester très éloignés des ennuis à caractère politique », a-t-elle expliqué lors d’un atelier dédié à la présentation des résultats de cette enquête.
En réaction à un tel état d’esprit au sein de la jeunesse burundaise, le vice-président du Front pour la Démocratie au Burundi(FRODEBU; parti d’opposition), Léonce Ngendakumana, a fait remarquer que ces aspirations de la jeunesse burundaise, « sont fondées ».
Les résultats de l’enquête reflètent une « réalité vécue » au Burundi, car, selon lui, rares sont des politiciens burundais mettant en avant les intérêts vitaux du pays en général et de la jeunesse en particulier, une situation qui provoque ainsi un « ras-le-bol » dans les milieux de la jeunesse burundaise.
Pour sa part, le secrétaire permanent au ministère burundais de l’Intérieur et de la Formation Patriotique, Déogratias Ruberintwari, a déclaré que le gouvernement burundais a « bien capté les préoccupations majeurs » de la jeunesse burundaise.
Pour remédier à cette situation, a-t-il promis, le gouvernement burundais va s’appuyer sur les résultats de cette enquête, pour apprêter un module de sensibilisation à l’intention des jeunes burundais avec comme programme-phare la mise en place d’une campagne de formation patriotique, destinée à inciter la jeunesse burundaise burundaise incarnant le « Burundi de demain » , à adhérer aux formations politiques « avec un élan d’enthousiasme ». Actuellement, le Burundi abrite une population de près de 11 millions d’habitants dont les 2/3 sont des jeunes âgés de moins de 25 ans.
