Le trafic des êtres humains (TEH) risque de « prendre de l’ampleur » en 2018, si rien n’est fait pour prévenir la matérialisation d’un tel scénario, a alerté Prime Mbarubukeye, chef d’une ONG burundaise, mardi.
Au cours d’une conférence de presse à Bujumbura, M. Mbarubukeye, président de l’Observatoire de lutte contre la criminalité transfrontalière (ONLCT), a indiqué que depuis 2015 à ce jour, le TEH continuait à afficher une courbe ascendante, avec comme victimes potentielles des jeunes filles évoluant dans la tranche d’âge de 15 à 35 ans.
Il a précisé que ces trois dernières années, le nombre des victimes du TEH au Burundi a augmenté à 3.014 personnes.
« Avec l’année 2018, nous craignons une augmentation de 20% des Burundais qui risquent d’être trafiqués, si rien n’est fait à titre anticipatif pour empêcher la réalisation d’un tel scénario », a ajouté M. Mbarubukeye.
Il a laissé entendre que la grosse majorité des jeunes filles burundaises trafiquées étaient souvent acheminées « dans des pays arabes comme Oman, l’Arabie saoudite et le Qatar ».
Ces jeunes filles victimes du TEH « tombent dans le piège tendu par les réseaux des trafiquants », sur base d’une somme minime inférieure à 500 dollars, a affirmé M. Mbarubukeye.
Il a plaidé pour l’organisation d’un recensement des Burundaises trafiquées à ce jour, afin de préparer les « stratégies adéquates » pour leur rapatriement. Selon l’Organisation des Nations Unies, le TEH représenterait actuellement un « immense marché d’environ 32 milliards USD » par an à travers le monde.