La théocratie est mot utilisé à tort et à travers, explication.

Une théocratie est un gouvernement où le titulaire de la souveraineté est divin. Le terme théocratie est inventé par Flavius Josèphe, désignant dans son acceptation première l’idée que Dieu gouverne, afin de justifier un désintérêt des croyants pour la politique.

Etymologie : du grec theos, dieu et kratos, pouvoir, autorité

La théocratie est la forme de gouvernement dans laquelle l’autorité est d’essence divine. La « Volonté divine » confère la légitimité politique à son représentant sur Terre (caste sacerdotale ou souverain régnant au nom de Dieu) qui exerce son pouvoir aussi bien dans le domaine religieux que dans le domaine temporel (ce qui concerne les choses matérielles par opposition au domaine spirituel). Par extension la théocratie désigne les régimes politiques qui dépendent du pouvoir spirituel religieux.

La théocratie s’oppose au césaropapisme dans lequel c’est le pouvoir temporel (césar) qui cherche à exercer son autorité sur les affaires religieuses (pape).

Exemples de théocratie :

• L’Egypte des Pharaons qui étaient considérés sur Terre comme des dieux vivants.

• L’Eglise catholique romaine a tenté d’instaurer une théocratie pontificale après la réforme grégorienne du XIe siècle qui a fait du pape le représentant de Dieu sur terre.

• Le gouvernement des mormons (théocratie souverainiste) dans l’Utah au XIXe.

• La République Islamique d’Iran (théocratie sacerdotale sous l’autorité des Ayatollahs).

Remarque : Le Vatican n’est pas considéré comme une théocratie mais comme une hiérocratie car il s’agit un gouvernement des prêtres et des religieux et non d’un peuple.

La théocratie est sans aucun doute la forme de gouvernement la plus redoutable de toutes ( monarchie, oligarchie et démocratie ) parce qu’elle est polymorphe et dogmatique. En dehors des régimes politiques dont le pouvoir est fondé explicitement sur une doctrine religieuse, à aucun moment les dogmes théistes n’ont été éradiqués, et ils ne le seront probablement jamais, car ils possèdent la capacité de se rendre incolore inodore et sans saveur. On ne sait plus qu’ils sont là, tapis dans l’ombre, véritable vampire au service du pouvoir occulte :

Que l’on ne s’y trompe pas, le dogme théocratique n’est pas uniquement présent dans les gouvernements typiquement religieux où il est monstrueusement visible. On en retrouve l’ADN dissimulé dans toutes les formes de pouvoir, y compris dans les républiques qui se définissent laïques. Toutes, sans exception, ont hérité des valeurs transmises pendant des siècles par les « fonctionnaires de Dieu » au service des monarchies, puis des oligarchies, considérées à tord aujourd’hui comme le modèle de la démocratie.

Le dogme théocratique a ceci de particulier qu’il s’apparente au symbiote, en référence aux personnages de fiction des Marvel Comics et autre Spider-Man : il s’accroche sur l’une des trois formes de gouvernements décrites par Aristote. Tel Venom, le symbiote du dogme théocratique ne peut survivre que dans une relation en symbiose avec son hôte. Ici, hors le pouvoir religieux pur et dur, le symbiote dispose de trois hôtes : la monarchie, l’oligarchie, et la démocratie. Car même cette dernière n’est pas épargnée par les fantômes des dieux, sorte de « surmoi collectif « 

Une fois le symbiote accroché à lui, l’hôte voit toutes ses facultés décuplées (force, puissance, enrichissement personnel, manipulation, etc.), et développe un don de régénération, le symbiote partageant ses hormones avec lui. Dans certains cas, le symbiote développe aussi des facultés propres qu’il confère à son porteur (le symbiote de Venom permettait par exemple de projeter de la toile d’araignée à volonté). Mais, en contrepartie, le symbiote se nourrit de ses endorphines et de son adrénaline, augmentant constamment son agressivité, et le rendant de plus en plus sauvage. Très souvent, l’hôte d’un symbiote commet des horreurs qu’il n’aurait jamais osé commettre en temps normal, sans en être horrifié, même lorsque très exceptionnellement il s’en rend compte. Peu à peu, le symbiote prend ensuite le dessus sur la personnalité de son hôte :

Le pouvoir corrompt inévitablement le libre usage de la raison (Kant)

Le pouvoir rend fou (Platon)

L’État n’est pas l’incarnation d’un quelconque intérêt général, c’est un monstre froid au service d’intérêts égoïstes (Nietzsche).