Contre la cotisation aux élections de 2020

36 syndicats et le groupe parlementaire de la coalition Amizero y’abarundi ont émis des protestations contre le retrait à la source de la cotisation aux élections de 2020. Un forcing.

Des voix s’élèvent pour contester l’ordonnance conjointe des ministres de l’Intérieur et des Finances instituant les modalités de la contribution aux élections de 2020. La récente protestation connue du public : celle des 25 de la Coalition Amizero y’Abarundi.

En gros, ils s’opposent à tout retrait à la source et évoque une ordonnance inconstitutionnelle. Pour eux, il est hors de question de cautionner un processus qu’ils jugent pas du tout crédible et inopportun. Le budget électoral n’a pas été établi. Ce qui suscite un questionnement sur les barèmes de contributions qui ne se basent sur aucune logique. D’où l’incertitude par rapport à l’efficacité de la collecte.

Par ailleurs, la confédération des syndicats du Burundi, Cosybu ainsi que la confédération des syndicats libres du Burundi CSB étaient déjà sorties du silence la semaine dernière. Dans une correspondance adressée aux ministres de l’Intérieur et des Finances, elles demandent l’ouverture d’un dialogue. En attendant les conclusions de ce dernier, ces confédérations demandent de surseoir à toute retenue sur salaire relative à cette cotisation.

Grogne des fonctionnaires

Nous sommes à la veille du début de retrait à la source sur les paies des fonctionnaires de l’Etat prévu avec le salaire du mois de janvier 2018. Et plusieurs craignent déjà ce qui les attend. Comme Balthazar, 47 ans.

Il est censé toucher plus de 5oo mille.  Mais voilà. Il a souscrit à deux crédits et ne touche aujourd’hui que 117 mille. « L’ordonnance exige que je donne 30 mille francs par mois. Donc il va me rester 87 mille, »

déplore Balthazar. L’autre, Nadine, ne décolère pas. Veuve, elle fait partie du personnel soignant. Son ministère de tutelle prévoit en plus des cotisations individuelles, une cotisation au nom du ministère de la Santé. Elle fait donc face à une espèce de double contribution. « Je fais quoi moi avec toutes les autres dépenses de ma maison, j’arrête de nourrir mes enfants au nom des élections de 2020 ? »

Le ministre de l’Intérieur, Pascal Barandagiye a indiqué vouloir dialoguer avec les syndicalistes. « Mais qu’ils ne prétendent pas faire une entorse au processus de contribution. » Il parle de promotion de la démocratie et d’un processus habituel qui s’est fait par le passé. Il invite néanmoins ceux qui voudraient se dérober à ce devoir citoyen de le signaler par écrit.