Rwanda: La gouvernance de Paul Kagamé à l’épreuve de l’Union africaine

Nommé à la tête de l’institution pour un an, le président rwandais doit relever le défi de sa réforme. Mais ses méthodes ne font pas l’unanimité.

D’un pas assuré, le président de la République rwandais, Paul Kagamé, avance dans les couloirs du siège de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba. En cette matinée de dimanche 28 janvier, les chefs d’Etat africains s’enferment dans une salle pour une longue réunion à huis clos. A la tribune de la salle plénière, éclaboussée de soleil peu avant 15 heures, le président sortant de l’UA, le Guinéen Alpha Condé, salue son successeur, M. Kagamé, à qui est « confié le processus de la réforme institutionnelle de [l’]Union ».

L’ancien chef rebelle qui, dans les collines et sur les hauts plateaux du Rwanda, se disait dépourvu d’ambition politique, a fini par ne plus lâcher ce pouvoir conquis par les armes. Avec froideur, discipline et, parfois, brutalité, le chef d’Etat de 60 ans a su bouleverser l’équilibre de l’Afrique centrale, déstabiliser le géant congolais, et développer son pays de douze millions d’habitants à l’influence grandissante au sein de l’UA.