Y a-t-il eu des abus dans la surveillance de la campagne de Trump ? La police fédérale américaine ne souhaite pas la diffusion d’un rapport confidentiel.
La Commission du renseignement de la Chambre des représentants, présidée par le républicain Devin Nunes, a approuvé lundi soir la divulgation d’un document de quatre pages, malgré l’opposition du ministère de la Justice et du FBI qui affirment que ce rapport contiendrait des informations sensibles sur les opérations américaines de contre-espionnage. « Comme nous l’avons exprimé lors de notre premier examen, nous sommes très inquiets concernant des omissions matérielles de faits qui affectent de manière fondamentale l’exactitude du rapport », a affirmé dans un communiqué le Bureau fédéral, qui souligne avoir eu « un accès limité » au document.
Un moyen de faire démissionner le procureur spécial Robert Mueller ?
La Maison-Blanche étudie actuellement le contenu du rapport avant de décider s’il doit rester secret, mais le secrétaire général de la présidence, John Kelly, a affirmé mercredi à Fox News qu’« il sera publié très rapidement […] et tout le monde pourra le voir ». Selon Mark Meadows, un républicain radical, il révélerait « des abus de surveillance de la part du gouvernement » dans l’enquête des agences de renseignements qui avaient conclu à une ingérence de Moscou pendant la campagne électorale.
Pour les démocrates, qui ont voté contre sa publication et rédigé un document soulignant ses incohérences, le rapport est un moyen détourné de discréditer une autre enquête, beaucoup plus embarrassantes pour le président, ouverte en mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion entre le Kremlin et l’équipe Trump pour influencer la campagne. Le but des républicains serait d’obtenir le départ de Robert Mueller.
Le document, selon les médias qui citent des élus ayant pu le lire, suggère que le ministère et le FBI ont commis des abus de pouvoir pour obtenir l’autorisation, au nom de la sécurité nationale, de surveiller les communications de Carter Page. Ce conseiller diplomatique de l’équipe de Donald Trump était soupçonné d’espionnage en raison de ses contacts réguliers avec des responsables russes. La commission vise notamment le ministre-adjoint, Rod Rosenstein, qui a obtenu la prolongation de cette autorisation après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Rod Rosenstein avait nommé Robert Mueller et il est le seul à pouvoir limoger le procureur spécial.
Le rapport affirme notamment que la surveillance se basait sur l’enquête controversée d’un ex-espion britannique, Christopher Steele, sur les liens entre Donald Trump et la Russie. Pour les républicains, ce dossier est partial car financé par les démocrates qui étaient alors encore au pouvoir.
Enfin, le document contiendrait des preuves que le ministère a cherché à discréditer Donald Trump, qui a dénoncé un FBI à la réputation « en lambeaux » à cause des supposées sympathies démocrates de certains agents. Le président a limogé son patron James Comey en mai 2017, alors qu’il dirigeait l’enquête russe, et son numéro 2, Andrew McCabe, a quitté ses fonctions mardi, à quelques mois de la retraite.