Syrie: 400 civils tués en cinq jours dans la Ghouta, un espoir d’accord de cessez-le-feu vendredi

Selon l’observatoire syrien des droits de l’Homme, plus de 400 civils ont été tués dans les bombardements qui sévissent dans la Ghouta orientale, dernier fief rebelle. Malgré la demande de trêve réclamée par l’ONU aucun accord a été trouvé, selon Moscou.

Plus de 400 civils ont été tués en cinq jours de frappes aériennes et de tirs d’artillerie menés par le régime syrien et son allié russe contre la Ghouta orientale, enclave rebelle assiégée à l’est de Damas, a annoncé ce jeudi une ONG.

« Cinq jours de frappes aériennes et de tirs d’artillerie intenses ont tué 416 morts, dont 150 enfants », a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Des civils et des hôpitaux touchés

« Le régime prétend viser des groupes armés mais en vérité il ne vise que les civils ! », s’est insurgé Ahmed Abdelghani, médecin dans les hôpitaux bombardés de Hammouriyé et Arbine. « C’est un hôpital civil, pourquoi le régime nous vise-t-il ? » Ces trois derniers jours, 13 hôpitaux de la Ghouta orientale où intervient l’ONG Médecins sans frontières ont été touchés, selon l’organisation.

Dans la localité de Hammouriyé, un autre correspondant de l’AFP a vu des habitants se presser devant un magasin pour acheter de la nourriture avant de prendre la fuite quand des obus ont explosé à proximité.

Dans la seule journée de jeudi, au moins 59 civils sont morts dans des raids aériens et des tirs de roquettes visant plusieurs localités, notamment Douma, la grande ville de la Ghouta, où 37 personnes ont péri, selon l’OSDH. L’Observatoire a affirmé que l’aviation de la Russie, alliée du régime, avait participé aux raids.

Dernier fief rebelle

Le régime mène depuis dimanche une campagne de bombardements dévastateurs sur ce secteur qu’il assiège depuis 2013 et qui est le dernier fief rebelle aux portes de la capitale syrienne.

Selon un journal proche du régime de Bachar al-Assad, cette nouvelle campagne de bombardements sur la Ghouta orientale est le prélude à une offensive terrestre des forces progouvernementales.

Le bilan s’est alourdi jeudi à cause de nouvelles frappes et de la découverte sous des décombres de corps de civils tués la veille, a précisé M. Rahmane.

Aucun de cessez-le-feu trouvé

L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a annoncé ce jeudi qu’il n’y avait « pas d’accord » entre les 15 membres du Conseil de sécurité pour imposer un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie, négocié depuis plus deux semaines.

Le diplomate, lors d’une réunion convoquée par Moscou, a dénoncé « les discours catastrophiques » déjà utilisés pour Alep fin 2016. Les États-Unis et la France se sont élevés contre la position russe, en critiquant notamment « les attaques contre les hôpitaux » et une « situation insoutenable ».

L’ambassadeur suédois Olof Skoog, a dit espérer une mise au vote vendredi du projet de résolution sur un cessez-le-feu, rédigé par son pays et le Koweït. Moscou, grand allié de Damas, utilise régulièrement son droit de veto pour protéger le régime syrien à l’ONU.