Malgré la trêve réclamée par l’ONU, au moins 17 civils ont été tués, ce lundi 26 février, en Ghouta orientale dans des raids aériens et des tirs de roquettes du régime, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Le chef de l’ONU a exigé que la trêve de 30 jours décidée samedi par le Conseil de sécurité soit « immédiatement appliquée ». Une réaction appuyée par Emmanuel Macron, qui a échangé par téléphone avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
La grande ville de Douma, dans la région syrienne de la Ghouta orientale, a été frappée des raids aériens et des tirs de roquettes du régime au cours des dernières heures. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) fait état de la mort d’au moins 17 civils, ce lundi 26 février. Parmi les victimes figurent neuf membres d’une même famille, dont trois enfants : ils ont péri sous les décombres de leur maison, touchée par des frappes nocturnes.
Une annonce qui intervient alors que l’ONU a réclamé une trêve. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté ce samedi à l’unanimité une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d’un mois « pour une pause humanitaire durable ». L’objectif est « de permettre la livraison régulière d’aide humanitaire, de services et l’évacuation médicale des malades et blessés les plus graves ».
« Il est temps de mettre un terme à cet enfer sur terre »
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exigé ce lundi que cette résolution soit « immédiatement appliquée ». « Les résolutions du Conseil de sécurité n’ont un sens que si elles sont effectivement respectées. Les Nations unies sont prêtes à faire ce qu’elles doivent », a-t-il souligné. « Il est temps de mettre un terme à cet enfer sur terre », a-t-il ajouté. « Les efforts de lutte contre le terrorisme n’ont jamais la primauté », a-t-il estimé, alors que l’Iran, grand allié du régime syrien, a affirmé dimanche que l’offensive contre des groupes « terroristes » allait se poursuivre dans la Ghouta.
Antonio Guterres a été appuyé par la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini. « Cette trêve doit être immédiatement mise en œuvre », a-t-elle au début d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE, ce lundi. La résolution du Conseil de Sécurité, soutenue par la Russie, était une « première étape » nécessaire et encourageante, mais « la situation sur le terrain se détériore de façon dramatique, en particulier du point de vue humanitaire », a-t-elle déclaré.
La France a également réagi en exprimant ses « vives préoccupations » face à « la poursuite des attaques contre les civils et les hôpitaux dans la Ghouta orientale par le régime » syrien. Au cours d’une discussion téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, Emmanuel Macron a insisté sur « l’impératif absolu que la cessation des hostilités […] soit immédiatement et pleinement respectée ». Il a aussi « souligné que la trêve humanitaire s’appliquait à l’ensemble du territoire syrien, y compris à Afrine », la région du nord du pays où la Turquie mène une offensive contre les Kurdes.
Poutine pour une trêve « de 9 h à 14 h »
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a ordonné l’instauration à partir de mardi d’une « trêve humanitaire » quotidienne en Ghouta, a indiqué, ce lundi, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. « Sur ordre du président russe et dans le but d’éviter les pertes parmi les civils de la Ghouta orientale, une trêve humanitaire quotidienne sera instaurée à partir du 27 février de 9 h à 14 h », précise le communiqué. Selon Sergueï Choïgou, des « couloirs humanitaires » seront mis en place pour permettre l’évacuation des civils. « Leurs coordonnées sont prêtes et seront rendues publiques bientôt », a-t-il ajouté.
Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés depuis.