Le référendum constitutionnel pour le 17 mai, l’opposition s’indigne

C’est officiel de ce ’’rendez polémique’’ a été annoncée ce dimanche 18 mars dans un décret signé par le chef de l’État et co-signé par son premier vice-président. L’opposition crie à l’imposture.

«Tous les Burundais remplissant les conditions requises, résidant au pays ou à l’étranger sont appelés à participer à ce référendum », lit-on dans ce décret décrié par le Cnared, la plateforme de l’opposition burundaise en exil.

Selon ce décret, «le Projet de Constitution soumis au référendum sera adopté si la majorité absolue des suffrages exprimés, soit cinquante pour cent plus une voix (50% + 1), l’approuve».

Pour le porte-parole du Cnared, il s’agit là de «l’enfer du diktat d’un seul.» Sur son compte Twitter, Pancrace Cimpaye, parle de «tentative de s’arroger le droit illégal de fixer le pourcentage d’adoption de la nouvelle Constitution, une prérogative dévolue exclusivement au parlement».

Le coup d’envoi pour la campagne sera donné après l’enregistrement auprès de la Commission électorale nationale indépendante. «Les partis politiques, les coalitions des partis politiques ainsi que les indépendants remplissant les conditions fixées par la loi qui souhaitent participer à la campagne électorale sont appelés à se faire enregistrer à la Ceni du 23 mars au 6 avril».

Les dés semblent jetés. Côté opposition, l’heure est au blâme, aux regrets, aux indignations et aux condamnations : «Adieu l’Accord d’Arusha! Adieu le dialogue inter-burundais initié par l’EAC! Adieu la démocratie consensuelle! Adieu la Constitution consociative !», s’est contenté de tweeté Pancrace Cimpaye, porte-parole du Cnared.

Signalons que les délégués des partis politiques d’opposition, quelques activistes de la société civile à l’exception de l’Olucome et des représentants des journalistes en exil, ont lancé dernièrement en Belgique ce qu’ils ont baptisé «Forum citoyen». Objectif : «empêcher la tenue du référendum prévu au mois de mai prochain».