
Mgr Dario Vigano avait présenté une version tronquée d’une lettre de l’ancien pape Benoît XVI, dans laquelle il semblait apporter son soutien public à son successeur.
On ne manipule pas impunément les mots d’un pape, fût-il émérite. Pour avoir enfreint cette évidence, Mgr Dario Vigano, le puissant « ministre » de la communication du Vatican, vient d’être démis de ses fonctions de préfet (chef) du nouveau secrétariat à la communication. Le pape François, qui en avait fait l’un des rouages importants de sa réforme de la curie, a accepté sa démission, non sans « une certaine difficulté », de son propre aveu. Le directeur de la salle de presse du Vatican, Greg Burke, a rendu publique cette décision mercredi 21 mars. Elle vise à dénouer le psychodrame qui tient en haleine depuis dix jours le petit monde des vaticanistes, qui l’ont affublé d’un titre aux relents de scandale : le « Lettergate ».
L’affaire a commencé le 12 mars. Ce jour-là, veille du cinquième anniversaire de l’élection du pape François, Mgr Vigano présente aux quelques journalistes présents à un point de presse une collection de onze volumes éditée par la Librairie éditrice vaticane. Onze théologiens y commentent la pensée du pape François, que certains secteurs conservateurs de l’Eglise, qu’il irrite, accusent de manquer d’épaisseur, par comparaison avec ses deux prédécesseurs immédiats, en particulier Benoît XVI.