Le président des Etats-Unis a promis, lundi, une décision imminente sur la réponse à donner à une attaque chimique présumée, survenue samedi, en Syrie.
Les Etats-Unis ont fait planer lundi 9 avril la menace d’une action militaire imminente en Syrie, pour faire « payer » le président Bachar Al-Assad et ses alliés après des accusations d’attaque chimique dans le pays. Washington vise notamment Moscou qui met en garde en retour contre « de graves conséquences » en cas de frappes occidentales.
Une décision américaine imminente
« C’était atroce », « horrible », a lancé le locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, au sujet de l’attaque présumée de samedi aux « gaz toxiques » contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas. « Nous prendrons des décisions majeures dans les 24 à 48 heures », a-t-il annoncé, avant d’évoquer une décision « probablement d’ici la fin de la journée [de lundi] ».
Son ministre de la défense Jim Mattis n’a pas exclu des frappes contre le régime syrien. En avril 2017, M. Trump avait fait bombarder une base militaire syrienne en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest).
Le régime syrien tenu pour responsable
Dans ce contexte, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, réclamée notamment par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, a été le théâtre d’un face-à-face tendu avec la Russie. Les Américains ont fait circuler un projet de résolution réclamant la création d’un nouveau « mécanisme d’enquête indépendant des Nations unies » sur le recours aux armes chimiques en Syrie.
Mais sans attendre les résultats d’une quelconque investigation, le trio occidental a d’ores et déjà clairement mis en cause le régime de Bachar Al-Assad pour l’attaque de samedi, qui a fait, selon les casques Blancs et l’ONG Syrian American Medical Society, plus de 40 morts en Ghouta orientale. « Il n’existe aucun doute sur les auteurs de cette nouvelle attaque », a ainsi estimé l’ambassadeur français François Delattre.
Après Douma, le régime de Damas a repoussé les accusations d’usage de « gaz toxiques ». L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui s’appuie sur un vaste réseau de sources, n’était pas en mesure de confirmer une attaque chimique.
Moscou durement mis en cause
Londres, Paris et Washington ont également durement mis en cause Moscou, jugeant qu’il n’avait pu ignorer les bombardements de son allié. « Quand le régime militaire syrien pilonne des civils, il le fait avec l’aide de la Russie », a insisté l’ambassadrice des Etats-Unis Nikki Haley.
La Maison Blanche avait auparavant mis en cause la « responsabilité » de la Russie et l’Iran, estimant que le pouvoir syrien ne pouvait mener une attaque chimique « sans leur aide matérielle ». Donald Trump avait déjà averti Damas, Moscou et Téhéran qu’ils pourraient « payer le prix fort », incluant nommément – une fois n’est pas coutume – son homologue russe Vladimir Poutine dans ses avertissements.
« Nous appelons les Occidentaux à renoncer à la rhétorique guerrière », leur a répondu à l’ONU l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia, mettant en garde contre de « graves conséquences » en cas d’action armée occidentale. « Il n’y a pas eu d’attaque chimique » samedi à Douma, a-t-il ajouté, dénonçant une « mise en scène ».
Le diplomate a également rejeté le projet de résolution proposé par les Etats-Unis à l’ONU, arguant que celui-ci contient « des éléments inacceptables » qui rendent les choses « pires ». Interrogé pour savoir si Washington était plus dans une optique diplomatique que militaire, M. Nebenzia a répondu : « Je crains qu’ils ne cherchent davantage l’option militaire qui est très très dangereuse ».
Vladimir Poutine a condamné pour sa part le caractère « inadmissible » des « spéculations » sur cette attaque chimique présumée.
Frappe israélienne contre une base militaire
Dans ce contexte, le spectre d’une riposte militaire a aussi été ravivé lundi après des tirs de missiles contre la base militaire T-4 du régime, dans le centre de la Syrie. Mais c’est Israël qui a été accusé par Damas et ses alliés russe et iranien. Après avoir menacé le régime d’une « réponse forte », Paris et Washington ont démenti être à l’origine de ces raids.