
Notre choix du soir. Riche d’archives inédites et de témoignages, dont celui de l’actuel président du Rwanda, ce documentaire retrace l’épopée du Front patriotique rwandais (sur Arte à 00 h 05).
Ils se faisaient appeler Inkotanyi, ce qui, en kinyarwanda, la langue du Rwanda, signifie « ceux qui se battent avec le plus de courage ». Les combattants du Front patriotique rwandais (FPR), un mouvement politico-militaire né dans des camps de réfugiés d’Ouganda en 1987, ont conservé ce surnom jusqu’à la libération de leur pays et la fin du génocide des Tutsi, pendant lequel un million d’hommes, de femmes et d’enfants ont trouvé la mort entre avril et juillet 1994. Parmi leurs leadeurs se trouvait Paul Kagame qui, en août 2017, a été réélu pour un troisième mandat présidentiel avec un score (98,6 %) qualifié de « dictatorial » par de nombreux observateurs occidentaux.
Dans son film Inkotanyi, le réalisateur français Christophe Cotteret retrace l’histoire du FPR et donc celle du Rwanda contemporain. Le sujet est si douloureux et polémique que l’exercice exige de la prudence et de la mesure. Il y en a dans ce film riche d’archives inédites, qui a nécessité trois ans de travail. « Le FPR a traversé nombre d’événements charnières, pour certains incroyablement difficiles, mais n’en a pas moins maintenu son cap, explique Christophe Cotteret. Dire cela, ce n’est pas faire l’apologie d’un régime. C’est reconnaître une progression politique continue et cohérente, ce qui n’est hélas pas si fréquent en Afrique… »
Des vérités à cacher
Faire le bilan politique du FPR est un exercice d’équilibriste. Si le Rwanda a retrouvé la paix, un développement économique soutenu, et s’il se présente aujourd’hui comme un exemple en matière d’accès à l’éducation et à la santé, il figure aussi sur la liste noire des organisations des droits de l’homme. « Comme n’importe quel pouvoir, le gouvernement de Paul Kagame a ses zones d’ombre et de lumière, et j’évoque très clairement les unes comme les autres, se défend le réalisateur. Ce qui complique l’enquête, c’est que parmi ses détracteurs, on trouve des gens qui n’ont pas intérêt à ce que la vérité des faits soit établie. »