
Pour la quatrième fois depuis le 30 mars, des Gazaouis revendiquent à la frontière leur droit à retourner sur leurs terres. Deux jeunes hommes ont été tués.
Pour le quatrième vendredi d’affilée, des milliers de Gazaouis ont de nouveau convergé vendredi vers la frontière israélienne pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948. Ils dénoncent aussi le blocus qu’Israël impose depuis plus de dix ans pour contenir le mouvement islamiste Hamas qui dirige le territoire. Un adolescent de 15 ans et deux hommes de 24 et 25 ans ont été mortellement atteints par des balles israéliennes dans le nord de l’enclave, ont annoncé les secours gazaouis. Un quatrième Palestinien, âgé de 29 ans, a été tué dans le sud de la bande de Gaza, a-t-on ajouté de même source. Ahmad Nabil Abou Aqeb, 25 ans, a été atteint d’une balle dans la tête à l’est de Jabaliya, dans le nord de l’enclave, ont-elles précisé. Il a été tué à proximité d’un groupe incendiant des pneus près de la frontière avec Israël, ont rapporté des témoins.
Défi
La plupart des Palestiniens sont restés à quelques centaines de mètres de la barrière de sécurité lourdement gardée par l’armée israélienne. Mais, comme les vendredis précédents, une partie d’entre eux se sont détachés pour s’approcher de la frontière et tenter de lancer des projectiles sur les soldats israéliens, risquant ainsi leur vie.
L’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a appelé vendredi une nouvelle fois les Nations unies à ouvrir une « enquête transparente et indépendante » sur les violences le long de la frontière israélienne, qui ont fait quatre morts de plus. « Nous n’acceptons pas que la communauté internationale reste silencieuse », a martelé le diplomate lors d’un point de presse. À son côté, son homologue tunisien, Mohamed Khaled Khiari, a indiqué qu’une nouvelle lettre avait été envoyée ce jour au Conseil de sécurité, au secrétaire général et à l’Assemblée générale de l’ONU pour réclamer cette enquête.
L’usage jugé disproportionné de la force par l’armée avait été critiqué début avril par les instances internationales. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avaient réclamé une « enquête indépendante » sur l’usage par Israël de munitions réelles. Les États-Unis avaient bloqué un projet de déclaration appelant à la retenue après la journée du vendredi 30 mars, qui avait fait 16 morts et quelque 1 400 blessés. Israël avait rejeté toute enquête indépendante.