La participation belge aux frappes aériennes de la coalition internationale contre l’organisation État islamique (EI) a démontré en 2017 « un manque total de transparence et de responsabilité », estime le Centre national de coopération au développement 11.11.11. Celui-ci publie mardi avec d’autres associations un rapport qui évalue la politique belge vis-à-vis de la Syrie. Une politique qui se résume trop souvent à « larguer des bombes et de l’aide humanitaire », affirme l’organisme-coupole.
Le rapport, intitulé « Empty words II » (Des mots vides II), soupèse les efforts belges menés en 2017 dans la mise en œuvre de la stratégie européenne en Syrie. Il fait suite à un premier examen auquel la Belgique avait échoué avec une note de 46/100 l’année précédente.
Un an après, la stratégie belge reste binaire, entre bombes et aide humanitaire. « Non seulement les engagements de la Belgique à œuvrer à une approche globale du conflit sont restés lettre morte, mais l’aide humanitaire belge dans la région a également fortement chuté en 2017 », pointe le CNCD 11.11.11.
« Combien de civils tués par les F-16 belges? »
Le groupe analyse ainsi les contributions concrètes de la Belgique à la lumière des six objectifs de la nouvelle stratégie européenne pour la Syrie, adoptée en avril 2017. Et le résultat n’est pas bon: le pays accuse une baisse de quatre points par rapport à 2016 et obtient un score total de 42/100.
Le rapport dénonce par ailleurs l’opacité que la Belgique entretient autour de son action en Syrie. Il est ainsi impossible de déterminer le nombre de civils tués par les F16 belges. « La Belgique ne veut divulguer aucune information sur le moment des frappes, le lieu et les munitions utilisées. Elle refuse aussi catégoriquement toute collaboration avec les dispositifs de contrôles externes tels que Airwars, alors que d’autres partenaires de la coalition se montrent bien plus transparents sans pour autant compromettre la sécurité de leurs pilotes », soulève l’organisme.
Alors que s’ouvre à Bruxelles la deuxième conférence sur l’avenir de la Syrie et de la région co-présidée par l’Union européenne et les Nations Unies, le consortium appelle le gouvernement fédéral à ne plus approvisionner la région en armes et à allouer plus de moyens à l’aide humanitaire. Elle demande également que la Belgique s’engage à fournir un accueil durable pour les réfugiés dans la région.