La France dénonce les violations des droits de l’Homme au Burundi

La France a condamné, ce lundi 30 avril, « les menaces et intimidations répétées à l’encontre de toute voix discordante » au Burundi après la condamnation à 32 ans de prison d’un militant ayant protesté contre le troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza.

La France a envoyé un message au Burundi ce lundi 30 avril. Elle « déplore les restrictions imposées aux libertés fondamentales au Burundi », a déclaré le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, interrogé sur le sort d’un militant condamné à 32 ans de prison, après avoir protesté contre le troisième mandat controversé du président Pierre Nkurunziza. « Elle condamne les menaces et intimidations répétées à l’encontre de toute voix discordante, de l’opposition politique, des défenseurs des droits de l’homme et des médias indépendants », a-t-il ajouté. Paris « appelle les autorités burundaises à respecter les libertés fondamentales et les droits de l’homme », a-t-il poursuivi.

Des centaines de Burundais condamnés pour « mouvement insurrectionnel »

Le tribunal de grande instance de Bujumbura, la capitale, a condamné, jeudi, Germain Rukuki à 32 ans de prison, l’une des plus lourdes peines jamais prononcées au Burundi, selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Germain Rukuki avait été arrêté le 13 juillet 2017 par le très redouté Service national de renseignement (SNR), et détenu au secret dans ses cachots à Bujumbura pendant plus d’un mois avant d’être transféré à la prison de Ngozi (nord), où il est détenu depuis.

Une source judiciaire a confirmé à l’AFP cette condamnation pour « avoir participé à un mouvement insurrectionnel dans le but de changer le régime constitutionnel, avoir participé à l’assassinat de policiers et militaires à partir du 13 mai 2015 et avoir participé à la dégradation de biens tant publics que privés ». « Mouvement insurrectionnel » est l’expression utilisée par le pouvoir burundais pour désigner les manifestations de 2015 contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, obtenu en juillet de la même année. Des centaines de Burundais ont été condamnés depuis pour ce chef d’accusation.

L’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza en avril 2015 avait plongé le Burundi dans une crise politique qui a fait depuis au moins 1 200 morts et plus de 400 000 déplacés. Un référendum constitutionnel, prévu le 17 mai, doit permettre au président de 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer à partir de 2020 deux mandats de sept ans.