Burundi: La réforme constitutionnelle adoptée avec 73 % des votes

Les Burundais ont voté massivement lors d’un référendum contrôlé de près par le régime sur une vaste révision constitutionnelle. Le pouvoir du président Pierre Nkurunziza est renforcé et il pourra désormais rester en fonction jusqu’en 2034.

Près des trois quarts des électeurs burundais ont approuvé par référendum une nouvelle Constitution qui permettra au président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034.

La commission électorale a annoncé lundi que la réforme constitutionnelle soumise au vote des Burundais jeudi dernier avait été approuvée par 73 % des votants.

Les électeurs étaient appelés à répondre par « oui » ou par « non » à des amendements prévoyant de prolonger de cinq à sept ans le mandat présidentiel et autorisant le chef de l’État en exercice à briguer deux nouveaux mandats à partir de 2020.

Un climat d’intimidation

Lors d’une conférence de presse, le président de la commission électorale Pierre Claver Ndayicariye a indiqué que le taux de participation s’était élevé à 96 %.

L’opposition et les organisations de défense des droits de l’homme estiment quant à elles que le scrutin a été organisé dans un climat de peur et d’intimidation, des accusations balayées par le gouvernement qui affirme que les opérations de vote se sont déroulées de manière libre et juste.

Selon Human Rights Watch, au moins 15 opposants ont été tués ces derniers mois au Burundi par les forces de sécurité et par des partisans du parti présidentiel dans le cadre de la campagne référendaire.

Nkurunziza, président jusqu’en 2034 ?

L’opposition redoute que la modification de la Constitution permette à Pierre Nkurunziza de se situer au-dessus de la loi.

Âgé de 54 ans, Pierre Nkurunziza est un ancien professeur de sport qui a combattu dans les rangs des Forces de défense de la démocratie pendant la guerre civile. Il appartient à la majorité hutue.

Il est arrivé au pouvoir en 2005, à la fin du conflit qui a fait 300 000 morts.