Etats-Unis : fusillade meurtrière dans un journal du Maryland

Cinq personnes sont mortes et plusieurs se trouvent dans un état grave. Un suspect a été appréhendé. Ses motivations ne sont pas connues.

LE MONDE avec AFP et REUTERS

Temps de lecture : 4 min

Une fusillade a éclaté, jeudi 28 juin, dans la salle de rédaction du quotidien Annapolis Capital Gazette à Annapolis, la capitale de l’Etat du Maryland aux Etats-Unis. « Il y a cinq morts à notre connaissance. Il y a d’autres personnes qui sont gravement blessées », a rapporté à la presse Bill Krampf, le chef par intérim de la police locale.

Une personne a été interpellée et est actuellement interrogée. Le suspect serait un homme blanc âgé d’une vingtaine d’années, selon la chaîne de télévision CBS. « Il n’est pas particulièrement coopératif », a déclaré un responsable local, Steve Schuh, à CNN, affirmant qu’il n’avait aucune indication sur ses motivations.

« Rien de plus terrifiant »

Selon le Baltimore Sun, propriétaire du Capital Gazette depuis 2014, la fusillade a commencé à 14 h 40 locales. L’un des journalistes présents au moment des faits en a fait le récit dans une série de messages du Twitter.

« Un tireur a ouvert le feu à mon travail, plusieurs personnes sont mortes », a écrit Phil Davis. « Le tireur a tiré à travers la porte en verre du bureau et a ouvert le feu sur plusieurs employés. »

« Il n’y a rien de plus terrifiant que d’entendre plusieurs personnes se faire tirer dessus alors que vous êtes caché sous votre bureau et que vous entendez le tireur recharger son arme. »

Bâtiment évacué

Un peu plus tôt, l’autorité chargée du contrôle des armes à feu (ATF) avait précisé sur Twitter qu’elle était confrontée à « une fusillade au Capital Gazette à Annapolis »

Auparavant, la police du comté avait confirmé sur le même réseau social la présence d’un « tireur actif », ajoutant : « Le bâtiment a été évacué. Les officiers continuent de fouiller l’immeuble. »

Les chaînes de télévision locales montraient un quartier bouclé par de nombreuses voitures de police dans cette petite ville de la côte Est des Etats-Unis connues pour ses bâtiments historiques.

La Maison Blanche a fait savoir de son côté que le président Donald Trump avait été informé de la situation à Annapolis, comme il est d’usage lors de grosses fusillades : « J’ai été informé de la fusillade au Capital Gazette d’Annapolis, dans le Maryland. Mes pensées et prières accompagnent les victimes et leurs familles. Merci aux premiers secours qui sont actuellement sur place », a tweeté ce dernier.

La porte-parole du président américain Donald Trump a dénoncé une « violente attaque contre des journalistes innocents ». Je « condamne fermement un acte diabolique d’une violence insensée à Annapolis », a écrit, sur Twitter, Sarah Sanders. « Une attaque violente contre des journalistes innocents faisant leur travail est une attaque contre tous les Américains », a-t-elle ajouté.

Harry Logan, le gouverneur du Maryland, a réagi en se disant « totalement dévasté par cette tragédie ».

Le journal va sortir

A quelques centaines de mètres de leur salle de rédaction inaccessible, lieu du dernier massacre en date aux Etats-Unis, trois journalistes du petit Capital Gazette travaillent, debout, à l’ombre d’un parking, sans nouvelles de leurs collègues. « Nous sortirons un journal demain », assure à l’AFP l’un des six reporters du journal, Chase Cook. Son collègue photographe Joshua McKerrow a son ordinateur portable posé sur l’arrière d’un pick-up. Leur « deadline » a été repoussée à 21 h 30.

Chase travaille depuis son smartphone, sur lequel le système rédactionnel du journal est accessible. « Je ne sais pas combien de pages il y aura, mais on est trois à travailler », dit le jeune homme, qui travaille depuis 2013 au Capital, un journal appartenant au grand Baltimore Sun, installé dans la cité voisine. « Je ne sais pas quoi faire d’autre ».

Il ne connaît pas le sort de ses collègues qui se trouvaient, contrairement à lui, à l’intérieur des petits bureaux du journal, fondé en 1727 à Annapolis, la capitale de l’Etat du Maryland. « Tout ce que je sais, c’est qu’il y a cinq morts », répète-t-il.

Seuls 13 journalistes et photographes travaillent au journal, qui se situe au rez-de-chaussée du 888 Bestgate Road, un banal immeuble de trois étages, derrière une porte en verre habituellement fermée. N’importe qui peut aller jusqu’à la porte depuis le parking. Cela n’a apparemment pas stoppé le tireur, qui a brisé la porte en tirant. Selon la police, il visait délibérément le Capital.

Fusillades régulières

Des fusillades qui endeuillent régulièrement les Etats-Unis. Ces derniers mois, ce sont surtout dans des lycées, en Floride ou plus récemment au Texas, que des tireurs ont fait parler les armes.

La multiplication de ces tueries suscite un débat récurrent sur la dissémination des armes à feu dans le pays. Le port d’une arme aux Etats-Unis est un droit garanti par la Constitution.

Il est extrêmement rare que des fusillades de ce type se produisent dans des rédactions de journaux. A New York, un porte-parole de la police a annoncé que des agents avaient été déployés par précaution dans les principaux médias de la ville.

En 2015 cependant, Alison Parker, journaliste d’une chaîne locale de l’Etat de Virginie de 24 ans avait été tuée en compagnie de son cameraman Adam Ward par un homme qui avait fait irruption sur le plateau de son émission en direct.

« Toute attaque armée comme celle-là est atroce, mais quand elle se déroule dans un lieu de journalisme, c’est particulièrement révoltant et cela me renvoie aux souvenirs de ce jour tragique », a déclaré à l’AFP son père Andy Parker.