Grèce: Athènes prise dans une meurtrière ceinture de feux 9 morts et 56 blessés.

Les violents incendies qui ont ravagé lundi les alentours de la capitale grecque ont fait au moins neuf morts et 56 blessés, selon un bilan provisoire des autorités.

Les autorités grecques tentaient dans la nuit de lundi 23 à mardi 24 juillet d’établir le bilan humain des violents incendies qui ont ravagé dans la journée les alentours d’Athènes, un compte macabre provisoirement établi à neuf morts.

Un responsable du service de presse des pompiers a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) :

« Avec l’avancée des secours, nous risquons de découvrir de nouvelles victimes, la nuit va être longue. »

Peu avant minuit, un photographe de l’AFP a découvert d’abord trois puis un quatrième corps carbonisés sous une voiture et une moto dans la localité balnéaire de Mati, apparemment la plus touchée, à une quarantaine de km à l’est d’Athènes. Deux personnes retrouvées dans le secteur, ravagé par les flammes depuis l’après-midi, sont décédées plus tôt lors de leur transfert vers des hôpitaux, a annoncé la cellule de crise du ministère de la santé. La police portuaire a pour sa part annoncé avoir recueilli trois dépouilles – une adolescente, une femme et un homme – sur le port de Rafina, tandis que deux touristes étrangers étaient portés disparus.

Le ministère de la santé a aussi révisé à la hausse, à 56, le nombre de blessés, dont 11 grièvement.

Mécanisme européen de protection civile

Des bateaux, dont des bâtiments militaires, mobilisés pour évacuer les résidents et touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer affluaient dans la nuit à Rafina, où se pressaient de nombreux proches inquiets, selon les chaînes de télévision.

Au vu de la situation, la présidence de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en Grèce en juillet 1974.

« L’heure est à la lutte contre les flammes », a déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, après avoir présidé une réunion de crise, évoquant une « nuit difficile ». Il a chiffré à « plus de 600 » les pompiers déployés sur les trois fronts partis dans la journée, dont deux continuaient de progresser dans la nuit, autour de Mati et à quelques 55 km à l’ouest de la capitale, près de la localité de Kinetta, en bordure de l’autoroute conduisant au canal de Corinthe. Mais la nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères

Selon le secrétaire général à la Protection civile, Yannis Kapakis, les feux ont été attisés dans la journée par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une « situation extrême ».

M. Tsipras a écourté un déplacement à Mostar, en Bosnie, pour revenir coordonner les opérations.

Athènes a également activé le mécanisme européen de protection civile pour demander des renforts à ses partenaires, et Chypre et l’Espagne ont déjà proposé de l’aide, selon M. Kapakis.

Vague de chaleur

Selon les images télé, les flammes ont poussé les habitants sur les routes dans la panique, et endommagé de nombreux bâtiments. Au dessus de Kinetta, le feu a aussi brûlé maisons et voitures. Trois lotissements, surtout de résidences secondaires, ont été évacués et la municipalité a ouvert des locaux pour accueillir leurs habitants. Les zones sinistrées ont été recouvertes toute la journée d’épais nuages de fumée, couvrant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l’alimentation en électricité étaient perturbés.

Le premier ministre s’est affirmé « préoccupé par le déclenchement en parallèle de ces foyers ». Le ministre adjoint à l’intérieur, Nikos Toskas, avait plus tôt laissé entendre que les feux pourraient être d’origine criminelle.

Les incendies ont pris alors qu’une vague de chaleur s’abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu’à 40 degrés Celsius. Selon les services météo, les conditions doivent rester difficiles mardi.

Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. Les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué en 2007 dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250 000 hectares de forêts, maquis et cultures.