Nairobi rend hommage aux victimes des attentats de 1998

Ce mardi a été commémorée la mémoire des victimes des attentats contre les ambassades américaines de Nairobi et Dar Es Salam, le 7 août 1998, c’était il y a 20 ans. La double-attaque perpétrée par al-Qaïda avait fait près de 230 morts et plus de 5 000 blessés. L’attentat faisait pour la première fois apparaître le groupe d’Oussama Ben Laden aux yeux du monde. Ce 7 août à Nairobi, devant le mémorial construit dans le centre-ville, une cérémonie a été organisée, avec des survivants du drame.

Alors que les noms des victimes sont égrenés, Joash Okindo se recueille en silence. Il était l’un des gardes ce jour-là. Le soldat a refusé de laisser les terroristes entrer dans l’enceinte, sauvant probablement beaucoup de vies. Pour lui cet attentat a changé le pays. « La sécurité s’est beaucoup renforcée, les gens sont sur leurs gardes, raconte-t-il. Quand vous allez à l’école, on vous sensibilise. Tout cela n’existait pas à l’époque. Maintenant on sait que c’est important, et tant mieux, car les terroristes n’ont aucune pitié. »

Parmi les survivants, certains sont amers. Les victimes américaines ont reçu des compensations financières. Pas les Kényans. Thaddeus Mutiiria Nyaga a été blessé et a perdu son fils de 19 ans dans l’attentat : « C’est très injuste. Nous les Kényans n’avons rien reçu. Au début, US AID a fourni une aide médicale. Mais elle a été stoppée. Je me sens rejeté par les deux gouvernements. Vous savez on ne peut pas évaluer une vie. Mais l’argent servira à remplir un vide, pas à ramener mon fils à la vie. »

July Okoï était professeur à côté de l’ambassade. Son bâtiment s’est écroulé et elle a perdu un oeil. Aujourd’hui elle ne se fait plus d’illusion. « Les 5 premières années, je militais activement. Mais on s’est bercé d’illusions. On nous disait « L’argent est là ! C’est prêt ! C’est prêt ! ». Puis tout partait en fumée. Je ne suis pas en colère, mais j’aimerais que quelque chose de concret arrive », confie-t-elle.

Des actions en justice sont en cours aux Etats-Unis. Mais 20 ans après, les victimes kényanes attendent toujours.