Guerre au Yémen : la France et les Etats-Unis appellent à la fin de l’offensive saoudienne

Presque quatre ans après le début de la guerre, aucune solution militaire ne se profile tandis que le pays vit la plus grave crise humanitaire au monde, selon l’ONU.

Fragilisé par l’affaire Khashoggi, le journaliste saoudien tué le 2 octobre dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul en Turquie, Riyad fait l’objet de pressions accrues de ses partenaires occidentaux pour mettre un terme à son offensive contre les rebelles houthistes au Yémen. Alors qu’aucune solution militaire ne se profile, trois ans et demi après le début de l’intervention de la coalition arabe emmenée par l’Arabie saoudite en soutien aux forces progouvernementales, et que l’embarras est croissant dans les capitales occidentales qui fournissent des armes au royaume, les appels se sont multipliés, mardi 30 octobre, à faire cesser les hostilités et à engager des négociations de paix sous l’égide des Nations unies.

Tranchant avec la position que défendait jusqu’à présent l’administration américaine, principal soutien militaire occidental de la coalition arabe et fournisseur d’armes au royaume, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a estimé, dans un communiqué publié mardi, que le « moment est venu de mettre fin aux hostilités ». En septembre, lors du débat au Congrès sur la poursuite des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, le chef de la diplomatie américaine avait lui-même certifié que la coalition menée par Riyad veillait à réduire les pertes civiles au Yémen, en dépit des multiples bavures et accusations de crimes de guerre visant l’aviation saoudienne, qui mène des bombardements réguliers en territoire houthiste.