La direction d’Onusida mise en cause dans des affaires de harcèlement

Un rapport de quatre experts indépendants dénonce la culture et la gestion des cas de harcèlement et ébranle le directeur exécutif, Michel Sidibé.

« Le secrétariat d’Onusida est en crise, une crise qui menace son travail vital. » C’est en ces termes que s’ouvre le rapport d’un comité d’experts indépendants publié vendredi 7 décembre et présenté lors du conseil de coordination du programme Onusida, qui s’est tenu à Genève du 11 au 13 décembre. Cette instance de direction, devant laquelle le secrétariat rend compte, avait mis sur pied, le 20 juillet, le comité d’experts constitué de quatre membres, à la suite de la demande du directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, en février. Les experts devaient évaluer la culture et la politique internes, et proposer à l’organisation onusienne des recommandations destinées à « renforcer la mise en œuvre de sa politique de tolérance zéro à l’égard du harcèlement sexuel ». Leur rapport met sévèrement en cause l’équipe dirigeante de l’institution et appelle à la mise en place d’une nouvelle direction.

Le jour où le rapport du comité d’experts a été mis en ligne, le 7 décembre, le secrétariat d’Onusida a simultanément publié sa réponse sous la forme d’un document de 62 pages incluant la mise en place d’un « agenda du changement » destiné à « transformer l’Onusida ».

Dans la foulée du rapport des experts indépendants, des voix se sont multipliées pour réclamer la démission de Michel Sidibé : du rédacteur en chef de la revue Lancet, Richard Horton, au gouvernement suédois, qui vient d’annoncer le gel de sa contribution à l’Onusida tant que le directeur exécutif n’aura pas démissionné.