La valeur de la foi est inexprimable. Elle rassemble tout ce que nous savons de Dieu en Christ. Si elle va, tout va, en ce qui nous concerne. D’où la nécessité de la maintenir dans son intégrité à tout prix, et non pas seulement de la garder passivement, mais de combattre activement pour elle. La foi a été «une fois enseignée aux saints». Il y a trois choses dans cet énoncé à considérer soigneusement. Premièrement, la foi a été enseignée, non pas découverte. Ce n’est pas quelque chose d’élaboré par les hommes, y ajoutant morceau après morceau comme pour les sciences, mais c’est quelque chose communiqué par Dieu par le moyen du Saint Esprit. Les sciences ont été construites par l’observation, l’expérimentation et le raisonnement. La foi a été révélée par Dieu pour que notre foi la reçoive. Deuxièmement la foi a été enseignée une fois, c’est-à-dire une fois pour toutes. Cet enseignement a pris un peu de temps. Elle a «commencé par être annoncée par le Seigneur, et nous a été confirmée par ceux qui l’avaient entendu» (Héb. 2:3). Au moment où Jude écrivait, l’enseignement de la foi était terminé: le domaine de la vérité révélée avait été complété par les écrits apostoliques. Les hommes de science attendent toujours de nouvelles découvertes: ils n’ont pas beaucoup de choses certaines et réglées de manière incontestable. Nous, nous avons une foi enseignée une fois pour toutes. Dieu a parlé. Sa parole a été consignée par écrit et nous n’attendons aucune révélation supplémentaire. Elle ne peut être amendée, mais peut être rejetée. Nous la recevons, désirant l’aide de Dieu pour la comprendre toujours mieux. Troisièmement la foi a été enseignée aux saints. Elle n’a pas été enseignée aux apôtres et aux prophètes, mais enseignée par eux aux saints. Les saints en sont donc les gardiens, et non pas seulement des hommes éminents ou doués parmi les saints. C’est un fait de toute importance. La foi s’adresse à la foi de chacun de nous. Chacun de nous doit la recevoir et la comprendre, et chacun doit être prêt à la maintenir et à combattre pour elle selon qu’il est nécessaire. Tout ceci nous éclaire pour faire voir combien a été désastreuse l’idée qu’il était bon d’avoir dans l’église une classe spéciale d’hommes, officiellement nommés, prêtres ou pasteurs, dédiés à cette activité. Cela a été un coup de maître de l’adversaire, car là où cette idée a prévalu, la grande masse des croyants a été détournée du combat de la foi, et maintenue dans un état d’infantilisme spirituel. Tout vrai croyant alors devrait donc combattre pour la foi, et combattre avec ferveur comme y ayant un intérêt vital. Les détails sur la manière de combattre ne sont pas donnés par Jude dans cette courte épître. Nous trouvons ailleurs que nous devons éviter les armes charnelles, et que nous devons avoir l’esprit du Jésus débonnaire et humble de cœur que nous servons (voir 2 Cor. 10:4; 2 Tim. 2:24-25). Jude nous instruit à nous fortifier dans la foi, ce qui doit être le préalable au combat pour elle.