L’Évangile de Luc, qui retrace la Nativité, ne mentionne à aucun moment de date pour cet événement. Quand a-t-on commencé à fêter Noël ? Jésus est-il vraiment né à cette date-là ?
Noël vient du latin « dies natalis » ou jour de la naissance. On dit aussi « Nativité ». C’est la célébration de la naissance de Jésus à Bethléem. L’ange avait demandé à Joseph d’appeler son fils Jésus c’est-à-dire « Dieu sauve ». De la faiblesse de ce nouveau-né et de la pauvreté de la crèche, jaillira la puissance de la Résurrection.
À l’aube du christianisme, la fête la plus appréciée des fidèles n’est pas Noël, mais Pâques. En effet, la date de la vie du Christ principalement célébrée, comme aussi de la vie des saints et martyrs, n’est pas celle de la naissance, mais de la « naissance au ciel ».
Aux deux premiers siècles de l’ère chrétienne, Noël est déjà célébré en Orient comme en Occident, mais ce n’est pas le cas partout. Et la date de la célébration varie sensiblement selon les lieux, allant du 28 mars au 18-25 avril, du 20 ou 29 mai au 24 juin et au 17 novembre.
En Occident, la concordance sur la date se fait au IVe siècle, avec la reconnaissance du christianisme par l’empereur Constantin comme religion « licite » (édit de Milan, 313), ensuite comme religion officielle par l’empereur romain Théodolse (édit de Thessalonique, 380). La source la plus ancienne dont on dispose faisant mention de la célébration de Noël le 25 décembre est Hippolyte de Rome (v.170.-235) qui, dès 204 environ, relate les festivités de Noël à Rome à cette époque. Le premier sermon de Noël conservé et un sermon latin d’Optat de Milève, un évêque d’Afrique du Nord, daté de 368. À ce moment, avec la fête liturgique de Noël, apparaissent les représentations de la crèche, avec le bœuf et l’âne, les bergers, l’étoile et les mages.
*_Pourquoi le 25 décembre ?_*
Pour christianiser la fête païenne du « Sol Invictus ». Cette date correspond à une fête païenne, la fête de Sol invictus, le Soleil invincible, auquel l’empereur Aurélien avait dédié un temple en 274, justement le 25 décembre. Selon les connaissances astronomiques de l’époque, les Romains croyaient que le solstice d’hiver tombait ce jour-là – nous savons aujourd’hui qu’il tombe le 21 – qui coïncidait avec le jour le plus court de l’année, marquant le début de la période à laquelle le soleil renaît et croît. D’ailleurs, à cette époque la célébration du « sol invictus », c’est à dire du solstice d’hiver, lié en particulier au culte de Mithra, est en désaffection.
Le « Sol Invictus » rappelait le dieu persan Mithra, dont le culte, originaire d’Orient, était surtout populaire dans les milieux militaires. L’adoration du soleil connaissait un grand succès dans le peuple, et son culte – qui avait remplacé chez les Romains les Saturnales, festivités en l’honneur du dieu Saturne du 19 au 25 décembre et au cours desquelles on échangeait des cadeaux pour souhaiter paix et prospérité – sera exploité par l’autorité impériale, le pliant à la dévotion envers l’empereur.
Il était donc fêté au moment où les jours commençaient à rallonger et au cours de laquelle on allumait de grands feux. L’Église aurait donc décidé de s’insérer dans ce contexte en s’appuyant sur certains passages de la Bible, déjà interprétés dans un sens christologique, comme la prophétie du « soleil de justice » qui brillera « avec la guérison dans ses rayons » (Malachie 3,20). D’ailleurs Jésus lui-même avait dit : « Je suis la lumière du monde » (Jn, 8, 12). Les chrétiens ont vite associé le Christ au soleil, et aujourd’hui la Tradition chrétienne résonne de ces symboles du Sauveur des nations désigné comme un « Soleil levant », comme le rappelle la liturgie de la nuit de Noël avec le texte d’Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9, 1). Le chant prophétique de Zacharie, le père de Jean-Baptiste qui sera le dernier prophète de l’Ancien Testament, celui qui fait reconnaître le Christ, annonce « L’astre d’en-haut qui vient nous visiter », et le prologue magnifique de l’évangile de Saint Jean dit du Fils qu’il est « La lumière véritable qui éclaire tout homme ».
_(De la Page Facebook de l’Archidiocèse de Bujumbura)_