L’organisation Compassion International est « à quelques semaines de se retirer de façon permanente » de l’Inde, selon le témoignage rendu à un comité du Congrès américain fin décembre 2016.
Vendredi 13 janvier, un peu plus d’un an après que le gouvernement indien ait déclaré que Compassion, une ONG américaine ne pouvait plus bénéficier de financements venant de l’extérieur du sous-continent, va probablement fermer ses opérations dans la région. Pourtant, l’organisation humanitaire opère dans 580 centres en Inde, apportant des soins à plus de 145 000 enfants. Ces chiffres représentent environ 8% des 1,9 millions d’enfants dont Compassion prend soindans les 25 pays où elle opère à travers le monde .
“Nous vivons une attaque sans précédent, hautement coordonnée, délibérée et systématique destinée à nous chasser. »
A déclaré l’avocat principal de l’Organisation chrétienne, Stephen Oakley, à la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants aux Etats Unis.
“ Nous voulons être honnête avec vous, il y a peu d’espoir. »
A écrit la direction de Compassion aux 130.000 parrains des enfants indiens.
“Puisque nous ne pouvons pas distribuer de fonds à nos bureaux sur le terrain, nous devons tout simplement informer notre personnel en Inde, que nous devrions officiellement fermer nos bureaux … Si rien ne change, cela signifie la fin de notre programme de parrainage en Inde dans les 60 prochains jours »
A confié l’un des membres.
Pour le directeur de la communication Tim Glenn, “Ceci est un énorme tournant dans l’histoire de Compassion ». Compassion consacre environ 50 millions $ par an à l’aide humanitaire en Inde, ce qui en fait le « plus grand contributeur d’aide pour les enfants vivant dans l’extrême pauvreté » en Inde, selon le président du comité Ed Royce. Pourtant, d’ici quelques semaines, Compassion “pourrait être fermé en raison de la réglementation du gouvernement indien ».
Les représentants de l’organisation Compassion, présente en Inde depuis plus de 48 ans, ont pourtant tout tenté ces 10 derniers mois pour maintenir l’activité. Dans le courriel envoyé à tous les parrains sont décrits tous les efforts, tels que la recherche de conseils juridiques d’experts aux États-Unis et en Inde, de relations influentes, y compris chez les représentants et sénateurs américains, l’ancien secrétaire d’Etat américain, ex-ambassadeurs en Inde, le Bureau des affaires religieuses de la Maison blanche, et les membres du Parlement du Royaume-Uni.
L’Inde n’est pas le seul pays cherchant à limiter les ONG étrangères. En avril 2016, la Chine a adopté une nouvelle réglementation stipulant à plus de 7000 ONG qu’elles devaient être enregistrées par la police locale, et qu’elles devaient trouver un partenaire dans le pays. La Chine a également interdit aux ONG de se livrer à des activités religieuses.
Une partie du Gouvernement indien serait opposé au christianisme. Les nationalistes hindous ont mis une pression croissante sur les chrétiens en Inde, et ce, depuis l’élection de Narendra Modi, premier ministre depuis 2014.
L’Inde apparaît constamment sur la liste des endroits où il est le plus difficile d’être chrétien, passant de la 28ème place sur l’Index de Persécution en 2014 à la 15ème cette année, position la plus élevée jamais atteinte par ce pays.
Rappelons que sur environ 472 millions d’enfants en Inde, 33 millions sont des enfants travailleurs, 80 millions ne sont pas scolarisés et 97 millions sont sous-alimentés. Ces chiffres sont issus d’une récente pétition adressée au gouvernement Modi.