Israel d’Afrique: Les révélations du soit disant prophète Christian Boglo sur le Burkina

Il est coutumier du fait, il dénonce les tares de la vie nationale et fait des prédictions, notamment sur la classe politique.  » Frère » Christian Bogolo, alias As-Suit, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a livré « ses révélations » sur le Burkina, considéré comme l’Israël d’Afrique. Il a souligné que tout dirigeant qui s’écarterait désormais de l’esprit de l’insurrection serait frappé à l’improviste par Dieu. C’était au cours d’une conférence de presse tenue hier 7 septembre 2017 au centre de presse Norbert-Zongo.

« Vous, Abdou Karim de l’Observateur, c’est vous qui me comparez au prophète Michée. Vous n’avez pas bien rapporté mes propos et ce que je fais ; je ne suis pas un prophète de malheur. » C’est par ces mots que le conférencier du jour a accueilli l’auteur de ces lignes. En effet, au cours d’une conférence de presse qu’il avait donnée le 24 février 2015, celui qui se présente comme un homme de Dieu vivant du jeûne et de la prière avait prophétisé la victoire de Tahirou Barry à la présidentielle malgré un hold-up électoral qui serait organisé par deux personnalités et qui conduirait le pays dans un bain de sang. Nous avions alors fait le compte-rendu de cette rencontre en émettant des doutes qui se sont confirmés par la suite des évènements puisqu’il n’en a rien été du tout, le président Roch ayant été élu avec plus de 50% des voix et le scrutin s’étant déroulé sans heurts.

Qu’à cela ne tienne, ses révélations sur Blaise Compaoré et le général Gilbert Diendéré ainsi que sur le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) se sont plus ou moins réalisées. C’est ce qui, peut-être, fait que ses sorties médiatiques sont toujours suivies et diversement appréciées. En tout cas le « prophète » est sans concession avec ceux qui accepteront ses avertissements ou en douteront : « Heureux, bienheureux, ceux et celles qui écouteront, entendront, liront ce qui sort de ma bouche et changeront de comportement en le mettant immédiatement en pratique. Misère, douleurs, malheurs, peines, tristesse, humiliation à ceux qui fermeront leur cœur, leur esprit à ce qui sort de ma bouche et ne le mettront pas en pratique immédiatement, et cela de l’intérieur de leur corps ; autour d’eux et désormais sur tous les chemins de leur vie. Amen Alléluia », peut-on lire dans le préambule de ses documents. A chacun d’en juger à la lumière de ce qui suit.

« Simon Compaoré est fatigué »

La rencontre avec la presse hier soir a porté sur : le Burkina : Israël d’Afrique ; la myopie mortelle de la classe politique burkinabè ; le décès du président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo ; nos institutions et leur crédibilité et la réconciliation nationale. La voie nouée par l’émotion, il introduit par : « Si Blaise Compaoré, Gilbert Diendéré et Yacouba Isaac Zida m’avaient écouté, ils ne seraient pas dans cette situation et on aurait épargné des vies. Ce que j’ai prédit sur eux s’est malheureusement réalisé. Rappelez-vous, j’avais demandé à Zida de renoncer à ses combines, car il ne serait jamais président du Faso ; aujourd’hui il vit comme dans une prison loin de son pays. » Le conférencier est convaincu que c’est parce que le Burkina est un « enfant » béni et couvert par la grâce de Dieu, comme Israël, qu’il arrive toujours à se tirer d’affaire malgré les nombreux soubresauts, d’où l’appellation Israël d’Afrique qu’il donne au Faso.

Selon lui, la classe dirigeante actuelle fait preuve de myopie mortelle due à ses trois décennies de gestion si bien qu’elle ne peut plus rien proposer. A ce sujet, il dit de « la part de Dieu » que Simon Compaoré est fatigué physiquement et mentalement et doit se retirer sans tarder de la vie politique pour se reposer. Même le regretté Salifou Diallo n’a pas trouvé grâce à ses yeux, lui dont il dit qu’il a conquis le pouvoir par orgueil et s’appliquait à faire obstacle à la jeunesse.

Attention au « mouta mouta » !

Pour lui, Roch est maintenant le seul maître à bord et doit gouverner dans la transparence sans « mouta mouta », dans l’esprit de l’insurrection. C’est la seule condition pour le président du Faso d’avoir la longévité, car le Tout-Puissant aurait décidé désormais de frapper à l’improviste ceux qui iront à l’encontre des intérêts du peuple. Au sujet des institutions, l’homme au chapelet souhaite en avoir qui ne transigent pas avec les règles en vigueur. C’est pourquoi il a dénoncé le dysfonctionnement du système judiciaire. « J’ai déposé une plainte à la justice contre des responsables de l’Eglise catholique à Ouagadougou pour diffamation au sujet du pain de Vatican qu’on vend en sachets de 500 F CFA, mais on a classé le dossier sans suite pour poursuites inopportunes », a-t-il souligné avant de prononcer la sanction de Dieu contre ceux qui ont « mal géré ce dossier : « A chaque fois qu’ils vont adresser une requête quelconque à Dieu il leur répondra: classement sans suite ». La réconciliation nationale, foi du « Frère » Bogolo, est une duperie politique d’autant plus que toutes les ethnies au Burkina vivent en paix sans aucune animosité. Ce qu’il faut, c’est un repentir des acteurs politiques qui brillent par leur inconduite et la vérité.

Certaines de vos prophéties ne se sont pas réalisés, êtes-vous encore crédible ?

« Que je sois crédible ou pas ne me préoccupe pas outre mesure ; l’essentiel pour moi étant de faire savoir ces paroles et de faire Sa volonté », s’est-il contenté de dire. Qui sera le prochain président de l’Assemblée nationale qu’on élira dans les 24 heures ? « Je ne suis pas un marabout, Dieu ne travaille pas au hasard, je n’ai pas le monopole des révélations ; beaucoup en reçoivent, mais ne parlent pas ; ma particularité, c’est que je suis un cabri mort qui n’a plus peur du couteau. Toutefois, je préviens que celui qui tentera de me faire du mal rencontrera la colère de Dieu, car je ne fais que Lui obéir », a-t-il répondu en guise de conclusion.

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