Burundi: Amnistie Internationale dénonce la « perpétuation » des violations des droits de l’Homme 

Le rapport d’Amnesty international de ce vendredi 29 septembre fait état de violations des droits de l’Homme commises au Burundi de 2016 jusqu’à nos jours. Elle évoque la répression de l’opposition politique et de tous ceux qui ont pris part aux manifestations contre la candidature du président Nkurunziza en 2015.«Les travaux de recherche donnent un aperçu des atteintes aux droits humains graves et généralisées qui continuent d’être commises dans tout le Burundi en toute impunité», telle est la conclusion dudit document. La coercition et l’insécurité poussent des Burundais à l’exil. Pour mettre en exergue cette idée, ce document de 26 pages est intitulé Se soumettre ou fuir.

Arrestation et détention illégales, violences sexuelles, répression dans le recrutement des membres par le parti au pouvoir, usage « injustifié » de la force, tortures et traitements cruels et inhumains… entre autres abus dénoncés par ce mouvement international de défense des droits de l’Homme.

En plus de la police et du service national de renseignement (SNR), cette organisation pointe du doigt des jeunes du Cndd-Fdd. «Dans un certain nombre de cas recensés, des Imbonerakure auraient mené des opérations conjointes avec la police et le service national du renseignement, auraient appréhendé des personnes pour le compte de ce dernier et auraient joué un rôle prépondérant en matière de sécurité locale et aux frontières. »

Avant de rappeler la mise en garde de la commission d’enquête sur le Burundi dans son rapport du 4 septembre : « L’État peut être tenu responsable des comportements illicites d’individus non étatiques quand ceux-ci agissent sur ses instructions, ses directives ou sous son ‘contrôle effectif’, mais aussi quand ses propres agents reconnaissent et adoptent le comportement de groupes non étatiques.»

Un rapport pas tendre avec des Imbonerakure

Amnesty international reconnaît qu’il est difficile de déterminer qui a ordonné à des Imbonerakure de perpétrer des violations. Mais, lit-on dans le rapport, quand des éléments de la police ou du SNR étaient apparemment présents, il est raisonnable de supposer qu’un « contrôle effectif » était exercé, ou au moins que les actions des Imbonerakure étaient reconnues par des agents de l’État. Elle soutient l’existence de déplacés pour raisons d’insécurité.

Amnesty International fait savoir que ses recherches ont porté sur 129 réfugiés et demandeurs d’asile burundais. 39 réfugiés et demandeurs d’asile en Ouganda ont été interviewés, en juillet dernier, et 90 réfugiés en Tanzanie en juin 2016.

Thérence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur, réfute en bloc toutes les accusations d’Amnesty international : «Que de tas de mensonges et de complots.» Il n’en revient pas que cette organisation évoque des départs massifs de Burundais en exil arguant l’insécurité.

«Ceux qui tiennent un tel discours conspirent contre le Burundi.» La sécurité est une réalité sur l’ensemble du territoire. Des Burundais sont à l’œuvre pour le développement. Avant d’indiquer qu’environ 180 mille Burundais ont déjà été rapatriés, depuis l’année passée. La tripartite Burundi-HCR-Tanzanie prévoit le rapatriement de 12 mille réfugiés jusqu’à la fin de l’année. « Et ce depuis le 7 septembre dernier.»

Thérence Ntahiraja s’étonne également qu’Amnesty international reproche au parti au pouvoir de recruter de force. Il soutient que le respect des libertés politiques et d’opinions est une réalité au Burundi. Il parle de l’ «agrément de nouveaux partis».

M. Ntahiraja cite, à titre d’illustration, le Rassemblement national pour le changement (Ranac). Un parti résultant de la fusion des partis Annade et Paside-Imboneza, agréé le 18 avril dernier. «Ceux qui le veulent se rassemblent pour un projet de société, cherchent l’adhésion de membres et tiennent des réunions.» Il laisse entendre que 31 formations politiques sont à l’œuvre. Aucune, ajoute-t-il, ne se dit frustrée. Et de s’interroger si Amnesty international est devenu leur porte-parole.

Au sujet des accusations contre les forces de sécurité, du Service de renseignement et de la jeunesse du parti Cndd-Fdd dans la perpétration des exactions, le porte-parole du ministère de l’Intérieur évoque un complot pour inciter la Cour pénale internationale à se saisir du Burundi : «Les jours qui restent se comptent sur les doigts d’une main.» Pour rappel, la sortie effective du Burundi de cette juridiction internationale est prévue le 27 octobre prochain.

Il s’agit de la même rengaine des rapports biaisés : viols, tueries, arrestations arbitraires, tout ceci n’est que des allégations mensongères. «Un acharnement contre les Imbonerakure et les organes de sécurité.»

Sur l’existence des déplacés, il n’en croit pas ses oreilles. Il souligne que plus de 200 mille avaient déjà regagné leurs domiciles jusqu’en 2014. «Un petit nombre d’entre eux souhaite vivre dans des villages.» Il laisse entendre que les autorités se soucient de leur souhait. Et de se demander pourquoi d’autres pays n’attirent pas l’attention. «Des Congolais sont malheureux. Ils affluent au Burundi, pourtant, aucun mot n’est pipé.» Il confie que la construction du 5ème camp de réfugiés congolais en province de Ruyigi est déjà envisagée.

Thérence Ntahiraja se veut optimiste : «Leurs manœuvres n’aboutiront à rien. Les Burundais, nous sommes avec Dieu.»

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