JusquâoĂč pouvons-nous retracer les origines des ethnies africaines dans lâHistoire et dans la Bible ? Quel sera lâavenir de ce continent ? La Bible rĂ©vĂšle une bonne nouvelle trĂšs encourageante.
« Nous [les Africains] ne sommes mus par aucun complexe, ni de supĂ©rioritĂ© ni dâinfĂ©rioritĂ©, mais par un âcomplexeâ dâĂ©galitĂ©. »
â Joseph Ki-Zerbo (Histoire de lâAfrique, page 13)
« Dieu ne fait point de favoritisme [âŠ] en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agrĂ©able. »
â Actes 10 :34-35
Dieu parle-t-Il de lâAfrique dans la Bible ? Que nous rĂ©vĂšle la parole inspirĂ©e de notre CrĂ©ateur sur les origines des peuples africains et sur leur avenir ? Existe-t-il des sources laĂŻques et neutres qui confirment les dĂ©clarations bibliques Ă ce sujet ?
De trĂšs nombreux peuples et pays sont mentionnĂ©s dans la Bible. Un grand nombre dâentre eux se trouvent au Moyen-Orient et sur le pourtour mĂ©diterranĂ©en car câest lĂ quâeurent lieu la plupart des rĂ©cits rapportĂ©s dans la Bible â Ă JĂ©rusalem, en Asie mineure (la Turquie actuelle), en GrĂšce, en Italie, dans la pĂ©ninsule arabique, en Libye, en Ăgypte et en Ăthiopie.
LA TRADITION ORALE
Pendant des siĂšcles, lâHistoire africaine a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e exclusivement dâun point de vue occidental, sans tenir compte des traditions et de la culture orale des Africains eux-mĂȘmes. Ă propos de la tradition orale, nous avons souvent entendu le proverbe : « Un vieillard qui meurt, câest une bibliothĂšque qui brĂ»le. »
Lâorigine de cette phrase est incertaine, mais il pourrait sâagir de la reformulation dâune phrase prononcĂ©e par lâĂ©crivain et ethnologue malien Amadou HampatĂ© BĂą, lors dâun discours prononcĂ© Ă lâUNESCO le 22 septembre 1960. « En voulant faire comprendre Ă son auditoire que lâAfrique avait dâautres richesses et tĂ©moignages de son passĂ© que des monuments de pierre, BĂą allait comparer la situation de sa rĂ©gion dâorigine avec la conception de la prĂ©servation occidentale du savoir de lâĂ©poque, basĂ©e sur la conservation des livres. Câest de lĂ quâallait Ă©merger cette comparaison entre le vieillard africain et la bibliothĂšque » (dicocitations.lemonde.fr). BĂą dĂ©clara ce jour-lĂ Â :
« Il ne saurait ĂȘtre question de livres ni dâarchives Ă©crites Ă sauver des insectes, mais il sâagira dâun gigantesque monument oral Ă sauver de la destruction par la mort, la mort des traditionalistes qui en sont les seuls dĂ©positaires. Ils sont hĂ©las au dĂ©clin de leurs jours. Ils nâont pas partout prĂ©parĂ© une relĂšve normale. En effet, notre sociologie, notre histoire, notre pharmacopĂ©e, notre science de la chasse, et de la pĂȘche, notre agriculture, notre science mĂ©tĂ©orologique, tout cela est conservĂ© dans des mĂ©moires dâhommes, dâhommes sujets Ă la mort et mourant chaque jour. Pour moi, je considĂšre la mort de chacun de ces traditionalistes comme lâincendie dâun fond culturel non exploité » (ibid.).
Sous lâimpulsion de BĂą et dâautres chercheurs, la tradition orale a finalement commencĂ© Ă ĂȘtre reconnue comme un Ă©lĂ©ment de prĂ©servation de la culture parmi dâautres. Bien entendu, la tradition orale seule ne suffit pas Ă Ă©tablir une vĂ©ritĂ©, mais elle peut devenir un Ă©lĂ©ment essentiel lorsquâelle est confirmĂ©e par des sources Ă©crites, par lâarchĂ©ologie, lâethnologie, lâart, la linguistique et les autres outils utilisĂ©s par les historiens. En utilisant la tradition orale comme un outil supplĂ©mentaire et complĂ©mentaire, la connaissance de la culture africaine a effectuĂ© un grand bond en avant depuis le milieu du 20Ăšme siĂšcle.
LE CHOIX DES SOURCES
Dans son ouvrage de rĂ©fĂ©rence Histoire de lâAfrique publiĂ© en 1978, Joseph Ki-Zerbo (1922-2006), historien burkinabĂ© et agrĂ©gĂ© dâhistoire, a Ă©crit : « Nous ne nions pas les influences reçues par lâAfrique, quand elles sont scientifiquement prouvĂ©es [âŠ] Mais, nous disons que nous en avons assez de lâhistoire raciste sous quelque forme que ce soit [âŠ] La plupart de ces errements rĂ©sultent Ă©videmment des prĂ©jugĂ©s de leurs auteurs. Ils rĂ©sultent aussi de la conjoncture nĂ©o-colonialiste oĂč plongent encore les Ătats dans lesquels travaillent trop de chercheurs » (Histoire de lâAfrique, Ă©ditions Hatier, page 13).
Dans cet article, nous avons donc fait le choix dĂ©libĂ©rĂ© de laisser majoritairement la parole Ă des Africains â scientifiques, historiens ou universitaires â qui parlent de leur propre culture, de leur pays et de leurs origines. Nous avons Ă©galement sĂ©lectionnĂ© des auteurs reconnus pour ĂȘtre globalement neutres et Ă©quilibrĂ©s dans leur approche, en laissant purement et simplement de cĂŽtĂ© les auteurs partisans, polĂ©miques ou identitaires.
Afin de traiter au mieux ce sujet dans un espace limitĂ©, nous ne citerons que les conclusions de ces chercheurs sur les origines de lâAfrique Noire, mais les sources citĂ©es vous permettront dâapprofondir le sujet si vous le souhaitez.
Les pays de Cusch et de MitsraĂŻm
Lors dâun colloque de lâUNESCO sur le peuplement de lâĂgypte ancienne, en janvier-fĂ©vrier 1974, deux groupes de chercheurs sâopposĂšrent sur la couleur de peau des habitants de lâĂgypte antique. Ki-Zerbo synthĂ©tise ce sujet en suggĂ©rant que « le peuplement nĂ©groĂŻde ancien de lâAfrique du Nord semble avoir Ă©tĂ© remplacĂ© graduellement par des nĂ©gro-mĂ©diterranĂ©ens puis par des mĂ©diterranĂ©ens » (Histoire de lâAfrique, page 76). Mais Ă la fin du colloque, tous arrivĂšrent Ă la conclusion que « lâĂgypte [ancienne] Ă©tait africaine dans son Ă©criture, dans sa culture et dans sa maniĂšre de penser. Le professeur Leclant a reconnu ce mĂȘme caractĂšre africain dans le tempĂ©rament et la maniĂšre de penser des Ăgyptiens » (Le peuplement de lâĂgypte ancienne et le dĂ©chiffrement de lâĂ©criture mĂ©roĂŻtique, UNESCO, page 87).
Les trĂšs nombreuses migrations en Ăgypte compliquent en effet la tĂąche des ethnologues et des historiens. Pourtant, malgrĂ© toutes les polĂ©miques et les discussions Ă ce sujet, lâĂgypte revient inlassablement au cĆur des discussions dĂšs que lâon aborde le sujet des origines de lâAfrique Noire.
Que savons-nous de lâĂgypte ancienne ? Comme nous lâavons mentionnĂ© plus tĂŽt, lâHistoire de lâAfrique repose en partie sur la tradition orale. Ă ce titre, tous les peuples et les pays du monde ont une part de tradition orale qui apporte souvent des informations prĂ©cises sur leurs origines : les noms des lieux ou des peuples. Quâen est-il de lâĂgypte ?
« Au sud de lâĂgypte, sur le Nil moyen, entre le VIIIe siĂšcle avant notre Ăšre et le IVe aprĂšs, sâest Ă©panouie la civilisation de lâEmpire mĂ©roĂŻtique : câest le Kush des textes Ă©gyptiens et bibliques, lâĂthiopie des auteurs classiques, soit la Nubie et le nord de lâactuel Soudan [âŠ] Sur un fond proprement africain se sont dĂ©veloppĂ©es les influences de lâĂgypte pharaonique » (ibid., page 107).
Nous voyons que le sud de lâĂgypte, lâĂthiopie et le Soudan partagent des origines communes. Il sâagit ici dâinformations certaines, qui ne font ni dĂ©bat ni lâobjet de controverses. Les historiens et les linguistes sâaccordent aussi sur les noms dĂ©signant ces rĂ©gions ainsi que sur la signification de ces noms.
Ki-Zerbo Ă©crivit Ă©galement au sujet de lâĂgypte : « Au Sud de la premiĂšre cataracte [du Nil] sâĂ©tendait un pays appelĂ© Koush par les Grecs, du nom dâun des descendants de Cham, fils de NoĂ©, de mĂȘme que le nom antique de lâĂgypte, Misr, Ă©tait celui dâun autre fils de Cham. On signifiait ainsi la parentĂ© profonde des populations de ces deux pays. En effet, Koush a Ă©tĂ© peuplĂ© Ă peu prĂšs de la mĂȘme maniĂšre que lâĂgypte » (Histoire de lâAfrique, page 67).
Comme le mentionne Ki-Zerbo, la Bible nous apprend que Noé avait trois fils : « Sem, Cham et Japhet » (GenÚse 6 :10). Plus tard, Cham eut quatre fils : Cusch (Koush), Mitsraïm (Misr), Puth et Canaan (GenÚse 10 :6).
Si nous laissons les textes sâinterprĂ©ter eux-mĂȘmes, nâest-il pas clair que la Nubie (Ăthiopie et Soudan) et lâĂgypte descendent respectivement de Cusch et MitsraĂŻm ? Les noms gĂ©ographiques et ethniques (basĂ©s sur la tradition orale et Ă©crite), la linguistique, les conclusions de nombreux historiens ainsi que la Bible sâaccordent sur ce point.
LâĂGYPTE ANCIENNE
Lorsque nous parlons de lâĂgypte ancienne, il est important de ne pas se focaliser sur le nord de lâĂgypte actuelle (Le Caire, Alexandrie, Port SaĂŻd), mais de considĂ©rer lâensemble de la vallĂ©e du Nil, allant de la mer MĂ©diterranĂ©e au Soudan actuel.
Nous devons aussi nous souvenir que pendant des millĂ©naires les « autoroutes », ou les voies rapides, Ă©taient les mers, les fleuves, les riviĂšres et les cours dâeau. Ă ce titre, les affluents du Nil (le Nil Bleu et le Nil Blanc) traversent lâĂthiopie, lâOuganda, la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda, tout en longeant le Kenya et la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo.
Lorsque vous situez le Nil et ses deux affluents sur une carte, vous rĂ©alisez que cela reprĂ©sente une zone dâinfluence couvrant presque tout le tiers nord-est de lâAfrique, allant de la mer MĂ©diterranĂ©e jusquâĂ lâĂ©quateur. Cela signifie-t-il que les populations dâAfrique Noire descendent de lâĂgypte ?
AprĂšs le dĂ©luge, seulement huit personnes habitaient la Terre (NoĂ©, Sem, Cham, Japhet et leurs Ă©pouses respectives) et lâarche se posa sur les montagnes Ararat (GenĂšse 8 :4) â Ă la frontiĂšre actuelle entre la Turquie, lâArmĂ©nie et lâIran. Les descendants de Cham ont-ils prospĂ©rĂ© sur le pourtour mĂ©diterranĂ©en avant de migrer vers lâĂgypte et le sud de lâAfrique ? Ou bien un petit groupe issu des descendants de Cham a-t-il Ă©migrĂ© vers la vallĂ©e du Nil avant de croĂźtre et de « remonter » vers lâĂgypte ? HonnĂȘtement, nous manquons de preuves archĂ©ologiques et historiques pour valider une hypothĂšse plutĂŽt que lâautre.
Dâailleurs, en parlant de cette voie de communication (la vallĂ©e du Nil), Ki-Zerbo ne se focalise pas sur le fait de savoir qui est « descendu » ou qui est « remonté ». Par contre, il met lâaccent sur les « parentĂ©s culturelles » entre les habitants dâAfrique sub-saharienne et ceux de lâĂgypte ancienne. Il Ă©crit : « La civilisation nĂ©gro-africaine actuelle est plus proche de la civilisation Ă©gyptienne que de toute autre civilisation connue » (ibid., page 81).
Il mentionne ensuite de nombreuses similitudes culturelles entre les anciens Ăgyptiens noirs et les Kongos, les Dogons, les Bantous, les MendĂ©s, les Bozos, les BĂ©ninois, les ZimbabwĂ©ens ou les Mossis (cf. pages 82-83), avant de poser la question : « Y a-t-il lĂ de simples coĂŻncidences ? Il semble que non. » Enfin, il prĂ©cise Ă nouveau quâil ne cherche pas Ă savoir qui possĂšde lâantĂ©rioritĂ©, mais plutĂŽt Ă prouver que les peuples dâAfrique Noire et de lâĂgypte ancienne partagent une culture et des origines communes.
« Bref, vu dâAfrique Noire, la civilisation de lâĂgypte antique, si Ă©trange pour la pensĂ©e occidentale et moderne, semble presque familiĂšre. Elle porte lâestampille estompĂ©e mais frappante dâune trĂšs lointaine fraternitĂ©, Ă lâaube des temps humains » (ibid., page 83).
MALĂDICTION DE CHAM OU DE CANAANÂ ?
Au cours de lâHistoire, de nombreux Occidentaux ont utilisĂ© un Ă©pisode biblique pour justifier lâesclavage et le mauvais traitement infligĂ© aux Africains.
Dans GenĂšse 9 :21-27, nous lisons que NoĂ© but trop de vin et sâenivra. Ensuite, « Cham, pĂšre de Canaan, vit la nuditĂ© de son pĂšre, et il le rapporta dehors Ă ses deux frĂšres [âŠ] Lorsque NoĂ© se rĂ©veilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. Et il dit : Maudit soit Canaan ! » (versets 22-25).
Ce passage insiste deux fois sur le rĂŽle de Canaan, identifiĂ© comme le fils de Cham. Mais dans lâexpression « son fils cadet », le pronom « son » se rĂ©fĂšre Ă Cham, pas Ă Noé ! Comment pouvons-nous en ĂȘtre sĂ»rs ? Car Cham nâĂ©tait pas le fils « cadet » de NoĂ© (le mot utilisĂ© signifie bien âle plus jeuneâ dans lâoriginal hĂ©breu â cf. H6996, Concordance Strong française).
La Bible mentionne souvent « Sem, Cham et Japhet », mais cela ne signifie pas quâils soient nĂ©s dans cet ordre. Par exemple, la Bible mentionne « Jacob et ĂsaĂŒÂ Â» (JosuĂ© 24 :4 ; HĂ©breux 11 :20), alors quâĂsaĂŒ Ă©tait lâaĂźnĂ© (GenĂšse 25 :25-26).
Dans le cas des fils de NoĂ©, la gĂ©nĂ©alogie dĂ©taillĂ©e dans GenĂšse 10 nous rĂ©vĂšle lâordre dans lequel naquirent ces trois frĂšres. Dâabord Japhet (verset 2), puis Cham (verset 6) et enfin Sem (verset 21). Ce dernier verset confirme cet ordre en prĂ©cisant que Sem Ă©tait « frĂšre de Japhet lâaĂźné ».
Le plus jeune fils de NoĂ© Ă©tait donc Sem, tandis que Canaan, lui, Ă©tait le plus jeune fils de Cham (GenĂšse 10 :6). Câest Canaan, le « fils cadet » de Cham, qui commit un acte rĂ©prĂ©hensible contre son grand-pĂšre. Quant Ă Cham, il vit la nuditĂ© de son pĂšre et ce que son fils Canaan avait fait Ă NoĂ©, mais Cham nâĂ©tait pas celui qui avait offensĂ© NoĂ©.
Que fit Canaan pour mĂ©riter une telle malĂ©diction ? La « nudité » de NoĂ© dans GenĂšse 9 est traduite de lâhĂ©breu âervah qui signifie « organes gĂ©nitaux, nuditĂ© dâune chose, indĂ©cence, apparence incorrecte » (H6172, Strong). Ainsi, la Bible indique clairement que Canaan commit un acte sexuel contre son grand-pĂšre NoĂ©, sans son consentement.
Lorsque NoĂ© reprit conscience et apprit ce que lui avait fait son petit-fils, il dĂ©clara : « Maudit soit Canaan ! quâil soit lâesclave des esclaves de ses frĂšres ! » (verset 25).
Notez que cette malĂ©diction concerne spĂ©cifiquement Canaan, un des quatre fils de Cham (GenĂšse 10 :6), pas lâensemble des descendants de Cham. Ă travers lâHistoire et jusquâĂ nos jours, la rĂ©gion de Canaan ne sâest jamais trouvĂ©e en Afrique, mais au Proche-Orient entre la mer MĂ©diterranĂ©e et le Jourdain.
ENCORE UN FRĂRE
Comme nous lâavons vu, la vallĂ©e du Nil, qui partage les origines des peuples dâAfrique Noire, Ă©tait peuplĂ©e par les descendants de Cusch et de MitsraĂŻm qui eux nâĂ©taient pas sous la malĂ©diction de Canaan.
Nous avons lu précédemment que ces trois hommes avaient encore un frÚre, Puth (ou Phout). Que savons-nous à son sujet ?
Lâhistorien romain Flavius JosĂšphe (1er siĂšcle apr. J.-C.) Ă©crivit quâil « fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Phoutiens [âŠ.] Mais ce pays a changĂ© de nom ; celui quâil a aujourdâhui vient dâun des fils de MestraĂŻm, Libys » (AntiquitĂ©s judaĂŻques, livre 1, Ă©ditions Leroux, page 21, traduction Julien Weill).
Pendant lâĂ©poque hellĂ©nistique (330 Ă 31 av. J.-C.), la Libye antique dĂ©signait lâensemble du Maghreb (Mauritanie, Maroc, AlgĂ©rie, Tunisie et Libye) et la majeure partie du Sahara. Selon les Ă©poques et les dĂ©coupages gĂ©ographiques, les habitants de tout ou partie de cette rĂ©gion furent aussi connus sous les noms de BerbĂšres, Maures ou Numides. Plus tard, les Romains gĂ©nĂ©ralisĂšrent le nom Africa pour dĂ©signer le nord du continent â il semblerait que ce nom provienne dâune tribu jadis installĂ©e entre la Tunisie et lâAlgĂ©rie.
DES SIĂCLES OBSCURS AUX GRANDS SIĂCLES
Certains historiens appellent les premiers siĂšcles de notre Ăšre « les siĂšcles obscurs » de lâAfrique Noire. Pendant cette pĂ©riode, des brassages de populations et de grandes migrations eurent lieu au sud du Sahara.
Pendant prĂšs de six siĂšcles, ces mouvements et ces Ă©changes culturels posĂšrent les bases permettant lâĂ©mergence de sociĂ©tĂ©s plus puissantes et mieux organisĂ©es. Cette pĂ©riode prĂ©para la voie pour passer « des clans aux empires » (Histoire de lâAfrique, page 85).
Le Ghana fut le premier empire noir connu avec assez de prĂ©cision. En 970 apr. J.-C., lâexplorateur et gĂ©ographe arabe Ibn Hawkal nâhĂ©sita pas Ă dire de lâempereur du Ghana : « Câest le plus riche du monde Ă cause de lâor. » Un siĂšcle plus tĂŽt, lâĂ©crivain Yakoubi rapportait dĂ©jĂ Â : « Le roi de Ghana est un grand roi. Dans son territoire sont des mines dâor, et il a sous sa domination un grand nombre de royaumes » (ibid., pages 106-108).
Au 11Ăšme siĂšcle, le Ghana possĂ©dait une armĂ©e de 200.000 hommes, dont 40.000 archers et une imposante cavalerie, mais lâempire fut affaibli suite aux attaques arabes. Le dĂ©clin du Ghana et le dĂ©part vers le sud de nombreux peuples rĂ©fractaires Ă lâislam marqua la formation des royaumes wolofs. Plusieurs empires verront le jour Ă travers le continent au cours des siĂšcles suivants.
Du 12Ăšme au 16Ăšme siĂšcle, « lâAfrique Noire va connaĂźtre un essor simultanĂ© de toutes ses rĂ©gions du point de vue Ă©conomique, politique et culturel. Ces quatre siĂšcles mĂ©ritent vraiment dâĂȘtre appelĂ©s la grande Ă©poque de lâAfrique Noire » (ibid., page 129).
Pendant ces « grands siĂšcles », de nombreuses sociĂ©tĂ©s sur le continent africain « vivaient Ă lâunisson du reste du monde quoique avec des moyens techniques beaucoup plus rĂ©duits en raison des multiples barrages gĂ©ographiques et Ă©conomiques [âŠ] LâAfrique Noire Ă©tait bien mĂ»re, dĂšs cette Ă©poque pour servir dâinterlocutrice valable Ă nâimporte quel partenaire dans le cadre international. HĂ©lasâŠÂ » (ibid., pages 175, 177).
DE LA COLONISATION Ă LâINDĂPENDANCE
Pendant les quatre siĂšcles suivants, les Anglais, les Français, les Belges, les Portugais et les Allemands pillĂšrent littĂ©ralement les ressources matĂ©rielles (matiĂšres premiĂšres, agriculture, diamants, mĂ©taux prĂ©cieux) et humaines (esclavage) de lâAfrique. Ki-Zerbo Ă©crivit Ă propos de lâinvasion du continent que lâAfrique fut arrachĂ©e aux Africains (cf. page 401).
Une telle situation ne pouvait conduire quâĂ la rĂ©bellion des populations africaines opprimĂ©es, Ă des sentiments nationalistes et au dĂ©sir de retrouver une indĂ©pendance perdue. Une des premiĂšres Ă©tapes de ce combat fut lâabolition de lâesclavage. Plus tard, le processus dâindĂ©pendance sâenclencha avec le LibĂ©ria en 1847 pour sâachever avec le Zimbabwe en 1980.
Cette pĂ©riode a laissĂ© de profondes blessures physiques et morales parmi la population. Ainsi, les frontiĂšres actuelles hĂ©ritĂ©es de la colonisation ne rĂ©pondent pas Ă des limites historiques ou ethniques, mais Ă des objectifs Ă©conomiques et territoriaux â et elles sont dĂ©sormais source de conflits. Comme le mentionne Simon-Pierre Ombga-Mbida, diplomate Ă Addis-Abeba, en Ăthiopie, la gestion de ces conflits implique des « contraintes financiĂšres liĂ©es aux opĂ©rations de maintien de la paix ou de soutien de la paix [qui] sont toujours dictĂ©es par les multiples partenaires de lâAfrique et sont gĂ©nĂ©ralement trĂšs Ă©loignĂ©es des intĂ©rĂȘts propres ou directs des Africains » (Guerres et Paix en Afrique, Diplomatie, hors-sĂ©rie n°15, page 26).
En Afrique et ailleurs, lâHistoire humaine est faite de domination, de soumission et dâoppression. Au lieu de vivre en harmonie, les peuples se battent et se font la guerre. Le monde est en conflit permanent car Satan « sĂ©duit toute la terre » (Apocalypse 12 :9).
UN AVENIR RADIEUX
Si vous lisez rĂ©guliĂšrement la revue du Monde de Demain, vous savez que nous nous approchons Ă grands pas du retour de JĂ©sus-Christ. AprĂšs 6000 ans dâexpĂ©rience humaine sous lâinfluence de Satan, celui-ci sera enchaĂźnĂ© et JĂ©sus inaugurera Son Royaume avec une pĂ©riode de paix qui durera 1000 ans â le MillĂ©nium.
Ă quoi ressemblera cette pĂ©riode de paix ? « Le loup habitera avec lâagneau, et la panthĂšre se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bĂ©tail quâon engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira [âŠ] Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de lâĂternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent » (ĂsaĂŻe 11 :6, 9).
Dieu ne tolĂ©rera plus lâoppression, sous quelque forme que ce soit. Ă cette Ă©poque-lĂ , JĂ©sus sera le Roi des rois sur toute la Terre (Apocalypse 19 :16) et « il jugera [le] peuple avec justice [âŠ] il fera droit aux malheureux du peuple, il sauvera les enfants du pauvre et il Ă©crasera lâoppresseur » (Psaume 72 :2, 4). Il Ă©coutera tous ceux qui sont opprimĂ©s et qui appellent Ă lâaide, « il les affranchira de lâoppression et la violence, et leur sang aura du prix Ă ses yeux » (verset 14).
Nous avons vu prĂ©cĂ©demment le lien trĂšs fort qui unit lâĂgypte ancienne Ă lâAfrique Noire. Quel sera lâavenir de cette Ăgypte pendant le MillĂ©nium ? « Les Ăgyptiens connaĂźtront lâĂternel en ce jour-lĂ [âŠ] ils se convertiront Ă lâĂternel, qui les exaucera et les guĂ©rira. En ce mĂȘme temps, il y aura une route dâĂgypte en Assyrie : les Assyriens iront en Ăgypte, et les Ăgyptiens en Assyrie, et les Ăgyptiens avec les Assyriens serviront lâĂternel » (ĂsaĂŻe 19 :21-23).
Dieu ajoute quâIsraĂ«l sera « uni Ă lâĂgypte et Ă lâAssyrie, et ces pays seront lâobjet dâune bĂ©nĂ©diction. LâEternel des armĂ©es les bĂ©nira, en disant : BĂ©nis soient lâĂgypte, mon peuple, et lâAssyrie, Ćuvre de mes mains, et IsraĂ«l, mon hĂ©ritage » (versets 24-25). Oui, Dieu dĂ©clare que lâĂgypte sera Son peuple, car les Ăgyptiens lui obĂ©iront.
LâHistoire montre que les hommes « ne connaissent pas le chemin de la paix » (Romains 3 :17). Dieu seul est capable de procurer la paix vĂ©ritable et câest ce quâIl fera dans Son Royaume, lorsque « tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront » (Psaume 72 :11). Pour la premiĂšre fois dans lâHistoire humaine, tous les peuples dĂ©poseront enfin les armes : « Une nation ne tirera plus lâĂ©pĂ©e contre une autre, et lâon nâapprendra plus la guerre » (MichĂ©e 4 :3).
Dans quelques années, aprÚs le retour du Messie, cette bonne nouvelle deviendra une réalité pour le monde entier.
JusquâoĂč pouvons-nous retracer les origines des ethnies africaines dans lâHistoire et dans la Bible ? Quel sera lâavenir de ce continent ? La Bible rĂ©vĂšle une bonne nouvelle trĂšs encourageante.