Les politiciens et les dits rebelles se vouent au diable vauvert.


Selon Chauvineau Mugwengezo, le Cnared a des informations sur ces « arrestations et surtout sur l’extradition de ces chefs rebelles.» «Cela aura des conséquences néfastes sur la poursuite du dialogue inter-burundais d’Arusha.»
Selon des sources concordantes, ces leaders du Front patriotique burundais (FPB) auraient été arrêtés à Ngara avec deux autres cadres de ce mouvement. Il s’agit du capitaine Libère Nzeyimana et de Libérate Nijimbere. Ces mêmes sources parlent d’une certaine collaboration entre les forces de l’ordre, les services secrets tanzaniens et burundais.

Le premier vice-président du Cnared est formel : «La Tanzanie aura une lourde responsabilité dans cette affaire, s’il leur arrive quoi ce soit.» Même s’ils ont déclaré qu’ils comptaient combattre par les armes le gouvernement du président Nkurunziza, martèle-t-il, ils étaient en Tanzanie en tant que réfugiés.

«Ils étaient par conséquent sous la protection de ce pays. Cette arrestation de chefs rebelles suivie de leur extradition est contraire à la Convention relative au statut des réfugiés. Cela démontre que la Tanzanie n’est pas neutre», s’indigne Chauvineau Mugwengezo.

«C’est désolant que ces actes soient commis sur le territoire tanzanien alors que nous avions demandé que tous les groupes qui se sont levés pour dire non au troisième mandat soient associés aux pourparlers inter-burundais d’Arusha», déplore le numéro Deux du Cnared.

D’après lui, avec cette arrestation et cette extradition dont la « responsabilité première incombe à la Tanzanie qui assure la facilitation dans la crise burundaise », il y aura des conséquences multiformes sur le dialogue inter-burundais même s’il n’y a pas encore de précisions sur les décisions à prendre. «Il n’y a plus de garantie de sécurité des négociateurs. Les signaux sont inquiétants.»

Signalons que rien ne filtre, côté facilitation, sur le round des pourparlers inter-burundais d’Arusha annoncé pour ce mois d’octobre par l’Ombudsman burundais, Edouard Nduwimana.