Forum permanent de dialogue des partis politiques (FDP) a organisé mardi le 23 janvier 2018, à Bujumbura, une séance de sensibilisation des chefs des partis politiques agréés (photo : vue partielle des participants) sur le nouveau projet de Constitution de la République du Burundi.
Le prĂ©sident du FDP, M. FĂ©licien Nduwuburundi a indiquĂ© que cette sĂ©ance a Ă©tĂ© organisĂ©e en vue dâexpliquer aux chefs des partis politiques les motivations de lâamendement de la Constitution. Il les a invitĂ©s Ă suivre attentivement le contenu car, a-t-il dit, ils seront Ă leur tour appelĂ©s Ă lâexpliquer Ă leurs militants, en commençant par les membres des comitĂ©s exĂ©cutifs pour enfin terminer par leurs adeptes regroupĂ©s au sein de leurs partis politiques.
Lâassistant du ministre de lâIntĂ©rieur et de la Formation patriotique, M. TĂ©rence Ntahiraja a, aprĂšs avoir expliquĂ© en bref pourquoi cette rĂ©vision de lâactuelle Constitution, donnĂ© quelques innovations apportĂ©es au nouveau projet de Constitution.
Sâagissant du pouvoir exĂ©cutif, M. Ntahiraja a fait savoir que dans le nouveau projet, le prĂ©sident de la RĂ©publique est Ă©lu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable, alors que dans lâactuelle Constitution, il est Ă©lu pour un mandat de cinq ans. Celui-ci doit avoir la qualitĂ© dâĂ©lecteur dans les conditions prĂ©cisĂ©es par la loi Ă©lectorale et jouir de la nationalitĂ© burundaise dâorigine, a-t-il soulignĂ©.
Dans ses fonctions, a-t-il dit, le prĂ©sident de la RĂ©publique est assistĂ© par un vice-prĂ©sident de la RĂ©publique quâil nomme lui-mĂȘme, aprĂšs approbation prĂ©alable de sa candidature par lâAssemblĂ©e nationale et le SĂ©nat, votant sĂ©parĂ©ment et Ă la majoritĂ© absolue de leurs membres. Ce dernier doit ĂȘtre choisi parmi les Ă©lus et peut ĂȘtre dĂ©mis de ses fonctions par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Il doit appartenir aux groupes ethniques, aux partis politiques et indĂ©pendants diffĂ©rents du prĂ©sident de la RĂ©publique, a prĂ©cisĂ© M. Ntahiraja.
Selon toujours M. Ntahiraja, dans ce nouveau projet de Constitution, les activitĂ©s du gouvernement sont coordonnĂ©es par un 1er ministre nommĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique, aprĂšs approbation prĂ©alable de sa candidature par lâAssemblĂ©e nationale et le SĂ©nat, votant sĂ©parĂ©ment et Ă la majoritĂ© absolue de leurs membres. Il doit jouir uniquement de la nationalitĂ© burundaise dâorigine. Sa dĂ©mission entraĂźne celle de lâensemble du gouvernement, a-t-il dit.
Pour ce qui est du parlement, les dĂ©putĂ©s et les sĂ©nateurs sont Ă©lus pour un mandat de cinq ans. Ce qui est nouveau, câest que le prĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale et celui du SĂ©nat doivent, eux aussi, jouir uniquement de la nationalitĂ© burundaise dâorigine.
Sâagissant du pouvoir judiciaire, lâarticle 213 stipule que le pouvoir judiciaire est structurĂ© de façon Ă reflĂ©ter, dans sa composition, lâensemble de la population. La magistrature comprend au plus 60% de Hutu et 40% de Tutsi, a prĂ©cisĂ© M. Ntahiraja, soulignant quâil est assurĂ© un minimum de 30% de femmes.
Selon lâarticle 241 de ce nouveau projet de Constitution, la mĂȘme personnalitĂ© a signalĂ© quâen cas de condamnation, le prĂ©sident de la RĂ©publique, le vice-prĂ©sident de la RĂ©publique, le 1er ministre, le prĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale et le prĂ©sident du sĂ©nat sont dĂ©chus de leurs fonctions.
Dans leurs interventions, certains participants nâont pas cachĂ© leurs inquiĂ©tudes quant Ă la place des Twa dans ce nouveau projet alors que tout est clair pour les autres ethnies.
Lâanimateur de la sĂ©ance les a tranquillisĂ©s en leur promettant que ces Twa ne seront pas oubliĂ©s.
Il est Ă signaler que le nouveau projet de Constitution contient 292 articles, au moment oĂč la Constitution actuelle en contient 307.