Assistance aux Batwa : une cérémonie contrariée

L’Association Espoir pour les jeunes Batwa devait procéder au lancement du projet de distribution des cartes d’identité à plus de 900 autochtones de la commune Muhanga. Cette activité sera suspendue par le gouverneur.

L’ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Burundi finance un projet de distribution de cartes d’identité aux Batwa. Dans le cadre du lancement de ce projet qui consiste également à la régularisation des unions, l’ambassadeur Casper a effectué, mardi 30 janvier, une descente.

Depuis 9 h30, l’entrée de la ruelle qui mène au village des Batwa de Ndava grouille de monde. Nous sommes sur la colline Mibazi. C’est une foule immense. Ils sont de tous âges. Jeunes et moins jeunes. Ils chantent sans se lasser.

Aux environs de 10h, le cortège de l’ambassadeur Casper, arrive sur place. Les danseurs accompagnés par les chanteurs s’exhibent avec élégance. La joie se lit sur les visages.

Dès la sortie de son véhicule, l’ambassadeur se lance au milieu de la foule. Elle danse, élève les bras, fait les mêmes gestes qu’eux. L’ambiance est festive. Ils la soulèvent et l’élèvent au-dessus d’eux. Les gardes de la diplomate tentent de les en empêcher, en vain. Ils sont submergés. Ils laissent s’amuser.

Après cette scène de liesse, l’immense foule dirige les pas vers l’endroit préparé pour les festivités. C’est sur la localité de Ndava, dans le village des Batwa. L’ambassadeur Casper et sa compagnie sont en tête de cette parade enthousiaste.

Activité interdite

Le gouverneur de la province Kayanza, Anicet Niyongabo, va interdire cette activité. Il a donné une instruction à l’administrateur de la commune Muhanga. Une trentaine de minutes après l’arrivée de l’ambassadeur, des policiers sont envoyés pour l’application de cette décision. Le nombre n’est pas impressionnant. Trois ou quatre. Ils échangent quelques mots avec les organisateurs. Ces derniers s’exécutent.

Impuissant, Evariste Ndikumana, président de l’Association Espoir pour les jeunes Batwa, n’en revient pas. Il a des invités de marque. En plus de l’ambassadeur Casper, des députés et sénateurs, des représentants de l’ONU en charge des droits de l’Homme au Burundi, des cadres du ministère de la Solidarité, etc. Tous vont rebrousser chemin.

D’après une source sur place qui a souhaité garder l’anonymat, le gouverneur n’était pas informé de la participation de l’ambassadeur des Etats-Unis dans cette activité. Il devait être informé par le ministère de l’Intérieur.

Des informations à notre disposition assurent que l’ambassade des USA avait bel et bien informé préalablement le ministère des Relations extérieures de ce déplacement.

A la presse, l’ambassadeur Casper exprimera sa joie de connaître les Burundais, d’être avec des enfants : « Ils sont l’espoir des Burundais. » Elle confiera que le projet sera exécuté pendant une année.

Pour Mme Casper, cette initiative leur permettra de vivre comme d’autres Burundais, d’être protégés. Elle n’a pas fait de commentaire par rapport à la suspension de cette activité.

Vers midi, tous les invités ont quitté la commune Muhanga et sont retournés dans la capitale.

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