Un avion de ligne russe, transportant 71 personnes, s’écrase près de Moscou

Le biréacteur, un Antonov An-148 de la compagnie Saratov, transportait 65 passagers et 6 membres d’équipage, selon les agences russes.

Un avion de ligne russe s’est écrasé dans le district Ramenski, à 70 kilomètres au sud-est de Moscou, dimanche 11 février, peu après avoir décollé de l’aéroport international Domodedovo en direction d’Orsk, une ville de l’Oural. Selon les agences russes, 65 passagers et 6 membres d’équipage se trouvaient à bord de l’appareil Antonov An-148 de la compagnie Saratov Airlines. La préfecture a précisé qu’il n’y avait aucun survivant. Un centre de crise a été ouvert à l’aéroport Domodedovo, le second aéroport de la capitale russe en nombre de passagers.

Les autorités russes n’ont pas évoqué l’hypothèse d’un acte terroriste. Plusieurs sources, citées par les agences de presse russes, font état d’une collision entre l’Antonov et un hélicoptère de la Poste russe juste après le décollage, une version toutefois démentie par la Poste. En outre, aucun débris d’hélicoptère n’aurait été trouvé sur place.

Une enquête a été ouverte pour identifier d’éventuelles violations aux règles de sécurité, a annoncé le Comité d’enquête russe. « Toutes les versions possibles de la catastrophe sont étudiées, notamment les conditions climatiques, le facteur humain ou l’état technique de l’avion », a-t-il assuré.

20 véhicules de secours

Selon les agences, des témoins ont vu l’appareil en flammes tomber près du village d’Argounovo, au sud-est de Moscou. Les 71 passagers et membres d’équipage « n’ont eu aucune chance » de survivre, a déclaré à l’agence de presse Interfax une source au sein du ministère des situations d’urgence. La carlingue de l’appareil « est disséminée sur environ un kilomètre », a précisé à Interfax un responsable du ministère russe des Situations d’urgence.

« Plus de 150 personnes et environ 20 véhicules de secours se sont rendus sur le lieu du crash », a précisé dans un communiqué le ministère des situations d’urgence. Alors que la neige est encore tombée dimanche sur Moscou et sa région, les médias russes rapportaient que les véhicules de secours n’étaient pas en mesure d’accéder au lieu du crash, forçant les secouristes à poursuivre à pied.

Les images diffusées par les télévisions russes montrent des débris de l’appareil, aux couleurs orange de Saratov Airlines, disséminées dans des champs enneigés. « A l’heure actuelle, les sauveteurs ont réussi à arriver sur le lieu du crash. Il y a beaucoup de corps et de fragments de corps », a déclaré une source à l’agence Interfax. Un responsable régional du ministère des situations d’urgence, Sergueï Polietykhine, cité par les agences de presse russes, a fait savoir qu’« une boîte noire a été trouvée sur le site du crash ».

Cinq incidents depuis 2004

Le ministre russe des transports, Maxime Sokolov, est également sur place, ont annoncé les médias russes. L’appareil a disparu des radars deux minutes après le décollage, a signalé une source au sein de l’aéroport Domodedovo aux agences de presse russe.

« Le président Poutine a ordonné au gouvernement de créer une commission spéciale sur cette catastrophe aérienne », a rapporté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences russes. Le président « présente ses condoléances à tous ceux qui ont perdu des proches dans cette catastrophe », a-t-il ajouté.

Avion biréacteur du constructeur ukrainien Antonov, l’An-148 a réalisé son premier vol en 2004. Ce court-courrier peut transporter jusqu’à 80 passagers sur une distance de 3 600 kilomètres. Depuis son exploitation l’avion a connu au moins cinq incidents impliquant le train d’atterrissage, le système électrique et le système de guidage. Toutefois, la compagnie Saratov Airlines, qui exploite essentiellement des avions russes Antonov ou Yakovlev, n’avait jamais été impliquée dans un accident mortel depuis la fin de l’URSS en 1991.

Le dernier accident mortel d’un avion sur le territoire russe remonte à décembre 2016. Un avion de passagers de type Tupolev Tu-154 appartenant au ministère de la défense s’était écrasé peu après son décollage d’Adler, au sud du pays. Parmi les victimes figuraient plus de 60 membres des chœurs de l’Armée Rouge.

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