Polémique autour de la nationalité unique

Le projet de Constitution contient des dispositions instituant la nationalité unique aux candidats aspirant aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’opposition les qualifie de discriminatoire.

Article 98, alinéa 2 : « Tout candidat aux fonctions de président de la République doit jouir uniquement de la nationalité burundaise d’origine». La même disposition est reprise pour les postes de Premier ministre, de président de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Thérence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur, indique que cette disposition vient à point nommé. Cette disposition renforce une volonté politico-juridique de remettre à l’honneur le principe de la souveraineté nationale. « Le législateur a voulu renforcer l’esprit patriotique. »

Les postes de président de la République, de l’Assemblée nationale, du Sénat et de Premier ministre sont juteux, insiste M. Ntahiraja, il faut à tout prix les protéger. «Le législateur burundais a voulu protéger le pays contre toute velléité étrangère qui aspirerait à la magistrature suprême ».

Il est inconcevable que le président de la République, garant de la souveraineté nationale, renchérit-il, soit en même temps citoyen burundais et citoyen d’une autre nation souveraine. Et de conclure qu’il serait très difficile de savoir les intérêts que celui qui a la double nationalité serait en train de servir. « Il peut être corrompu et trahir les intérêts d’une nation. »

Interrogé sur le cas du vice-président de la République, le porte-parole du ministère de l’Intérieur fait savoir qu’il est indirectement concerné. Il précise qu’il sera choisi parmi les élus du peuple. Or, explique-t-il, l’article 170 du projet de Constitution est clair. «Le candidat aux élections législatives doit être de nationalité et d’origine burundaises, être âgé de vingt-cinq ans au moins, jouir de tous ses droits civils et politique ».

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